Archive for the 'Voltaire' Category

Les prédictions de l’Almanach de Liège, Voltaire

31 décembre 2007

Naufrage« La plupart des prédictions étaient comme celles de l’almanach de Liège. Un grand mourra, il y aura des naufrages. Un juge de village mourait-il dans l’année ? – c’était, pour ce village le grand dont la mort était prédite; une barque de pécheurs était-elle submergée ? voilà les grands naufrages annoncés.

L’auteur de l’almanach de Liège est un sorcier, soit que ses prédictions soient accomplies, soit qu’elles ne le soient pas ; car si quelque événement les favorise, sa magie est démontré : si les événements sont contraires, on applique la prédiction à toute autre chose, & l’allégorie le tire d’affaire.

L’almanach de Liège a dit qu’il viendrait un peuple du Nord qui détruirait tout ; ce peuple ne vient point ; mais un vent du Nord fait geler, quelques vignes, c’est ce qui a été prédit par Matthieu Lansberge. Quelqu’un ose-t-il douter de son savoir ? aussitôt les colporteurs le dénoncent comme un mauvais citoyen, & les astrologues le traitent même de petit esprit, & de méchant raisonneur.  »

La philosophie de l’histoire, Voltaire, 1765

L’almanach de Liège, de Mathieu Lansberg
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D’autres citations de Mathieu Laensbergh dans la littérature française

11 octobre 1746, La bataille de Rocoux, (Rocourt, Liège) par Voltaire

11 octobre 2007

« Après la prise de Namur, il restait à dissiper ou à battre l’armée des alliés. Elle campait alors en-deçà de la Meuse, ayant Mastricht à sa droite et Liège à sa gauche. On s’observa, on escarmoucha quelques jours; le Jar séparait les deux armées. Le maréchal de Saxe avait dessein de livrer bataille ; il marcha aux ennemis le ll octobre à la pointe du jour, sur dix colonnes. On voyait du faubourg de Liège, comme d’un amphithéâtre , les deux armées ; celle des Français de cent vingt mille combattants, l’alliée de quatre-vingt mille. Les ennemis s’étendaient le long de la Meuse, de Liège à Viset, derrière cinq villages retranchés. On attaque aujourd’hui une armée comme une place, avec du canon. Les alliés avaient à craindre qu’après avoir été forcés dans ces villages, ils ne pussent passer la rivière. Ils risquaient d être entièrement détruits, et le maréchal de Saxe l’espérait.
Le seul officier général que la France perdit en cette journée, fut le marquis de Fénélon, neveu de l’immortel archevêque de Cambrai. [..]

le Maréchal de Saxe

Les Français eurent peu de personnes de marque blessées dans cette journée. Le fils du comte de Ségur eut la poitrine traversée d’une balle, qu on lui arracha par l’épine du dos, et il échappa à une opération plus cruelle que la blessure même. Le marquis de Lugeac reçut un coup de feu qui lui fracassa la mâchoire, entama la langue lui perça les deux joues. Le marquis de Laval, qui s’était distingué à Melle, le prince de Monaco, le marquis de Vaubecour, le comte de Balleroi, furent blessés dangereusement.
Cette bataille ne fut que du sang inutilement répandu, et une calamité de plus pour tous les partis.
Aucun ne gagna ni ne perdit de terrain. Chacun prit ses quartiers. L’armée battue avança même jusqu’à Tongres; l armée victorieuse s’étendit de Louvain dans ses conquêtes, et alla jouir du repos auquel la saison , d’ordinaire, force les hommes dans ces pays, en attendant que le printemps ramène les cruautés et les malheurs que l’hiver a suspendus. »

Précis du siècle de Louis XV, Voltaire, ed. 1808.

12 liens sur la bataille de Rocourt
Guerres et batailles à Liège
Liège au 18ème siècle

Voltaire et la bataille de Rocoux (Rocourt, Liège, 1746)

24 août 2007

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« Les dames se firent apporter des sièges sur un bastion de la ville de Liège pour jouir du spectacle à la bataille de Rocoux. »

Voltaire, dictionnaire philosophique, dans un article sur la curiosité.



Relation de la bataille de Rocourt par Voltaire
Guerres et batailles à Liège
Liège au 18ème siècle
Liens sur la bataille de Rocourt

La fête du Saint-Sacrement créée à Liège, par Voltaire

22 mai 2007

Liège, Chapelle de Cornillon, Ste-Julienne« Il n’y a guère dans l’Eglise de cérémonie plus noble, plus pompeuse, plus capable d’inspirer la piété aux peuples, que la fête du Saint Sacrement. L’antiquité n’en eut guère dont l’appareil fût plus auguste. Cependant, qui fut la cause de cet établissement? une religieuse de Liége, nommée Moncornillon, qui s’imaginait voir toutes les nuits un trou à la lune (1264) : elle eut ensuite une révélation qui lui apprit que la lune signifiait l’Eglise, et le trou une fête qui manquait. Un moine, nommé Jean, composa avec elle l’office du Saint Sacrement ; la fête s’en établit à Liége, et Urbain IV l’adopta pour toute l’Eglise.»

Œuvres complètes de Voltaire, ed. 1859

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