Archive for the 'religion' Category

Le Curé d’Ensival élu par la population

29 mars 2011

De notre temps, où il est sans cesse question de l’opinion publique et des moyens de la constater, il peut être curieux de rappeler avec quelle simplicité on parvenait jadis à en obtenir l’exact résultat, dans un petit canton du pays de Liège.

En descendant la Wèze, on trouve à une demi-lieue de Verviers, un vallon assez étroit, qu’occupe le bourg ou village d’Ensival. En 1657, Ferdinand de Bavière, prince évêque de Liège, y établit une cure à laquelle la commune eut le droit de nomination.

Cette élection se faisait, dans l’origine, par le corps des habitans. Les notables du bourg, après avoir assemblé le peuple sur une place que partageait un petit ruisseau, lui présentaient successivement les candidats. A chaque présentation, ceux à qui l’aspirant était agréable , sautaient de l’autre côté du ruisseau, de façon que le prétendant en faveur duquel le plus grand nombre avait sauté, était proclame curé d’Ensival. Cette cérémonie, conforme à l’usage où les fidèles étaient, dans les premiers siècles du christianisme, de nommer dans les divers degrés de la hiérarchie à la pluralité des suffrages, n’eut plus lieu dans la suite; et l’élection se fit par les tuteurs et administrateurs de l’Église.

Magasin Pittoresque, tome premier, 1833


Liège au 17ème siècle
anecdotes et curiosités
la religion à Liège

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Procession contre la sécheresse à Liège en 1241

25 juin 2008

« En 1241 , les habitans de Liége, à cause d’une grande sécheresse, instituèrent une procession , où il fut résolu que le clergé et le peuple marcheraient, pendant trois jours consécutifs, les pieds nus et en chemise. »


Histoire abrégée de différens cultes, Jacques Antoine Dulaure, 1825


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La religion à Liège
Liège au 13ème siècle

La procession solennelle du 27 avril et le surguet

27 avril 2008

« Le 27 avril , jour de la translation du corps de St.-Lambert de Maestricht à Liège, tous les habitants de la cité faisait cortège à la procession solennelle où l’on portait la châsse du Saint, un morceau de la vraie croix , quantité d’autres reliques et d’images saintes. Le clergé tout entier, revêtu de surplis et de dalmatiques, les accompagnait en chantant des hymnes sacrés.

La plus grande pompe était déployée à cette procession , qui avait été instituée par Erard de la Marck et, suivant Vlierden, dotée par lui de revenus annuels. D’un autre côté, nous trouvons dans Bartholet une charte de la cité du 13 février 1533 , ordonnant d’affecter à cette cérémonie la moitié des revenus du tonlieu du Pont des Arches.

La veille au soir, la population liègeoise donnait aux étrangers accourus en foule, le joyeux spectacle d’une revue militaire. La plupart des bourgeois, en habits de fête ou revêtus d’armes étincelantes, parcouraient toutes les rues de la cité. Cette revue s’appelait le Surguet (*)

(*) Primitivement, dit Vlierden, cette revue s’appelait le soir guet , parce qu’elle se faisait la nuit; ce mot, devenu par corruption le scharwait, continua d’être employé alors même que cette démonstration ne se fit plus que l’après-midi. »


Organisation intérieure du Métier, Bulletin de la société Liégeoise de Littérature Wallonne, 5ème année, Liège, 1862


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Un tribunal dans l’église de Notre-Dame- aux-Fonts à Liège

10 mars 2008

« [..] La séance de ce tribunal était fixée aux samedis, dans l’église de Notre-Dame-aux-Fonts à Liège. L’évéque devait y présider lui-même, revêtu de ses habits pontificaux ; à côté de lui un magistrat, prœtor, armé , se tenait debout avec quelques vassaux de l’église de Liège. Ils jugeaient entre autres des causes de rapt, de violence , de vol public, d’incendie, de contravention à la trêve et de destruction d’arbres fruitiers.

Tous les diocésains, quand ils avaient été cités, étaient obligés de comparaître en personne devant ce tribunal. Les ecclésiastiques n’étaient cependant pas soumis à sa juridiction , ni les princes qui avaient concouru à l’établir. Ces derniers conservaient par conséquent le droit de se faire mutuellement la guerre au détriment des peuples. Les accusés qui, cités sept fois, ne se présentaient point, ou ne légitimaient pas leur absence par des motifs valables , étaient déclarés infâmes au son de la cloche de l’église de Notre-Dame , et ensuite bannis de tout le diocèse après avoir été excommuniés.

Un absent ne pouvait y faire citer personne ; mais il était permis au clergé et aux femmes, ainsi qu’aux impubères, d’y porter leurs plaintes par des fondés de pouvoir. Quand il s’était présenté des causes , l’évêque tenait le lendemain (le dimanche) une séance dans son palais pour les examiner.

Mais il était au choix de l’accusé de tenter les voies de droit, et alors son affaire était remise au jugement de deux vassaux de l’église de Liège, pour en décider selon les lois ou vider la querelle par le duel. Dans ce dernier cas il recevait une épée du mayeur, prœtor, et avant les six premières semaines écoulées, les deux champions, couverts d’une armure peinte en rouge, armis tecti miniatis, devaient se battre dans un champ de vingt pieds carré. Celui qui terrassait son adversaire était réputé innocent ; car, par une persuasion téméraire , l’issue de ces combats était regardée comme un témoignage de la divinité en faveur de l’innocence, d’où leur est venu le nom de jugement de Dieu


Godefroid de Bouillon, chroniques et légendes, 1095-1180, J. Collin de Plancy, Bruxelles, 1842


Droit et justice à Liège
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