Archive for the 'wallon' Category

L’opéra de Jean Noël Hamal en patois de Liège

12 mars 2008

« A dater de 1757 à 59, Jean Noël Hamal, maître de chantres ou de chapelle de St.-Lambert, fit exécuter dans de brillants concerts, à l’Hotel-de-Ville d’abord, le premier acte de son opéra Li Voëge di Chôfontaine. Il eût un succès qu’on nommerait aujourd’hui de pyramidal. Les deux actes ainsi que les trois parties du Ligeois egagî, li Fiess di Hoût si Ploût et les Ipocondes, furent entendus, vivement applaudis, et répétés dans huit ou dix concerts successifs.

Ce que le patois de Liége a de mordant, de pittoresque et d’expressions intraduisibles, prêtait singulièrement à la musique originale et toute de situation du compositeur. Plusieurs de ces airs, arrivés par tradition, sont encore dans la mémoire de beaucoup de nos compatriotes: les partitions sont en partie incomplètes ou égarées.

Il est fâcheux que l’auteur, qui s’était donné tant de peine, n’ait pu faire représenter au théatre ses quatre opéras; mais le patois dans lequel ils sont écrits, était un obstacle invincible pour des acteurs français.  »


Scénologie de Liége, ou Lettre sur les théatres et leurs modifications …, Frédéric Rouveroy, 1844


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Liège au 18ème siècle

« ès Nouvices »

15 janvier 2008

ES NOUVICE
Qwand on qwèréve les pus chirs ôrnumint,
Les bais ovrége fait’les meyeux argint,
Les bais chaud’ler, ou bin l’cis’lé câlice;
On n’les trovéve qu’ès l’rowe d’aur, ès Nouvices.

Viniz-v’ d’à lon, vos trovîz l’crâs michot.
Estiz-v’ malâde. Froidbise fève on p’tit pot;
Voliz-v’ ine messe, vos aviz Sainte Cath’renne ;
Pus lon l’sinouf carressive vosse narenne.
Liège Sainte-Catherine en Neuvice

Des pid à l’tiesse on poléve si r’moussi,
Tos les mariège y v’nit po s’ahessî ;
Co meye loyin ont fait des hureux sôrt;
Bin des mâlheur surdit foù des rond d’aur.

Voliz-v’ des losse, des tenne, ou des seyai,
Des plat di stain, des ewl et des coutai,
Des boniquet, dè l’sôie po fer n’pelisse:
Cotte et beguin, tot strovéve ès Nouvice.

Us et Coutumes, 1823 à 1833. La rue Neuvice à Liège, Auguste HOCK , in Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, 1863


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Liège au 19ème siècle

Différentes prononciations du Wallon Liégeois

23 octobre 2007

 » [..] une dernière remarque générale, qui se rapporte à la prononciation. Celle-ci diffère selon les diverses localités, et les modifications de l’accentuation sont telles que presque chaque village a une manière de parler qui lui est propre.
A Liège même, différents quartiers ont des nuances de sons complètement étrangères l’une à l’autre, et un habitant de la rive gauche de la Meuse n’a pas besoin d’avoir une oreille fort exercée pour reconnaître au premier abord un habitant de la rive droite, à la manière traînante dont il appuie sur les mots.
Ceux-ci subissent quelquefois une altération plus profonde. C’est ainsi que dans une partie de l’ancien marquisat de Franchimont mohonn se prononce manhon; femm, famni; drap, drèp.
A l’ouest de Liège, à Ans, par exemple, la prononciation diffère encore. On y substitue en général l’â à l‘a simple: effan se prononce effâ.
C’est le contraire dans le quartier d’Outre-meuse: la prononciation y est âpre, rude, fortement gutturale. L’esprit satirique populaire a même inventé un exemple burlesque pour faire sentir cette différence. A Liège on dit : On blankih à Si. D’nih pô lez moh k’on chi dri l’ouh. Outre-meuse rend cette phrase de cette manière : On blankik à St. D’nik, pô lez mok k’on chi dri l’ouk. Là, on dit colon (pigeon ) ici colank; et cette substitution de l’a à on se reproduit ordinairement.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


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Liège au 19ème siècle

La Kopareie de Liège, la cloche de la retraite

21 octobre 2007

« [..] L’auteur, en écrivant Kopareie, semble vouloir indiquer que le nom de cette cloche lui est venu de ses vibrations uniformes.
C’est une erreur partagée, chose étonnante, par presque tous les Liégeois. C’est coupe-oreille que l’on doit écrire, mot prononcé en wallon côp-oreie. Nos documents législatifs sont d’accord avec cette étymologie. Les ribauds, truands et voleurs domestiques étaient ordinairement punis par l’essorillement, qu’on regardait comme un châtiment ignominieux.

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

C’est surtout quand on les avait arrêtés vagabondant après le couvre-feu, qu’ils encouraient cette peine. Le Coporeil sonnant, les portes de la cité se fermaient, toutes les lumières s’éteignaient, toutes les maisons étaient closes et toutes les rues complètement désertes. Cette cloche était placée dans la grande tour de St.-Lambert et sonnait déjà la retraite à la fin du XIIIe siècle. Nous parlerons un jour de cette cloche fameuse, que nous, vrai Liégeois, n’entendrons jamais et que nous désirerions si vivement entendre. Pour rentrer dans la cité lorsqu’elle commencerait à bourdonner, pour vivre vingt-quatre heures sous notre antique nationalité , pour voir son symbole , la mauresque cathédrale, et ses institutions républicaines et religieuses, municipales et judiciaires, nous donnerions tout.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


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