Archive for the 'église' Category

Un tribunal dans l’église de Notre-Dame- aux-Fonts à Liège

10 mars 2008

« [..] La séance de ce tribunal était fixée aux samedis, dans l’église de Notre-Dame-aux-Fonts à Liège. L’évéque devait y présider lui-même, revêtu de ses habits pontificaux ; à côté de lui un magistrat, prœtor, armé , se tenait debout avec quelques vassaux de l’église de Liège. Ils jugeaient entre autres des causes de rapt, de violence , de vol public, d’incendie, de contravention à la trêve et de destruction d’arbres fruitiers.

Tous les diocésains, quand ils avaient été cités, étaient obligés de comparaître en personne devant ce tribunal. Les ecclésiastiques n’étaient cependant pas soumis à sa juridiction , ni les princes qui avaient concouru à l’établir. Ces derniers conservaient par conséquent le droit de se faire mutuellement la guerre au détriment des peuples. Les accusés qui, cités sept fois, ne se présentaient point, ou ne légitimaient pas leur absence par des motifs valables , étaient déclarés infâmes au son de la cloche de l’église de Notre-Dame , et ensuite bannis de tout le diocèse après avoir été excommuniés.

Un absent ne pouvait y faire citer personne ; mais il était permis au clergé et aux femmes, ainsi qu’aux impubères, d’y porter leurs plaintes par des fondés de pouvoir. Quand il s’était présenté des causes , l’évêque tenait le lendemain (le dimanche) une séance dans son palais pour les examiner.

Mais il était au choix de l’accusé de tenter les voies de droit, et alors son affaire était remise au jugement de deux vassaux de l’église de Liège, pour en décider selon les lois ou vider la querelle par le duel. Dans ce dernier cas il recevait une épée du mayeur, prœtor, et avant les six premières semaines écoulées, les deux champions, couverts d’une armure peinte en rouge, armis tecti miniatis, devaient se battre dans un champ de vingt pieds carré. Celui qui terrassait son adversaire était réputé innocent ; car, par une persuasion téméraire , l’issue de ces combats était regardée comme un témoignage de la divinité en faveur de l’innocence, d’où leur est venu le nom de jugement de Dieu


Godefroid de Bouillon, chroniques et légendes, 1095-1180, J. Collin de Plancy, Bruxelles, 1842


Droit et justice à Liège
Liège au 12 ème siècle

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André Severin est enterré sous l’orgue de St-Jacques

5 mars 2008

SEVERIN (André), facteur d’orgues, né à Maestricht et décédé à Liège en 1673. On voit sur son tombeau l’épitaphe suivante, dans l’église de Saint-Jacques :

André Severin , en son art sans pareilles
Nous a fait ces orgues, l’une de ses merveilles,
Reçut à Maestricht sa vie et son estre,
Et mourut, rempli de grâces , dans ces cloistres :
Ainsi , d’un destin très-heureux ,
Son corps repose dans ces lieux ,
Son âme esclate dans les cieux,
Et son ouvrage au milieux.

Pour l’intelligence de cette épitaphe un peu singulière, il faut observer que Severin est enterré sous son ouvrage, c’est-à-dire, sous les orgues qui, en effet sont excellentes et passent pour être les meilleures de Liège.


Biographie liégeoise ou, Précis historique et chronologique de toutes les personnes qui se sont rendues célèbres…, Antoine Gabriel de Becdelièvre-Hamal, 1837


L’art à Liège, autres billets
histoire de Liège au 17ème siècle

En Avroy, l’église des Augustins ne sera plus un moulin à ciment

29 février 2008

« Le quartier d’Avroy à Liége, considérablement augmenté par l’ouverture et la construction de plusieurs nouvelles rues, par la station du chemin de fer, le pont du Val-Benoît, le jardin botanique , etc., n’avoit qu’une seule église (Ste Véronique), petite et délabrée. Heureusement, au centre des rues neuves, existoit une autre église (celle des anciens Augustins) plus spacieuse, élégante, et bâtie seulement depuis 63 ans, mais aliénée et transformée par le malheur des temps en magasin et en moulin à ciment.

Liège, église St-Sacrement (anc. Augustins)
Cette église étoit à vendre depuis quelque temps. La fabrique de Ste Véronique, quoique pauvre, n’a pas cru devoir négliger cette occasion ; les propriétaires de l’église des Augustins ont fait une promesse de vente en sa faveur, à un prix modéré. Des subsides ont été sollicités, et ils seront accordés; mais il faut que, de son côté, la fabrique fournisse un quart de la dépense (25,000). Privée de toute ressource, elle s’est vue obligée de recourir à la piété des fidèles et d’ouvrir une souscription. Nous sommes persuadés que cet appel sera entendu, et que le conseil de fabrique de Ste Véronique n’aura pas compté en vain sur la généreuse charité du peuple liégeois. »


Journal historique et littéraire, Tome IX, Liège, 1842


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Description de Liège
Liège au 19ème siècle

à Liège, Notger érige une église en l’honneur de St-Adalbert

21 février 2008

«Le dixième siècle est peut-être celui où les religieux ont acquis le plus de biens, & dans lequel on a bâti le plus d’abbayes : par-tout on léguoit des terres aux moines, par-tout on établissoit de nouveaux monastères.

Liège, statue-reliquaire de St-Adalbert

Liège, statue-reliquaire de St-Adalbert

St. Odillon, célèbre Abbé de Cluni, écrivit à Notger, qui étoit son ami, pour le .prier d’en construire plusieurs dans le pays de Liège. C’est donc aux conseils de ce saint que le Prieuré de St.-Etienne, à Nameige, l’abbaye de St.-Victor à Huy, & quelques autres maisons religieuses, doivent leur naissance. Quelque temps après, St.Adalbert, évêque de Prague, fut massacré en haine de la religion, par les prussiens : notre Prince, qui l’aimoit particulièrement, & avec lequel il avoit voyagé en Italie, érigea en son honneur une église paroissiale près de la Collégiale de St.-Jean.»


Mélanges de littérature et d’histoire, Hilarion Noël Villenfagne d’Ingihoul, 1788


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