Archive for the 'poème' Category

« Tu vois, haute elevée, une ronde colonne, signe de liberté, … »

17 mars 2008

ARMOIRIES DU LIEGE
au peuple du pays. (1598.)

Liégeois! c’est le blason de ton pays hautain,
Tel que lui ordonna Saint Hubert Aquitain :
Tu vois, haute elevée, une ronde colonne
Signe de liberté, municipe de Rome;
Tu vois aussi la croix sur le cime honorée,
Signe que la province en Dieu prend sa durée.
Et puis la pomme ronde au sommet, pour signal
Que tout l’estat se tient par droit impérial.
Mais qu’est-ce des Lions au bas de l’écusson
Soustenans ce pin droit, d’une brave facon?
Ce monstre que les tiens pour la foy et patrie,
Hardis comme lions, hasarderont leur vie.
Défen donque la foy, magnanime Liégeois,
Comme tu fis jadis contre les Albigeois!
Garde bien la colomne ou repose ta gloire,
Le fruit de ton bonheur, le pris de ta victoire;
Aime Dieu et ton prince, et mal ne t’aviendra,
Puis la sainte justice en paix te maintiendra.
Garde les bones meurs, peuple de haut courage.
Puisque tu as du ciel les faveurs en partage,
Fuy tout ambition et l’injuste procès;
Ne permets des méchants impunis les excès.
Maintien de ta cité l’union tant louable,
Qui, vers tous estrangers, t’a rendue admirable.
Porte au prince bon cœur; cela veut la raison.
Soit au temps fortuné, soit en l’autre saison :
Car jamais du plus fort ne fléchis aux alarmes.
Quand pour luy, vigoureux, tu prins les justes armes!


Fleurs des vieux poètes liégeois, 1550-1650, Nicholas Joseph Peetermans, Liège, 1859

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« ès Nouvices »

15 janvier 2008

ES NOUVICE
Qwand on qwèréve les pus chirs ôrnumint,
Les bais ovrége fait’les meyeux argint,
Les bais chaud’ler, ou bin l’cis’lé câlice;
On n’les trovéve qu’ès l’rowe d’aur, ès Nouvices.

Viniz-v’ d’à lon, vos trovîz l’crâs michot.
Estiz-v’ malâde. Froidbise fève on p’tit pot;
Voliz-v’ ine messe, vos aviz Sainte Cath’renne ;
Pus lon l’sinouf carressive vosse narenne.
Liège Sainte-Catherine en Neuvice

Des pid à l’tiesse on poléve si r’moussi,
Tos les mariège y v’nit po s’ahessî ;
Co meye loyin ont fait des hureux sôrt;
Bin des mâlheur surdit foù des rond d’aur.

Voliz-v’ des losse, des tenne, ou des seyai,
Des plat di stain, des ewl et des coutai,
Des boniquet, dè l’sôie po fer n’pelisse:
Cotte et beguin, tot strovéve ès Nouvice.

Us et Coutumes, 1823 à 1833. La rue Neuvice à Liège, Auguste HOCK , in Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, 1863


Autres billets sur le Wallon Liégeois
Liège au 19ème siècle

« Liége ! ô mon beau pays »

15 novembre 2007

 

Liége ! ô mon beau pays, o ma ville Eburonne !
Que j’aime ton vieux fleuve et ta vallée en fleur !
Là j’ai de ma jeunesse effeuillé la couronne ;
Tu me gardes mes morts, je t’ai laissé mon cœur.
J’aime tes verts sentiers aux buissons d’aubépines,
Comme un Eden perdu, comme un songe envolé.
Trente ans j’ai respiré l’air pur de tes collines,
Et partout, loin de toi, je suis un exilé.

 

Edouard Wacken

in Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, t.5, 1861.

Liège au 19ème siècle