Archive for the 'travail' Category

Les enfants employés dans les mines de Liège savent-ils lire ?

25 janvier 2008

« Réponses de M. l’Ingénieur du sixième district de la troisième division des mines. Liège

QUESTION. Les enfants employés dans les mines, savent-ils, en général, lire et écrire? Ont-ils des heures libres pendant lesquelles ils pourraient assister aux leçons, soit des écoles du jour, soit des écoles dû soir, là où il en existe?

Enfant Mine charbonnage

RÉPONSE, Les enfants employés dans les mines ne savent pas, en général, lire et écrire. Les mineurs sont, sous ce rapport, d’une insouciance très-grande; dans beaucoup de mines d’ailleurs, les enfants, même au-dessous de dix ans, gagnent déjà un salaire, en faisant le triage des pierres sur les tas de charbon extrait. Dans les mines de Seraing, les enfants étant employés douze heures par jour, il est impossible qu’ils puissent, après une fatigue aussi prolongée, suivre avec le moindre fruit les leçons données aux écoles. Dans les mines situées au nord de la Vesdre, le travail du matin cessant vers deux heures, les ouvriers pourraient assister aux écoles du soir, s’il en existait. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, 1846, Ministère de l’intérieur

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Liège au 19ème siècle

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Le bas prix du genièvre est source de misère chez les ouvriers de Liège

11 janvier 2008

Liège Pont des Arches buveurDans le cadre de l’enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, une série de questions fut posée aux chefs d’industrie. Voici la réponse du directeur du Charbonnage de Houlleux, à Jupille (Liége):

«Le malaise et la gêne dans lesquels un grand nombre d’ouvriers mineurs se trouvent souvent, doivent être attribués principalement à.leur intempérance, et souvent aussi au jeu.

Il arrive fréquemment que ces ouvriers ont dépensé le produit de leur quinzaine le lendemain du payement. Pour remédier autant que possible à cet abus, on a cessé de payer les ouvriers le samedi.

Le bas prix du genièvre est considéré comme une source de misère, de désordre et de scandale parmi les ouvriers. Une chose qui, à la campagne, facilite la vente à bon marché, c’est l’impunité de ceux qui se livrent à ce commerce sans être munis de patentes. Le nombre en est considérable, et dépasse de beaucoup le nombre des débitants qui se conforment aux prescriptions de la loi.

D’un autre côté, il serait à désirer que la police se fît convenablement, et qu’elle veillât à l’exécution des règlements existants sur la fermeture des cabarets et la prohibition de certains jeux, combats de coqs, etc.

On ne saurait assez le répéter, l’ivrognerie est la grande et presque l’unique cause de la misère des classés ouvrières : l’augmentation du prix des boissons spiritueuses et une police mieux organisée contribueraient puissamment à améliorer cet état de choses. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Tome I, Réponse des chefs d’industrie, Ministère de l’intérieur, Belgium Ministère de l’intérieur, 1848

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Liège au 19ème siècle

John Cockerill a rendu célèbre le village de Seraing

21 décembre 2007

Seraing Cockerill, déchargement de minerais«Vous vous souvenez des ces deux noms: Seraing et John Cockerill. Le nom de l’homme a rendu célèbre le nom du village. Seraing est une longue rue populeuse qui s’étend le long du rivage, sur la rive gauche de la Meuse; en face, sur la rive droite, sont les établissements de John Cockerill, un de ces hommes auxquels on ne peut déjà plus donner du Monsieur.

Chaque jour, toute la population mâle de Seraing s’entasse dans les bateaux de passage, et quitte le village du repos pour le village du travail, Seraing pour l’établissement, mot dont il faut agrandir le sens, depuis que John Cockerill a fait du sien une immense république, où le travail est libre, intelligent, modéré, et donne à l’ouvrier plus que le pain. »

Mélanges, souvenirs de voyage, par Désiré Nisard, 1838


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Liège au 19ème siècle

Du développement de l’industrie dans la province de Liège au début du 19è siècle

16 novembre 2007

« Veut-on la preuve la plus irrécusable du développement de l’industrie dans la province? Qu’on consulte les tables des autorisations qui ont été accordées, conformément aux lois et arrêtés sur la matière, pour la création d’établissements industriels de toute nature. En compulsant ces tables, depuis 1825 jusqu’en 1845, nous avons trouvé qu’on avait autorisé:

1° de 1828 à 1844: 50 Fabriques de draps ;
2° — 1826 — 1843 : 28 Fours à chaux;
3
° — 1855 — 1842: 4 Fourneaux à raffiner le plomb et l’étain ;
4° — 1826 — 1843
: 49 Briqueteries, pour la plupart permanentes;
5° — 1824 — 1843
: 42 Distilleries de genièvre et d’eau-de-vie indigène;
6° — 1827 — 1841
: 3 Magasins à poudre ;
7° — 1834
: 2 Fabriques de chapeaux ;
8° — 1826 — 1842
: 12 Raffineries de sel ;
9° — 1826 — 1842
: 24 Savonneries;
10
° — 1824 — 1842: 18 Brasseries;
11
° — 1828 — 1844: 8 Fabriques de chandelles;
12
° — 1824 — 1838: 4 Fabriques de colle ;
13° — 1826 — 1838
: 39 Fabriques de tuiles, de briques réfractaires et de poteries ;
14
° — 1825 — 1834 : 10 Teintureries;
15
° — 1828 — 1840: 17 Filatures de laine, de tin et de coton ;
16
° — 1825 — 1843 : 91 Fonderies de métaux (fer, plomb, cuivre, etc.);
17
° — 1833 — 1841 : 8 Fabriques de gaz;
18
° — 1824 — 1843 : 36 Moulins à vent ou à vapeur pour les grains, les bois de couleur, l’huile, etc.;
19
° — 1839 — 1843 : 3 Scieries;
20
° — 1830 — 1842 : 5 Usines;
21° — 1827 — 1841
: 5 Fabriques de chaudières;
22
° — 1839 — 1843: 2 Sociétés de hauts fourneaux (Seraing et Sclessin) ;
23° — 1823 — 1842
: 5 Ateliers de construction;
24° — 1833 — 1840
: 6 Fabriques de vinaigre;
25
° — 1834 — 1859 : 5 id. d’armes , de canons de fusils ;
26° — 1838 — 1841
: 3 Papeteries;
27
° 1838 : 5 Fabriques de cordes de boyaux ;
28
° 1842 : 2 id. d’épingles;

Liège Linière St-Léonard
29° — 1827 — 1837
: 2 Martinets.
30° 1838
: 1 Fabriques de sucre de betterave ;
31
° 1836 : 1 Atelier d’horlogerie ;
32° 1834
: 1 fabrique de toile cirée et visières ;
33° 1838
: 46 Fours à coke;
34° — 1838 — 1841
: 2 Lavoirs de minerais;
35
° — 1836 — 1842 : 2 Fabriques de cordes;
36° — 1854 — 1842
: 5 Serrureries;
37° — 1839 — 1840
: 1 Verrerie et plusieurs fours à verreries ;
38° — 1825 — 1828
: 3 Fabriques de céruse et de produits chimiques;
39° 1841
: 2 Fours à plâtre;
40
° Plus deux fabriques de tuyaux de métal ; une de gants ; une d’allumettes phosphoriques ; une de chicorée; une de noir animal et d’hydrochlorate d’ammoniaque ; une chaudronnerie ; deux laminoirs pour zinc ; un atelier pour la fabrication de la gélatine et du suif; une fabrique de cire à cacheter et de crayons ; une de potasse ; une de cartons; une de quincailleries; une de poudrette inodore; une de poêles; une tannerie ; un atelier de menuiserie ; une fabrique de fer étamé; des métiers à polir ; un four à réverbère ; une fabrique de tabacs ; un laminoir pour fer, etc., en tout 23 établissements qui, réunis à ceux qui précèdent, donnent 568 établissements industriels nouveaux, sujets à une autorisation préalable, créés dans l’espace de vingt années.

Dans le même laps de temps on a accordé l’autorisation de placer 278 machines à vapeur, soit dans ces établissements , soit dans d’autres qui existaient antérieurement, et dans lesquels on employait d’autres forces motrices.  »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, Belgique, 1846

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