Le prince Charles de Nevers à Liège

26 novembre 2012

Philippe Duc de Mantoue honora notre Cité de sa présence le 11 Août 1599. Nos Bourguemestres , après avoir commandé la Bourgeoisie sur les armes, sortirent à la rencontre de ce Prince jusques au Bois de Breu, jurisdiction d’Amercœur, où il fut complimenté par le Bourguemestre Henri d’Oupie, qui le conduisit avec Louis de Masillon ,son Collègue, au Palais, pendant que la Bourgeoisie tiroit les salves d’honneur.

Le lendemain, 12 Août, nos Bourguemestres lui firent le présent accoutumé, savoir d’une vouder de vin d’Allemagne, que ce Prince reçut avec beaucoup de marques de reconnoissance.

Le même jour arriva dans Liège le Serenissime Prince Charles de Nevers. II vint par eau , & débarqua vis-à-vis des Révérends Pères Augustins, où nos Bourguemestres l’attendoient. Ils firent à ce Prince les mêmes honneurs qu’on avoit faits le jour précédent au Duc de Mantoue , le conduisant pareillement au Palais , & lui présentant le vin d’honneur le lendemain de son arrivée.

Le 14 Août ces Princes retournèrent par eau, & nos Magistrats les accompagnèrent jusques aux Augustins.

Quelques jours après le Bourguemestre Henri d’Oupie fut envoié, au nom de la Cité, à la rencontre de l’Archiduc Albert, & de l’Infante d’Espagne, qui dévoient passer par la ville de Ciney. II partit le 25 Août avec ses Secrétaires, accompagné de plusieurs de ses amis, & des Bourgeois les plus notables de la Cité, qui voulurent faire honneur à leur Bourguemestre.

La dépense de leur dîné , qui se fit à Terwagne en Condroz , montoit à 17. fl. bb. , comme il est raporté dans les comptes de ce tems. Ils arrivèrent dans Ciney avec quantité de Seigneurs de la Cour de S. A., le Doyen Linden , l’Ecolàtre Wassemborg, le Conseiller Billehé, le Maître-d’Hôtel de Waroux, & un grand nombre de Gentils-hommes du Pais, qui furent tous défraiez, comme aussi ceux de la suite de notre Bourguemestre, par ordre de l’Archiduc.

Recueil héraldique des bourguemestres de la noble cité de Liege…, Louis Abry,Jean Guillaume Loyens, Liège, 1720


Les feux d’artifice sont stockés dans la tour de la cathédrale de Liège

10 novembre 2012

Les souterrains pratiqués sous cette tour [St-Lambert] servaient à renfermer des approvisionnements réservés aux besoins de la cathédrale, et surtout de fortes quantités de salpêtre , de poudre à tirer , de pétrole , de térébenthine , de camphre et d’autres matières inflammables destinées à composer les roues à feu , les fusées sifflantes , les girandoles théodorines, les comêtes clémentines , les gerbes et les bouquets bavarois qu’on lançait du haut de la tour, lorsqu’aux époques de réjouissances on illuminait toute la cathédrale.

C’était à ses princes bavarois que Liège devait l’heureuse importation des feux d’artifices si propres par leurs variétés , leurs effets enchanteurs et qui tenaient de la féerie à embellir et à clore avec magnificence les mémorables journées de fêtes nationales dont les vieillards se plaisent encore aujourd’hui à redire la splendeur en regrettant la perte de l’antique indépendance de leur pays.

Essai historique sur l’ancienne Cathédrale de St-Lambert à Liége.., Xavier van den Steen de Jehay (baron), Liège, 1846


Plan pour un nouveau chemin de halage à Liège

3 novembre 2012

La Meuse, dans la traversée de la ville de Liége, est dépourvue de chemins de halage sur la rive gauche, depuis le rivage des Croisiers jusqu’au quai d’Avroy.

Lorsque les bateaux sont parvenus un peu au-dessus du nouveau pont de la Boverie, les chevaux doivent gagner la rive droite et s’y maintenir jusques vers la Chapelle du Paradis, point où le halage est de nouveau transporté sur la rive gauche.

Les différentes manœuvres qu’exige cet état des rives du fleuve sont toujours fort difficiles et présentent, dans certains moments, de véritables dangers.

En 1825, des réclamations des bateliers signalèrent les inconvénients et les dangers résultant pour eux du défaut d’un halage convenable depuis le rivage des Croisiers jusqu’aux Augustins sur Avroy.

Ces plaintes furent reconnues fondées.

En conséquence, dès 1826, on dressa le plan d’un chemin de halage de 10 mètres de largeur, partant du rivage des Croisiers pour aboutir aux Augustins. L’évaluation de la dépense était de fl. 40,114-91.

Mais bientôt on conçut l’idée de substituer à ce simple chemin de halage un quai propre en même temps à la circulation des voitures.

Reprise de l’Escaut, de la Lys et de la Meuse, Annexe au rapport du budget des travaux publics, Nothomb, 1838


Liège dans le cercle de Westphalie

27 octobre 2012

Par suite de la réunion de la couronne impériale à celle de la Germanie par l’Empereur Othon , le Pays de Liége fit partie de l’empire Germanique. A la diète d’Augsbourg de l’an 1500 et à celle qui fut tenue à Cologne l’an 1512 , Maximilien I divisa l’empire en cercles. L’évéché de Liège fut incorporé dans le cercle de Westphalie, dont il n’a cessé de faire partie jusqu’à l’année 1793 époque de l’invasion et de l’occupation des Français.

Comme Princes temporels , les évéques de Liège étaient appelés dans les assemblées des prélats et seigneurs de l’empire; et d’après la coutume des temps anciens, ils suivaient les Empereurs dans les expéditions et combattaient à la tête des Liégeois.

Dans la matricule de l’empire le pays de Liège était imposé pour son contingent à 57 cavaliers et à 115 fantassins ou bien il payait 1280 f. d’Allemagne pour chaque mois romain.

Dans les événemens extraordinaires, ce contingent était plus ou moins majoré : c’est ainsi qu’en l’année 1542 il fut porté à 180 cavaliers et 470 fantassins à cause de la guerre entreprise pour délivrer la Hongrie de la servitude des ottomans.

Avant son incorporation au cercle de Westphalie, le pays de Liège payait sa quqte d’après ce qui était réglé par la diète de l’empire, En l’an 1431 il paya sa quote dans les contributions accordées à l’Empereur Sigismond pour la guerre contre les Hussites.

Nonobstant la dépendance directe de l’empire, le Prince et les trois corps d’État du pays de Liège se crurent en droit et exercèrent le droit de déclarer la guerre et de faire des traités de paix et d’alliance offensive et défensive: c’est ce qu’attestent différens traités et nommément ceux faits avec les Rois d’Espagne, ducs de Brabant, en 1539, 1518, 1548 et 1569 , celui fait en 1517 avec les seigneurs De la Marck, enfin le traité fait avec l’Empereur en 1518. Cette manière d’envisager la position politique et indépendante de leur pays fut fatale aux Liégeois qui, abandonnés à eux-mêmes, tantôt vaincus , tantôt vainqueurs, avaient tout à la fois à se défendre au dehors et à comprimer au dedans les factions et les partis qui les divisaient.

Recherches et dissertations sur l’histoire de la Principauté de Liège,
Louis de Crassier, Liège 1843


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