Archive for the 'St-Lambert' Category

Le droit d’asile à Liège sur les degrés de St-Lambert

6 décembre 2008

« Nos historiens ont souvent parlé des degrés de Saint-Lambert comme d’un lieu d’asile où les criminels pouvaient se réfugier et se trouvaient à l’abri de toute poursuite. Nous ignorons à quelle époque remonte ce privilége, mais il existe aux archives de la province une charte inédite de l’an 1237, où cette franchise est reconnue d’une manière explicite.

Le droit d’asile n’existait pas seulement pour les degrés du temple, il appartenait encore à tous les lieux attenant à la cathédrale, jusqu’à de certaines limites. Grâce à ce privilége, bien des coupables échappèrent sans doute à la justice humaine, mais bien des innocents aussi parvinrent à se soustraire aux ennemis forcenés qui les poursuivaient; nos commotions civiles, si acharnées sur la place du Marché, venaient mourir au pied des degrés de Saint-Lambert. »

Liége pittoresque ou description historique de cette ville et de ses principaux monuments, Matthieu Lambert Polain, Bruxelles, 1842


Liège au 13ème siècle
Droit et justice à Liège

Lambert, évêque de Maastricht, est assassiné dans une chapelle de Liège

17 septembre 2008

« Lambert, évêque de Maestricht, naquit vers l’an 640, d’une des plus illustres families du pays de Liège. Il fut élevé par Théodard, prélat aussi instruit que vertueux, et lui succéda, en 668, sur le siège de Maestricht. Childeric II , roi d’Austrasie , le fit venir à sa cour , et se conduisit par ses conseils ; mais après la mort de ce prince, Lambert fut chassé par Ebroïn, et dépouillé de son évêché.

Il se retira dans le monastère de Stavelo, d’où il ne sortit qu’en 681 , pour reprendre l’administration de son diocèse. Il convertit à la foi chrétienne les habitants de la Toxandrie(la Zèlande), et fut assassiné dans une chapelle du village de Liège, le 17 septembre, vers l’an 708, par les ordres de Dodon.

Les historiens varient sur la cause de ce crime; les uns disent que St. Lambert ayant reproché à Pépin d’Heristal, maire du palais , d’avoir répudié Plectrude sa femme , pour épouser Alpaïde, celle-ci détermina Dodon , son frère, à la débarrasser d’un censeur importun. D’autres prétendent que Dodon fit assassiner saint Lambert pour venger la mort de ses deux frères, tués par les neveux du prélat; et ce sentiment est celui qui réunit le plus de partisans.

Liège, le meurtre de l'évêque Lambert

Liège, le meurtre de St-Lambert

La Bibliothèque historique de France n’indique pas moins de quatorze Vies de ce prélat. Les quatre principales ont été recueillies par les bollandistes , et imprimées avec un commentaire de Constant Suysken , sous la date du 17 septembre, jour où l’Eglise célèbre la fêle de ce martyr.

Saint Hubert transféra le siège épiscopal de Maestricht à Liège (en 720), et y fit transporter le corps de saint Lambert, qui fut déposé dans la chapelle où il avait été assassiné. C’est au concours de pèlerins qui venaient de toutes parts visiter son tombeau , que la ville de Liège a dû son accroissement. »

Biographie universelle, ancienne et moderne.., ouvrage rédigé par une société de gens de lettres, Tome 23ème, Paris, 1819


Liège, au VIIIème siècle
La religion à Liège

Les trémoussements des jeunes mariées de Verviers à St-Lambert de Liège

18 décembre 2007

« Les Manans Bourgeois Habitant de Vervier sont obligés d’envoïer tous les ans les douze plus jeunes mariés, la croix de leur paroisse & le tambour de la ville, au Chapitre de St. Lambert de Liège. Le cortège entre à neuf heures du matin dans l’église, les Députés présentent en hommage aux Tréfonciers, de l’or, de l’argent & du cuivre ; ensuite au son du tambour ils dansent une ronde sous une grande couronne de fer blanc qui décore la nef de la cathédrale.

Cette pantomine dure une heure, les jeunes mariées s’y distinguent ordinairement par la vivacité avec laquelle elles font voltiger leurs jupons & Messieurs les Chanoines, présens à la cérémonie, ne laissent point de faire attention à l’élégance de la jambe des sauteuses & peut-être à autre chose que ce trémoussement dévot fait appercevoir.

Le scandale fini, les Députes sortent de l’église, tambour battant, croix levée, vont prendre au marché au bled une mésure de forment, la portent à la troisième arche d’un pont sur la Meuse, la brisent avec le bâton de la croix & la jettent ensuite dans la rivière.

L’origine de cette farce vient de ce qu’autrefois les habitans de Vervier, plus honnêtes gens alors que les nobles bourgeois & manans de Liège, firent une mésure plus grande que celle de Liège, ce qui faisait tort aux Chanoines, dont la mésure était plus petite. L’intérêt donna de l’humeur au Chapître en conséquence il obligea les habitans de Vervier de prouver tous les ans par cette cérémonie que les gens d’église ne pardonnent jamais.  »

Les abus dans les cérémonies et dans les moeurs developpés, Henri-Joseph Du Laurens, 1767


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Liège au 18ème siècle

la cathédrale St-Lambert par Marc le Goupils

5 décembre 2007

« La cathédrale n’était, avant 95, qu’une église particulière. Sur la belle place Saint-Lambert s’élevait, il y a un peu plus de quarante ans, la vraie cathédrale consacrée à ce saint. L’extrémité de sa flèche formait, avec le sommet des tours du château-fort, une ligne horizontale.
Des statues d’or et d’argent décoraient ses nombreuses chapelles; tout autour du chœur, fermé d’une magnifique balustrade dorée, étaient les tombeaux des princes ecclésiastiques de Liège histoire sculptée de cette grande ville. Tout cela fut détruit par nos soldats, aidés de ce peuple qui, aujourd’hui, baise les dalles de ses églises relevées, et qui démolissait alors l’œuvre de ses sueurs et de ses croyances. Nos généraux républicains abattaient des cathédrales comme ils auraient abattu des forts. Ils ne comprenaient rien à cet art. La passion pour l’architecture gothique, qui est un goût d’hier, et derrière laquelle se cache l’indifférence religieuse, ne protégeait pas alors les grands monumens, et les pierres de l’église, au lieu d’être comme aujourd’hui des joyaux de sculpture, et des pensées d’art inoffensives, paraissaient alors, comme les pierres des bastilles, coupables de la tyrannie des princes ecclésiastiques, et cimentées avec le sang des peuples.
Liege ruine de St-LambertL’homme quelquefois perd le sens de ses propres œuvres, méconnaît son génie, et détruit les monumens de sa grandeur. Est-ce donc pour échapper à la science qu’il en fait disparaître les témoignages visibles?

Est-ce que ce serait trop pour sa frêle sagesse, d’un monde où le génie de toutes les générations humaines serait représenté par des monumens encore debout? »


La revue de Paris, Souvenirs de Voyage III, Liège, Marc Le Goupils, 1836


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