Archive for the 'St-Martin' Category

Notger construit un rempart sur la montagne du Publémont

7 avril 2008

« Notger s’intéressa vivement pour les Chanoines de St.-Martin, &, par son crédit, obtint de cet Empereur que ce chapitre possédât ces biens en propre. Il fit plus encore pour cette église : sa situation sur une éminence étoit très-favorable à l’emplacement d’une forteresse qui, en troublant le repos des Chanoines, auroit dominé sur la ville. Le Prince de Liège, pour éviter cet assujétissement, fit entourer la Collégiale de St.-Martin, & toute cette montagne qui commencent à être habitée, d’un rempart très-solide, garni de tours; il poursuivit ce rempart, dont il ceignit la ville entière, ouvrage immense & vraiment digne de fixer les regards du souverain.

Quelques écrivains pensent qu’avant cette époque, Liège n’étoit point entouré de murailles. Mais je crois, avec le père Fisen, que cette ville s’étant agrandie considérablement depuis St. Hubert, Notger aura senti la nécessité de renfermer dans l’enceinte de Liège plusieurs maisons nouvellement construites, & surtout les Collégiales & les Monastères que lui ou ses prédécesseurs avoient bâtis. »


Mélanges de littérature et d’histoire, Hilarion Noël Villenfagne d’Ingihoul, 1788


Autres billets sur Notger
Les princes-évêques de Liège
Liège au 10ème siècle

Publicités

Panorama de Liège depuis le pied de la citadelle, par Alexandre Dumas

13 novembre 2007

« Ainsi, de ce point situé au pied de la citadelle, j’avais, à mon extrême gauche, Herstal, le berceau des rois de la seconde race, où naquit Pépin le Gros, père de Charles Martel et grand-père de Pépin le Bref, et à mon extrême droite, le château de Ranigule, d’où Godefroy de Bouillon partit pour la Terre-Sainte.

Liège, St-Barthelemy

Liège, St-Barthelemy

Puis, encadrés entre ces deux grands souvenirs, toujours en allant de gauche à droite, du nord à l’ouest au delà de l’Ourthe, le point d’où Boufflers bombarda la ville en 1691 : puis, de ce côté de la Meuse, presqu’à mes pieds, au bout de la rue Hors-Château, l’église de Saint-Barthélémy, la plus vieille de Liège ; puis en reportant mes yeux sur l’Ourthe, le pont d’Amercœur, où le duc de Bourgogne fit jeter les bourgeois révoltés, et qui a gardé de ce triste fait son nom douloureux.

Au delà de ce pont, le faubourg d’où Dumouriez,en 92, délogea les impériaux, et que ceux-ci brûlèrent en se retirant, et qui, rebâti par le premier consul, conserva quelque temps le nom de faubourg Bonaparte, puis reprit celui de faubourg d’Amercœur, la vieille catastrophe ayant laissé plus de souvenir que le bienfait récent : puis sur le quai, au-dessous de l’église Saint-Barthélémy, la maison du seigneur Curtius, avec ses trois cent soixante-cinq fenêtres, son œsopée complète, et sa tradition diabolique.

Le palais de justice, autrefois le palais du prince évêque, avec sa belle cour entourée de colonnes du XIVe siècle, et son portail de Guillaume de Lamark, le fameux Sanglier des Ardennes, sculpté sur le quatrième pilier à droite, en entrant par la place Saint-Lambert. Puis, en plongeant au delà de l’Université, entre le séminaire et le faubourg d’Avroy-Saint-Jacques, la merveille de Liège, avec son architecture à la fois gothique et arabe, Saint-Paul, devenue cathédrale depuis 1793, époque à laquelle elle a succédé à Saint-Lambert, l’ancienne métropole, qui tomba comme tombaient les reines en ce temps-là, abattue par le peuple.

Saint-Jean et sa tour byzantine, la maison de Warfusée, de sanglante mémoire, dont il ne reste, derrière la Meuse, que la poterne par laquelle entrèrent les Espagnols. Sur la même ligne et au delà du faubourg Saint-Gilles, les bénédictins de Saint-Laurent, qu’il ne faut pas confondre avec ceux de Saint-Maur, les derniers, fameux par leurs chroniques
historiques, et les premiers par leur chronique scandaleuse.

Puis l’église Saint-Martin ; la première où, sur la prière d’une religieuse nommée sœur Julienne, qui avait rêvé voir la lune partagée en deux, le pape permit l’institution de la Fête-Dieu, qui se répandit sur tout le monde chrétien, et qui ne s’est encore retirée que de France. Enfin, la maison de campagne où l’évêque Henry de Gueldre se vantait d’avoir fait vingt-neuf bâtards en une année, et qui de cette prouesse monacale a conservé le nom de bâtarderie. »

Impressions de voyage, Alexandre Dumas, 1851

Dumas à Liège, autres billets
Autres billets sur la description de Liège
Ecrivains à Liège, autres billets
Liège au 20ème siècle

les Liégeois dans les rues avec un balai la veille de St-Martin

11 novembre 2007

Liège, basilique St-Martin« La veille de St. Martin les Liégeois courent dans les rues avec un balai, où il y a un cierge allumé comme ceux que l’on porte au Sabbat. Ils crient,

« vivat Saint Martin qu’a vendou si choud de chiase po bure de vins:
vive St. Martin qui a vendu sa culote pour boire du vin. »


Cette cérémonie se fait en dérision du Saint Patron de Tours & de la nation française. « 


Les abus dans les cérémonies et dans les moeurs developpés, Henri-Joseph Du Laurens, 1767

Autres billets sur les fêtes et traditions à Liège

Retour à l’index

Après sa guérison, l’évêque Eracle fonde l’église St-Martin à Liège (965).

7 octobre 2007

« Héraclius [.. ]venait de succéder à Baudri sur le siége de Liége (959) [..].

L’évêque Héraclius, dont nous venons de parler, ne se distingua pas moins par sa piété que par sa science. Il était tourmenté d’un horrible cancer, qui lui dévorait les chairs, et défiait tous les efforts de la médecine(b). Voyant les remèdes humains inutiles, il résolut de s’adresser au glorieux St. Martin de Tours, dont on racontait chaque jour les nombreux prodiges; et se fit porter près du tombeau de ce célèbre Thaumaturge de la France. Il nous a laissé lui-même la relation de ce qui lui arriva pour lors. Après avoir passé sept jours dans l’église du Saint, en larmes et en prières : il vit la nuit suivante St. Martin lui- même, qui s’avança vers lui et lui dit : « Mon frère Héraclius, Notre Seigneur J.-C., dans sa miséricorde, veut bien vous guérir. Allez trouver nos frères les chanoines (de Tours) et dites leur ce que le divin Sauveur vient de vous faire, pour qu’ils l’en remercient avec tout le peuple. Aujourd’hui même vous offrirez en reconnaissance à Dieu une messe solennelle, afin d’augmenter la foi et la confiance de ceux qui vous ont vu, hier encore, condamné à une mort inévitable.
L’évéque se hâta de se lever. Les ecclésiastiques et le chevaliers qui l’avaient accompagné, ainsi que tout le collége des chanoines, furent bien étonnés de le voir sain et vigoureux. Il leur montra la place où avait été le siége du mal. Tout avait disparu : une petite ligne rouge l’entourait encore, comme pour attester d’autant mieux le miracle. Aussitôt les chanoines le choisirent pour confrère.
Il célébra avec pompe le saint sacrifice et combla l’église de présents. Chaque année il retournait à Tours pour remercier Dieu d’une si insigne faveur. Il ne se contenta point de ces marques de gratitude; il bâtit dans sa ville épiscopale une église sous l’invocation de St. Martin, et y fonda un chapitre de 30 chanoines. Ce chapitre reçut la même régle que celui de Tours, et il se forma entre les deux communautés une sainte union de prières, de bonnes œuvres et de mérites. Ils avaient ordre de se visiter souvent les uns les autres et de se traiter en tout comme frères.

Liège, Eracle, guérison miraculeuse

Liège, Eracle, guérison miraculeuse

(b) On nommait ce genre de maladie, le loup; et l’évêque lui-même raconte que l’inflammation était si violente , qu’elle dévorait par jour plus de quatre poulets, qu’on appliquait sur la plaie pour l’adoucir. Celle-ci ne laissait pas cependant que de s’élargir sans cesse. »

Belgique catholique. Saints et grands hommes du catholicisme en Belgique, Corneille Smet, 1852

Liège au 10ème siècle
Autres billets sur les Princes-Evêques
Autres billets sur le patrimoine religieux à Liège
Liens divers sur Saint-Martin de Liège