Archive for the 'prince-évêque' Category

Les malfaiteurs du pays de Liège ne se réfugieront plus dans le Brabant

21 octobre 2008

Lettres de Jean, duc de Brabant, par lesquelles il s’oblige à ne pas permettre que des malfaiteurs du pays de Liège se retirent dans ses pays.

« 21 octobre 1283.

Nous Jehans , par la grâce de Dieu dus de Lothier et de Braibant , faisons savoir à tous , ke Nous
avons convenance faite, finée et jurée à reverent père en Dieu , nostre chier signur et frère , Jehan par la grâce de Dieu eveske de Liège , en teil manière ke se aucuns maufaitires [malfaiteur] del eveschiet et de le terre de Liège , ki n’osast ou ne vosist droit attendre , par bonne veritei , ou par loiial enqueste , en la terre nostre très chier signur li eveske devant dit , voloit estre ou demorer en nostre tere de le ducée de Braibant, ou desous Nous, en quel lieu ke ce fust, Nous tel homme ou tels ne soufriemes mie desous Nous à demorer, ne ne lor seriemes de riens warant contre mon signour l’eveske devant dit , ne contre ses gens , en nul cas, tant k’il seroient eskui [banni] de le terre et de l’eveschiet de Liège, si ke dit est. En tesmoignage de ces présentes lettres saielées de noslre saiel , données l’an de grâce mil deuz cenz quatre vins et trois, le joesdi après le fesle saint Luc evangeliste.
L’original, sceau enlevé, aux archives de la province de Liège. »


Chronique en vers de Jean van Heelu, Bruxelles, 1836

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Le pays Liégeois a toujours été dévot de la Couronne de France

14 juillet 2008

« Et non pas moings est affectionné aux François, & au dit Roy Louys, Messire Everard de la Marck, à présent Eveque & Prince du Liège. Car par son moyen , il ha non pas tant seulement obtenu le dict Evesché mais encores l’ha faid pourveoir de l’Eveché de Chartres , qui est l’un des bons de France. Et luy estant encores en moindre estat, luy avoit faid avoir d’autres moindres bénéfices. Parquoy estant homme noble de cœur, & de lignée , n’est à doubter qu’il usast d’ingratitude envers ledit Seigneur.

Aussi le peuple & pays Liégeois, ha tousjours esté devot de la Couronne de France. D’autre part Messire Robert de la Marck, frère germain du dict Eveque, est pensionnaire du dict Seigneur & ha charge de gensdarmes de luy. Et outre ce , l’ha faict naguieres Chevalier de son Ordre, qui est le plus grand honeur, qu’il luy peust faire. Et si est le dist Evesque des plus puissants Princes Ecclesiastiques d’Allemagne; tant pour la grandeur & opulence de sa Cité, la bonté & fertilité de ses pays, que aussi pour la multitude & hardiesse de ses subjects. Et gist son pays entre l’Allemaigne, les pays de Flandres, de Hollande, de Brabant , & de France.  »

Histoire de Louys XII, roy de France, père du peuple, et des choses mémorables advenues de son règne…, Claude de Seyssel, Jean d’Auton, Paris, 1615.


Liège au 16ème siècle
Les Princes-Evêques de Liège

Herstal achetée pour 150.000 écus au roi de Prusse

4 juillet 2008

« Frédéric I , roi de Prusse , comme héritier en partie de la maison de Nassau- Orange, rendit en 1702 son hommage au prince de Liège pour la terre de Herstal , et son successeur suivit cet exemple en 1716 et 1725. Mais en 1732, ce même prince, Charles Frédéric, s’en prétendit souverain , et prescrivit par une ordonnance à tous les habitans de la baronnie de Herstal de lui faire hommage et de lui prêter serment de fidélité, comme à leur souverain.

Cette tentative resta sans effet. Mais son fils Frédéric II renouvela cette prétention en 1 740 avec la raison du plus fort, qui, comme on sait, est toujours la meilleure. Les états ne lui en contestaient pas la propriété ; car, à remonter à l’origine, la maison de Brandebourg en avait le domaine utile ; mais ils lui en contestaient la souveraineté, dont les princes de Liège avaient la jouissance depuis 1546. Les états , toutefois, craignant le sort de l’agneau de la fable , comptèrent au roi une somme de 15o.ooo écus, au moyen de laquelle il renonça à toutes ses prétentions sur Herstal, et à dater de cette époque , les évêques de Liège prirent le titre de barons de Herstal.  »


Dictionnaire géographique du royaume de Pays-Bas, Louis Dieudonne Joseph Dewez, Bruxelles, 1819


Droit et administration à Liège
Liège au 18ème siècle
Les Princes-Evêques de Liège

Liège: La loi Caroline pendant la guerre d’Awans et de Waroux

18 juin 2008

 » La guerre d’Awans et de Waroux continuait toujours avec la même fureur. Des meurtres de toute nature se commettaient à l’abri d’une loi appelée la Caroline, parce qu’on l’attribuait à Charlemagne.

En vertu de cette loi, tout homme accusé d’homicide, s’il n’avait pas été arrêté en flagrant délit, devait être renvoyé absous, dès qu’il jurait sur les Évangiles qu’il n’avait pris, ni directement ni indirectement, part au fait qu’on lui imputait, quelles que fussent d’ailleurs les preuves qu’on pût produire de sa culpabilité. Les pauvres et les petits étaient toujours sûrs d’être punis, tandis que les riches et les grands se réfugiaient toujours derrière la Caroline, qui leur assurait l’impunité.

Les murmures du peuple réclamèrent contre cette injustice. L’évéque, pour faire droit aux petits, convoqua une assemblée des notables du pays, et chargea le mambour qu’il avait nommé pour le remplacer pendant son absence, et pour l’assister dans le gouvernement, de punir les assassins et les meurtriers, sans distinction de pauvres ni de riches. Mais le mambour continuait à favoriser les nobles, et les brigandages se renouvelèrent avec plus d’acharnement que jamais.

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Alors l’évêque, voyant que les voies de la justice étaient impuissantes, se mit a la tête du peuple, et fit démolir et brûler sous ses yeux les maisons des coupables. Cependant Adolphe de la Marck ne tarda pas à se voir débordé par la caste dont il s’appliquait à réprimer les odieux emportements. Il chercha donc une force nouvelle dans une alliance qu’il conclut avec le duc de Brabant contre tous ceux qui les attaqueraient, excepté les rois de France et d’Angleterre, et le comte de Flandre. Le duc prêta même à l’évêque une somme d’argent, sur la part indivise que celui-ci avait dans la ville de Maestricht.

Mais Adolphe ne fut heureusement pas réduit à se servir des moyens dont cette alliance lui permettait de disposer; car la guerre intestine avait tellement épuisé le pays, que les deux partis désiraient ardemment la paix. Cette paix,qui fut conclue à Fexhe, le 18 juin 1316, devint désormais pour l’Etat une charte qui définissait les droits de tous les citoyens, ainsi que les droits du prince. Elle fut solennellement jurée par l’évéque, par le chapitre, par les maîtres de la cite, par les échevins, et par les chefs des métiers.  »


L’Univers: histoire et description de tous les peuples: Belgique et Hollande, M. Van Hasselt, Paris, 1844


Liège au 14ème siècle
Droit et administration à Liège
Droit et justice à Liège