Posts Tagged ‘XVIII’

Trois prêtres incarcérés dans les souterrains de St-Lambert

12 octobre 2012

Au commencement de mars 1793 au moment où les débris de l’armée de la république française battue à Attenhoven, repassait par Liège, trois malheureux prêtres français qui s’étaient émigrés dans cette ville furent arrêtés par leurs compatriotes et condamnés à être fusillés. Pendant vingt quatre heures ils furent incarcérés dans les souterrains situés, sous l’horloge de St.-Lambert; là ils purent compter non seulement les heures mais même les minutes qui leur restaient, la vie leur échappait ainsi goutte à goutte, et ces innocentes victimes seconde par seconde, se sentaient poussés par la main du temps vers l’éternité.

L’heure fatale ayant sonné, ces infortunées victimes furent fusillées et leurs corps jetés dans les fossés des prisons de St.-Léonard.

Par une coïncidence assez particulière, ce fut peu de jours après ce déplorable événement qu’on cessa d’entendre sonner les cloches et l’horloge de St.-Lambert, alors l’aiguille devenue immobile sur son cadran ne tint plus compte du temps qui s’écoulait ; elle semblait se refuser à marquer un présent qui contrastait d’une manière trop pénible avec tant d’heures heureuses, que pendant de longues années elle avait indiquées aux Liégeois.

Essai historique sur l’ancienne Cathédrale de St-Lambert à Liége.., Xavier van den Steen de Jehay (baron), Liège, 1846

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Robertson, inventeur de la fantasmagorie

26 août 2012

ROBERTSON (Étienne­-Gaspard) , naquit à Liége en 1763. Soп père, riche négociant, le destinait à l’état ecclésiastique; mais la vivacité de son caractère, un goût irrésistible pour l’étude des sciences qui offrent le plus de difficultés, rendirent impraticables les projets de son père et de sa famille, et il se consacra à l’étude de la peinture qu’il cultiva avec assez de succès pour obtenir un prix.

La physique commençait à cette époque à sortir de l’oubli où elle avait été plon­gée, et l’abbé Nollet , par ses ouvrages , venait de démontrer que si l’étude de cette science pouvait servir à découvrir des vérités du plus haut intérêt pour les savants , elle offrait aussi aux gens du monde des délassements agréables et peu dispendieux. Robertson s’appliqua à l’étude de cette science sous ces deux rapports, et elle devint la source de fortune comme science d’agrément, et de sa réputation comme savant distingué. On peut regarder Robertson comme l’inventeur du galvanisme en France, puisque lorsque Volta y vint pour y démontrer la véritable théorie du galvanisme, elle y était déjà connue par plusieurs expériences de Robertson, et par plusieurs appareils nouveaux dont il était l’auteur. Ce fut lui qui, dans une séance à l’Institut, et devant Bonaparte, alors premier Consul, leva tous les doutes de l’identité du galvanisme avec l’électricité en enflammant le gaz hydrogène avec l’étincelle galvanique. On croit aussi qu’il est l’inventeur de la fantasmagorie, parce que c’est à Liége, et devant les magistrats de cette ville, qu’il fit la première expérience de ces illusions d’optique qui eurent un si prodigieux succès à Paris, à Londres, à Pétersbourg où il a résidé plusieurs années.

La mécanique ne lui a point été étrangère; il avait fait un automate sonnant de la trompette, une gondole mécanique, un instrument qu’il nommait phonorganon et qui, placé dans une caisse sur laquelle une figure était couchée, imitait la voix de l’homme dans des mots et des phrases très­distinctement prononcés. Mais ce qui l’a fait le plus connaître, ce sont les voyages aérostatiques qu’il a faits dans une grande partie des cours de l’Europe, et même celui qu’il fit à Pékin devant l’empereur de la Chine, dans le seul but de lui faire connaître à quel point étaient poussés dans nos contrées les arts et les sciences. Les voyages aérostatiques entrepris par Robertson sont au nombre de cinquante-neuf : les plus remarquables sont celui qu’il exécuta à Hambourg, avec M. Loest, son élève, le 18 juillet 1803, et où il s’éleva à 3600 toises, le point le plus élevé de l’atmosphère où l’on soit parvenu avant et depuis lui; celui qu’il fit à Vilna le 18 mars 1809, le froid étant à 18 degrés au-dessous de zéro; et enfin, celui du jardin de Monceaux, avec un parachute qui avait 40 pieds de diamètre, qu’il réduisit à moitié dans ses autres voyages. On dit le regarder comme l’auteur des parachutes, puisqu’il s’en était servi plusieurs années avant Garnerin, à qui on en attribue l’invention les eût employés.

Les principaux Monuments funeraires du pere-Lachais, de Montmartre, du mont-Parnasse, Rousseau, Paris


Sciences et techniques à Liège
Personnalités de Liège
Liège au 18ème siècle

Des réverbères à Liège

12 avril 2011

Ce fut pendant l’hiver de 1710 qu’on fit seulement usage des réverbères pour l’éclairage de rues principales ; c’étaient des lanternes d’assez grande dimension qu’on accrochait aux murs. On les allumait à 5 heures et on venait les éteindre à 9 heures du soir, quand le couvre feu était sonné. En 1774 il y en eut dans toutes les rues et places, mais ce ne fut que sur la fin du siècle dernier qu’on les laissa allumées toute la nuit.


Description historique et topographique de Liège, Ferdinand-J. Henaux, Liège, 1837.

Deux mille Prussiens et un escadron palatin arrivent à Liège

30 novembre 2008

« Liège, le 4 décembre. — Deux mille Prussiens et un escadron palatin sont arrivés dans cette ville le 30 novembre dernier; ils se sont emparés, sans aucune résistance, de la citadelle et des villages circonvoisins; quelques autres bataillons et deux cents Palatins les ont suivis de près, et ils occupent les hauteurs qui dominent la ville de l’autre côté de la Meuse. La réunion de ces troupes forme aujourd’hui environ 5,000 hommes, et on croit qu’il en arrivera encore. Au premier moment de l’arrivée de ces troupes, l’épouvante s’était répandue dans la ville; plusieurs personnes fuyaient, emmenant leurs femmes et leurs enfants, comme nous l’avons déjà dit ; mais on a été bientôt rassuré par la déclaration que le ministre plénipotentiaire du roi de Prusse a fait publier, et que nous n’avons pas donnée; la voici :

Martin Ernst von Schlieffen

Martin Ernst von Schlieffen

« Martin-Ernest, baron de Schlieffen, lieutenant-général de S. M. prussienne, gouverneur de la ville et citadelle de Wesel, chevalier de l’ordre de l’Aigle noir, commandeur du grand ordre de Stesse, chevalier de l’ordre de la Vertu militaire, commandant actuellement les troupes prussiennes et palatines dans le pays de Liège et dans sa capitale: il avertit par celle-ci à un chacun, soit indigène, soit étranger, se trouvant dans ce moment dans ledit pays et ville, que toute personne qui ne fait rien contre les lois et l’ordre public n’a rien a craindre ni pour elle-même ni pour ses biens ; et, que dans le cas qu’on fût inquiété, contre toute attente, on n’a qu’à s’adresser à l’officier commandant le plus à portée, pour être protégé de la manière la plus prompte et la plus efficace. Fait à Maestricht, le 5 décembre 1789. Par ordonnance, SCHLIEFFEN».

A peine cette déclaration fut-elle connue, que la plus vive joie succéda aux alarmes. Les cris de vive le roi de Prusse! retentissaient de toutes parts. Le baron de Senfft, son ministre, étant rentré à Liège une heure après la publication de cette déclaration, le magistrat se rendit chez lui pour le complimenter. Le soir toutes les rues de la ville furent illuminées.  »

Réimpression de l’ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la Révolution Française…, Paris, 1859