Archive for the 'charbonnage' Category

La première machine de Newcomen sur la montagne St-Gilles à Liège

3 février 2008

«On a vu à quelle époque les machines de Newcomen commencèrent à fonctionner en Angleterre comme machines à épuisement. L’époque exacte de leur introduction en Belgique ne peut être qu’assez difficilement établie.

Le pays de Liége eut la première; ce fait est reconnu par les habitans du Hainaut, et ne saurait être contesté ; mais on varie sur l’époque. Les déclarations de plusieurs industriels instruits de Liége font remonter, suivant les uns jusqu’à 1722, et suivant les autres seulement jusqu’à 1730 ou même 1733, l’établissement de cette machine importée d’Angleterre ; elle fut montée sur une houillère de la montagne St-Gilles surnommée la Grosse-Houille, qui appartenait à la famille Massillon.

Un ingénieur anglais vint dans le but spécial de l’élever sur place; mais n’ayant pu y parvenir, on fut obligé de s’adresser à un serrurier des environs nommé Fastré, chez lequel on trouva en intelligence toutes les ressources qui manquaient à l’ingénieur anglais. La machine ne tarda pas à marcher à la satisfaction des exploitants.»

De l’industrie en Belgique: Causes de décadence et de prospérité, N. Briavoinne, 1839.


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Liège au 18ème siècle

Les enfants employés dans les mines de Liège savent-ils lire ?

25 janvier 2008

« Réponses de M. l’Ingénieur du sixième district de la troisième division des mines. Liège

QUESTION. Les enfants employés dans les mines, savent-ils, en général, lire et écrire? Ont-ils des heures libres pendant lesquelles ils pourraient assister aux leçons, soit des écoles du jour, soit des écoles dû soir, là où il en existe?

Enfant Mine charbonnage

RÉPONSE, Les enfants employés dans les mines ne savent pas, en général, lire et écrire. Les mineurs sont, sous ce rapport, d’une insouciance très-grande; dans beaucoup de mines d’ailleurs, les enfants, même au-dessous de dix ans, gagnent déjà un salaire, en faisant le triage des pierres sur les tas de charbon extrait. Dans les mines de Seraing, les enfants étant employés douze heures par jour, il est impossible qu’ils puissent, après une fatigue aussi prolongée, suivre avec le moindre fruit les leçons données aux écoles. Dans les mines situées au nord de la Vesdre, le travail du matin cessant vers deux heures, les ouvriers pourraient assister aux écoles du soir, s’il en existait. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, 1846, Ministère de l’intérieur

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Liège au 19ème siècle

Le bas prix du genièvre est source de misère chez les ouvriers de Liège

11 janvier 2008

Liège Pont des Arches buveurDans le cadre de l’enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, une série de questions fut posée aux chefs d’industrie. Voici la réponse du directeur du Charbonnage de Houlleux, à Jupille (Liége):

«Le malaise et la gêne dans lesquels un grand nombre d’ouvriers mineurs se trouvent souvent, doivent être attribués principalement à.leur intempérance, et souvent aussi au jeu.

Il arrive fréquemment que ces ouvriers ont dépensé le produit de leur quinzaine le lendemain du payement. Pour remédier autant que possible à cet abus, on a cessé de payer les ouvriers le samedi.

Le bas prix du genièvre est considéré comme une source de misère, de désordre et de scandale parmi les ouvriers. Une chose qui, à la campagne, facilite la vente à bon marché, c’est l’impunité de ceux qui se livrent à ce commerce sans être munis de patentes. Le nombre en est considérable, et dépasse de beaucoup le nombre des débitants qui se conforment aux prescriptions de la loi.

D’un autre côté, il serait à désirer que la police se fît convenablement, et qu’elle veillât à l’exécution des règlements existants sur la fermeture des cabarets et la prohibition de certains jeux, combats de coqs, etc.

On ne saurait assez le répéter, l’ivrognerie est la grande et presque l’unique cause de la misère des classés ouvrières : l’augmentation du prix des boissons spiritueuses et une police mieux organisée contribueraient puissamment à améliorer cet état de choses. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Tome I, Réponse des chefs d’industrie, Ministère de l’intérieur, Belgium Ministère de l’intérieur, 1848

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Liège au 19ème siècle

Le travail des enfants dans les mines de Liège

16 septembre 2007

« Le décret impérial du 3 janvier 1813, qui fixe à 10 ans l’âge d’admission des enfants dans les mines, a conservé sa force en Belgique. L’administration tient la main à sa stricte exécution; et dans les houillères de la province de Liège, il est rare même de trouver des ouvriers âgés de moins de 12 ans.

Dans cette même province, les enfants de 12 à 15 ans forment à peu près le cinquième de la population ouvrière vouée au travail des mines; ceux de 12 à 18 ans, environ le quart.

Liège, charbonnage

Liège, charbonnage


Dans la province de Liège, les filles sont employées presque exclusivement aux travaux de la superficie. D’ordinaire, elles ne descendent pas dans les fosses avant l’âge de 15 ans. Cependant dans le bassin de Mons elles y travaillent au même âge que les garçons.

Enfant mine

Le travail de ceux-ci consiste principalement à traîner le charbon dans les travaux sur des traîneaux ou de petits waggons; quelquefois les galeries par où ils doivent passer sont si étroites et si basses qu’ils doivent se plier en deux ou même ramper sur les pieds et sur les mains pour pouvoir y passer. La fort tâche qu’on leur impose les oblige à marcher très vite, et même à courir, dans cette position gênante. »

De la condition physique et morale des jeunes ouvriers et des moyens de l’améliorer, Éd. Ducpetiaux,… 1843


lettre à propos du travail des enfants dans la mine à Liège
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