Archive for the 'conflit' Category

L’exportation de grains est interdite à Liège après la révolte des rivageois

30 juillet 2008

« Le 30 [juillet], la généralité de la cité s’assembla de nouveau , par ordre du prince, et s’occupa de plusieurs ordonnances touchant le bien commun.

On interdit expressément toute exportation de grains; on ferma toutes les tavernes situées dans les campagnes, comme étant des lieux de refuge pour les mauvais garçons, et l’on statua des peines sévères contre les brasseurs et les boulangers qui enfreindraient les réglemens.

En outre, comme beaucoup- d’étrangers, de gens pauvres et bannis d’autres lieux , venaient à Liège , manger le pain des nécessiteux et y apporter des pestes et autres maladies, il fut enjoint à ces sortes de gens de quitter la cité et la banlieue dans l’espace de trois jours , sous peine , la première fois . d’être fouettés aux quatre coins du marché et de perdre une oreille, la deuxième, d’avoir le poing droit coupé , et la troisième , d’être jetés à la rivière.  »

Revue Belge, publiée par l’association nationale pour l’encouragement et le développement de la littérature en Belgique,  Tome second, Liège, 1835


Liège au 16ème siècle
Mouvements sociaux à Liège

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Lettre de Gérard, évêque de Liège, au duc d’Albe (1568).

5 novembre 2007

En 1568, l’armée du redoutable duc d’Albe, envoyée aux Pays-Bas pour réprimer l’essor du calvinisme, traque les «gueux» de Guillaume de Nassau. Ceux-ci, dans leur fuite, veulent franchir la Meuse en passant par le pont des Arches à Liège, mais ils se heurtent au refus des Liégeois, dont ils assiègent la ville.

L’évêque de Liège au duc d’Albe.

LIÈGE, 5 Novembre 1568.

Monsieur, depuis ma dernière d’hier soir, l’ennemy, incontinent après mynuict, a faict semblant de livrer l’assault à ceste cité : mais, voyant les nostres bien en ordre et animez à luy faire résistence, semble que sur ce poinct il s’en va retirant, et ne sçavons encoir vers où il tient la teste. Et partant, j’envoye en diligence vers ma ville de Huy à advertir le colonnel de Montdragon de ce que dessus, si d’adventure l’ennemy se voulust retirer vers cest endroict-là, et ne fauldrons de luy envoyer, au besoing, ce que povons avoir icy de secours. Aussy tost qu’aurons quelque plus grand esclarcissement et asseurance vers où l’ennemy prétend de tirer, Vostre Excellence en sera advertye.

Au reste, l’ennemy a usé de son accoustumé à l’encontre des maisons de Dieu et monastères d’alentour de ceste cité, y ayant boutté le feu, et espéciallement en l’abbaye de Saint-Lorens et Saint-Gilles, dont j’espère que la justice divine ne tarde à luy en paier ce qu’il mérite.

Sur ce, monsieur, après mes humbles recommandations à la bonne grâce de Vostre Excellence, je prie le Créateur donner à icelle en santé longue et heureuse vie. De Liége, ce ve de novembre 1568, à six heures devant midy.

De Vostre Excellence l’entièrement à luy faire humble service,

GÉRARDT, évesque de Liége.

Correspondance de Guillaume le Taciturne, prince d’Orange, William, Louis -Prosper Gachard, 1851


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Le XVIème siècle à Liège

Les Liégeois, animés par St-Lambert, reprennent Bouillon

17 septembre 1141

« On nous représente Albéron, jeune encore , comme possédant toute la prudence d’un vieillard le plus consommé dans les affaires; on cite, en preuve de cela, la guerre qu’il eut à soutenir contre le Comte de Bar, qui s’était emparé du château de Bouillon.

L’Evêque de Liége, ayant en vain invoqué la justice de l’Empereur et du Pape, rassembla une armée considérable, alla cerner ce château, et en entreprit le siége. Ce n’était pas une conquête très-aisée à faire mais Albéron enflamma le zèle de ses troupes, en transportant dans son camp le corps de St.-Lambert. Les Liégeois, animés par la présence de leur patron , firent des prodiges de valeur, et reprirent enfin, après une résistance longue et opiniâtre, le château de Bouillon qui était une des places les plus fortes de ce tems. Selon un écrivain contemporain, Albéron, à ce siége mémorable, était à la tête de cent mille fantassins et de trois mille cavaliers.  »

Recherches sur l’histoire de la ci-devant principauté de Liége, Tome premier, De Villenfagne d’Ingihoul, Liège, 1817,


les Princes-Evêques de Liège
Liège au 12ème siècle
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