Archive for the 'XIII' Category

Les malfaiteurs du pays de Liège ne se réfugieront plus dans le Brabant

21 octobre 2008

Lettres de Jean, duc de Brabant, par lesquelles il s’oblige à ne pas permettre que des malfaiteurs du pays de Liège se retirent dans ses pays.

« 21 octobre 1283.

Nous Jehans , par la grâce de Dieu dus de Lothier et de Braibant , faisons savoir à tous , ke Nous
avons convenance faite, finée et jurée à reverent père en Dieu , nostre chier signur et frère , Jehan par la grâce de Dieu eveske de Liège , en teil manière ke se aucuns maufaitires [malfaiteur] del eveschiet et de le terre de Liège , ki n’osast ou ne vosist droit attendre , par bonne veritei , ou par loiial enqueste , en la terre nostre très chier signur li eveske devant dit , voloit estre ou demorer en nostre tere de le ducée de Braibant, ou desous Nous, en quel lieu ke ce fust, Nous tel homme ou tels ne soufriemes mie desous Nous à demorer, ne ne lor seriemes de riens warant contre mon signour l’eveske devant dit , ne contre ses gens , en nul cas, tant k’il seroient eskui [banni] de le terre et de l’eveschiet de Liège, si ke dit est. En tesmoignage de ces présentes lettres saielées de noslre saiel , données l’an de grâce mil deuz cenz quatre vins et trois, le joesdi après le fesle saint Luc evangeliste.
L’original, sceau enlevé, aux archives de la province de Liège. »


Chronique en vers de Jean van Heelu, Bruxelles, 1836

Païenporte était-elle la porte des païens à Liège ?

22 juillet 2008

On ne connait pas l’origine de l’expression de Payen -porte ;
c’est ainsi qu’on a traduit dans les chroniques manuscrites celle de porta Pagani. Dans une note que je dois à la bienveillance obligeante de M. de Villenfagne , ce savant forme deux conjectures à ce sujet. Au tems de St Hubert, vers 699 , il y avait encore beaucoup de païens dans la Taxandrie ou Campine.
C’est peut-être pour cette raison qu’on aura nommé Payen-porte celle par laquelle on sortait pour aller dans la Campine. Dans les siècles reculés, il existait dans le pays de Liège une famille noble du nom de Payen. Un seigneur appelé Payen de Warsée était échevin de Liège dans le 14è siècle, comme on le voit dans le Miroir des nobles de la Hesbaie par de Hemricourt , p. 140 de l’édition de 1791. Un Henri Polarde de Neuvice, bourgmestre de Liège en 1302, eut une fille qu’on nomma la dame de Payen-porte, et qui fut mariée à Lambert d’Oupeye.

La situation de cette porte est mieux connue que son étymologie. Les hauteurs de Ste Walburge étaient en face de cette porte : elle conduisait donc au faubourg de Ste Walburge et aux vignobles qui s’étendent jusqu’à la porte de Vivegnies. Cette porte cependant n’était que très-peu fortifiée en 1203, ou plutôt les fortifications n’en avaient été qu’ébauchées ; car en 1213, les Liégeois, craignant d’être surpris comme ils l’avaient été l’année précédente par le duc de Bourgogne , qui était entré par cette porte, construisirent des murs épais. Elle fut murée dans la suite , et son nom était déjà presque perdu au tems de l’historien Fisen, qui écrivait vers le milieu du 17e siècle. La porte de Ste Walburge touchait l’ancienne citadelle de Liège, et elle vient d’être démolie.

Dictionnaire géographique du royaume de Pays-Bas, Louis Dieudonne Joseph Dewez, Bruxelles, 1819

Procession contre la sécheresse à Liège en 1241

25 juin 2008

« En 1241 , les habitans de Liége, à cause d’une grande sécheresse, instituèrent une procession , où il fut résolu que le clergé et le peuple marcheraient, pendant trois jours consécutifs, les pieds nus et en chemise. »


Histoire abrégée de différens cultes, Jacques Antoine Dulaure, 1825


Climat, météo et phénomènes naturels à Liège
La religion à Liège
Liège au 13ème siècle

La guerre de la Vache dans le Condroz

17 janvier 2008

« Après la déposition de Henri de Gueldre, la crosse épiscopale fut remise à Jean d’Enghien, évéque de Tournai. C’est aux premières années du règne de ce prélat que se rapporte la fameuse guerre de la Vache de Ciney, dont voici l’origine.

Un paysan de Jallez, dans la province de Namur,
avait volé une vache à un habitant de Ciney, village du Condroz liégeois, et l’avait conduite à Andenne, où le duc de Brabant et les comtes de Namur et de Luxembourg célébraient des joutes et des tournois. Le bailli du Condroz s’y trouvait aussi, elle propriétaire de la vache y vint la réclamer. Le bailli, ayant promis la vie sauve au voleur, obtint de lui l’aveu de son crime, et l’engagea à reconduire la vache à l’endroit où il l’avait prise. Il eut ainsi l’adresse de le faire entrer dans le Condroz, où il le fit arrêter et mettre à mort.

Jean, sire de Gosnes,de qui dépendait le village de Jallez, se vengea de cet acte de perfidie en portant la dévastation dans les campagnes de Ciney. Le bailli, par représailles, incendia Jallez. Jean de Gosnes appela à son secours ses frères, les sires de Beaufort et de Fallais, qui se mirent à ravager le Condroz. Les gens de Huy ne tardèrent pas à se mêler de la querelle; ils vinrent, sous la conduite de leur bailli, brûler le château de Gosnes, et assiéger ceux de Beaufort et de Fallais. Le seigneur de ce dernier manoir, se voyant trop faible pour résister, en sortit pour aller réclamer le secours de ses alliés ; mais il fut enveloppé par ceux de Huy, et tué. Alors son fils se mit sous la protection du duc de Brabant, auquel il fit hommage de sa terre, tandis que ses deux frères se placèrent sous la suzeraineté du comte de Namur. Forcés par le duc de Brabant de lever le siège de Fallais, les Liégeois se répandirent dans le Brabant et dans le comté de Namur et de Luxembourg, où ils exercèrent les plus affreux ravages.

Chateau de Fallais, BraivesCette guerre prit un caractère d’acharnement incroyable. Déjà quinze mille hommes avaient péri, et un nombre prodigieux de villages et de châteaux avaient été réduits en cendres , quand les auteurs de cet incalculable désastre se décidèrent à y mettre un terme. Ils invoquèrent l’arbitrage du roi de France, Philippe le Hardi, qui venait d’épouser Marie, sœur du duc Jean de Brabant. Ce prince accommoda le différend, en décidant que les choses seraient remises dans l’état où elles étaient avant les hostilités ; que chacun aurait à supporter les pertes qu’il avait essuyées, et que l’hommage fait par le sire de Fallais au duc de Brabant, et par les seigneurs de Beaufort et de Gosnes au comte de Namur, serait regardé comme non avenu. Ces conditions furent acceptées, et ces seigneurs rentrèrent sous l’obéissance du prince-évêque de Liège.»

Belgique et Hollande, M. Van Hasselt , 1844

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