Archive for the 'bombardement' Category

Destruction de l’hôtel de Ville de Liège, 1691

4 juin 2007

« La diète de Ratisbonne ayant donné ordre à tous les princes de l’Empire de s’armer contre la France dont on craignait les envahissements, l’embarras fut grand pour les Liégeois qui venaient de conclure avec cette dernière puissance un traité par lequel leur neutralité avait été reconnue. Les remontrances qu’ils firent à l’Empereur furent vaines; les Hollandais qui occupaient la Chartreuse menaçaient de mettre le feu à la ville si les bourgeois ne se soumettaient aux instructions de la diète; il fallut donc bien obéir, et la principauté de Liége, dont les forces militaires consistaient en un seul régiment, déclara la guerre à Louis XIV. On imposa des taxes, on leva de nouvelles recrues, et l’on se disposa à résister aux armées du grand roi. Le marquis de Boufflers eut bientôt calmé cette belliqueuse ardeur. Après s’être emparé de la Chartreuse, il bombarda la cité pendant cinq jours (4-9 juin 1691).

Liège, la Violette, 1496

Liège, la Violette, 1496

C’est ce bombardement qui renversa la Violette et détruisit presque toutes les maisons situées entre le marché et la Meuse.

Après ce grand désastre, le siége des affaires de la commune fut provisoirement transporté dans une vaste maison du bas de la Sauvenière, jusqu’à ce qu’on pût entreprendre la construction d’un nouveau bâtiment destiné à cet usage.
Les guerres continuelles et les passages de troupes dont notre territoire fut alors le théâtre retardèrent cette construction jusqu’en 1713, époque à laquelle la paix d’Utrecht vint enfin rendre le calme au pays. »

Liège pittoresque, Matthieu Lambert Polain, 1842.


Guerres et batailles à Liège
Liège au 17ème siècle

Publicités

Boufflers bombarde Liège, 1691

2 juin 2007

Boufflers« Liége n’appartenait plus au roi d’Espagne; mais Liège était sortie de la neutralité qu’elle avait promise au roi de France, pour venir en aide au roi d’Espagne. Le châtiment fut terrible. Du 2 au 7 juin, les bombes et les boulets rouges, lancés jour et nuit, sans interruption, propagèrent dans tous les quartiers de la ville des incendies qui dévorèrent plus de trois mille maisons. Les Liègeois eurent la constance de ne point céder, attendant des sauveurs ou des vengeurs ; mais lorsque les troupes amies furent arrivées, trop tard pour arrêter le bombardement, au lieu de s’élancer à la poursuite de M. de Boufflers qui se retirait avec lenteur, elles aimèrent mieux reprendre pour leur compte l’œuvre inachevée des Français, et se jetant sur les ruines fumantes de Liége, elles ajoutèrent à la désolation du feu la désolation du pillage.

Louvois n’épargna pas les compliments au marquis de Boufflers : « Sa Majesté, lui écrivit-il, me commande de vous témoigner la satisfaction qu’elle a de la manière dont vous avez exécuté ses ordres dans cette expédition qui ne pouvoit succéder plus heureusement ni plus glorieusement pour ses armes, puisque, à la vue de huit ou dix mille hommes, vous avez chatié la ville de Liège, sans que personne ait osé s’y opposer, et que les secours que les ennemis ont fait arriver à tous moments dans la ville de Liége, n’ont servi qu’à augmenter la ruine. » « 

Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire ,Camille Félix Michel Rousset, 1863


Guerres et batailles à Liège
Liège au 17ème siècle