Archive for the 'Seraing' Category

L’établissement industriel de Seraing

10 juin 2011

A bon droit l’on cite l’établissement de Seraing comme un établissement modèle, grâce à la direction intelligente, à l’ordre et à l’activité qui président à tous les travaux. il se divise en trois branches principales: charbonnages, hauts-fourneaux et forges, construction de machines. Sur un espace d’environ 57 hectares sont réunis : 3 houillères, 2 hauts-fourneaux, 15 fours à puddler, 18 fours à forger, 2 fours pour la préparation du fer brut à affiner, 2 fours à calciner le minerai, 2 fours à briques, plusieurs fours à coke, 81 feux de forgeron, 1 fonderie de laiton, des ateliers immenses pour la fabrication des chaudières , des locomotives, et des machines à vapeur proprement dites, plusieurs grandes machines à tour, des ateliers de menuiserie, des bureaux pour les dessinateurs et de vastes magasins pour la conservation des modèles. Les bâtiments où se trouvent les ateliers, les magasins et les bureaux, forment deux cours spacieuses.

Un canal, dont le bassin peut recevoir plus de 5O des plus grands bateaux de la Meuse, relie les établissements à la rivière. Toutes les pièces prêtes à l’expédition sont chargées dans ce canal ou à la station du chemin de fer. Par la Meuse, Seraing se trouve en communication avec l’Ourthe et la Sambre, et par ces deux rivières avec les contrées les plus productives en minerai et en charbon du royaume.
Des tronçons de chemins de fer, d’un développement collectif de deux lieues, relient entre elles les houillères, les laminoirs, les fonderies, les forges et les ateliers de machines. Les machines à vapeur, qui mettent en mouvement toutes ces usines et ces forges, sont au nombre de 16 et représentent une force de 695 chevaux. Le nombre des personnes occupées dans l’établissement s’élevait en 1859 à 5000, dont 1000 dans les houillères. Elles sont réparties entre trois directions, correspondant aux trois branches indiquées : houillères, fabrication du fer, construction de machines. L’extraction journalière de houille est de 16,000 quintaux; les deux hauts-fourneaux consument tous les jours environ 1500 quintaux de minerai. La population du village de Seraing est aujourd’hui de 20,084 habitants; elle n’était en 1806 que de 1955 âmes. L’église date de 1858.

La Belgique et la Hollande, Karl Baedeker, Koblenz, 1864


L’industrie à Liège
Liège au 19ème siècle

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A quelque pas de Liége, fume et bouillonne Serin

27 janvier 2008

« A quelque pas de Liége, fume et bouillonne Serin, où M. Cockerill a ses usines.

Les forges de Lemnos, avec leurs rois pauvres Cyclopes, étaient peu de chose à côté de cet immense établissement, toujours noir de charbon, toujours rouge de flamme, où les métaux coulent par torrents, où l’on puddle, où l’on cingle le fer, où se fabriquent ces énormes pièces, ossements d’acier des machines à vapeur ; là l’industrie s’élève jusqu’à la poésie, et laisse bien loin derrière elle les inventions mythologiques. »

Caprices et zigzags, Théophile Gauthier, 2è ed, 1856

Seraing

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Liège au 19ème siècle

Les enfants employés dans les mines de Liège savent-ils lire ?

25 janvier 2008

« Réponses de M. l’Ingénieur du sixième district de la troisième division des mines. Liège

QUESTION. Les enfants employés dans les mines, savent-ils, en général, lire et écrire? Ont-ils des heures libres pendant lesquelles ils pourraient assister aux leçons, soit des écoles du jour, soit des écoles dû soir, là où il en existe?

Enfant Mine charbonnage

RÉPONSE, Les enfants employés dans les mines ne savent pas, en général, lire et écrire. Les mineurs sont, sous ce rapport, d’une insouciance très-grande; dans beaucoup de mines d’ailleurs, les enfants, même au-dessous de dix ans, gagnent déjà un salaire, en faisant le triage des pierres sur les tas de charbon extrait. Dans les mines de Seraing, les enfants étant employés douze heures par jour, il est impossible qu’ils puissent, après une fatigue aussi prolongée, suivre avec le moindre fruit les leçons données aux écoles. Dans les mines situées au nord de la Vesdre, le travail du matin cessant vers deux heures, les ouvriers pourraient assister aux écoles du soir, s’il en existait. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, 1846, Ministère de l’intérieur

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Liège au 19ème siècle

John Cockerill a rendu célèbre le village de Seraing

21 décembre 2007

Seraing Cockerill, déchargement de minerais«Vous vous souvenez des ces deux noms: Seraing et John Cockerill. Le nom de l’homme a rendu célèbre le nom du village. Seraing est une longue rue populeuse qui s’étend le long du rivage, sur la rive gauche de la Meuse; en face, sur la rive droite, sont les établissements de John Cockerill, un de ces hommes auxquels on ne peut déjà plus donner du Monsieur.

Chaque jour, toute la population mâle de Seraing s’entasse dans les bateaux de passage, et quitte le village du repos pour le village du travail, Seraing pour l’établissement, mot dont il faut agrandir le sens, depuis que John Cockerill a fait du sien une immense république, où le travail est libre, intelligent, modéré, et donne à l’ouvrier plus que le pain. »

Mélanges, souvenirs de voyage, par Désiré Nisard, 1838


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