Archive for the 'VIII' Category

Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège

31 décembre 2008
Liège, statue de Charlemagne

Liège, statue de Charlemagne

« Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège, au berceau de sa famille. Il venait fréquemment se reposer de ses fatigues, ou passer les fêtes de Pâques ou de Noël, à Herstal, à Jupille et à Liége, où tout rappelle encore aujourd’hui son souvenir. Ici c’est quelque église fondée par lui ou par Ogier le Danois; là c’est une tradition populaire dont quelqu’un de ses paladins est le héros. Dans les campagnes, plus d’un arbre vénérable porte le nom d’arbre de Charlemagne, et plus d’un vieillard vous raconte, d’une voix grave et pieuse, la légende des Quatre Fils Aymon, dont le cheval Bayart imprima, selon le dire du peuple, l’un de ses fers dans l’énorme rocher à pic qui se dresse près de la ville de Dinant. Au village d’Oupeye on vous montre une vieille tour qu’habitait, dit-on , la célèbre Alpaïde, mère de Charles Martel.

Quand vous visitez avec quelque savant les ruines de Franchimont, il ne manque pas de vous dire que les historiens font remonter l’origine de ce manoir à Pharamond, et que d’autres en reportent la construction à Chilpéric. Non loin de là on vous conduit sur le théâtre de cette fameuse bataille de l’Amblève, où Charles Martel défit l’armée des Neustriens et des Frisons, et préluda aux victoires de Vinchy et de Soissons. C’est à Liége que fut exilé avec sa femme et ses enfants le dernier roi des Lombards, Didier que l’empereur, après l’avoir vaincu, en 774, y plaça sous la garde de l’évéque Agilfride. Plusieurs de nos anciens et naïfs chroniqueurs rappellent les merveilles et les pompes des cours plénières que Charlemagne tenait en cette ville, et citent avec orgueil les glorieux faits d’armes que les hommes de la cité éburonne accomplirent sous l’étendard dont il la gratifia , et qui, pendant plusieurs siècles, fut si célèbre dans l’histoire de l’évêché sous le nom d’Étendard de saint Lambert, ainsi appelé parce qu’il était confié à la garde du chapitre de la cathédrale liégeoise. »

Belgique et Hollande, l’Univers, M. Van Hasselt, Paris, 1844


Personnalités de Liège
Liège avant l’an mille

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Lambert, évêque de Maastricht, est assassiné dans une chapelle de Liège

17 septembre 2008

« Lambert, évêque de Maestricht, naquit vers l’an 640, d’une des plus illustres families du pays de Liège. Il fut élevé par Théodard, prélat aussi instruit que vertueux, et lui succéda, en 668, sur le siège de Maestricht. Childeric II , roi d’Austrasie , le fit venir à sa cour , et se conduisit par ses conseils ; mais après la mort de ce prince, Lambert fut chassé par Ebroïn, et dépouillé de son évêché.

Il se retira dans le monastère de Stavelo, d’où il ne sortit qu’en 681 , pour reprendre l’administration de son diocèse. Il convertit à la foi chrétienne les habitants de la Toxandrie(la Zèlande), et fut assassiné dans une chapelle du village de Liège, le 17 septembre, vers l’an 708, par les ordres de Dodon.

Les historiens varient sur la cause de ce crime; les uns disent que St. Lambert ayant reproché à Pépin d’Heristal, maire du palais , d’avoir répudié Plectrude sa femme , pour épouser Alpaïde, celle-ci détermina Dodon , son frère, à la débarrasser d’un censeur importun. D’autres prétendent que Dodon fit assassiner saint Lambert pour venger la mort de ses deux frères, tués par les neveux du prélat; et ce sentiment est celui qui réunit le plus de partisans.

Liège, le meurtre de l'évêque Lambert

Liège, le meurtre de St-Lambert

La Bibliothèque historique de France n’indique pas moins de quatorze Vies de ce prélat. Les quatre principales ont été recueillies par les bollandistes , et imprimées avec un commentaire de Constant Suysken , sous la date du 17 septembre, jour où l’Eglise célèbre la fêle de ce martyr.

Saint Hubert transféra le siège épiscopal de Maestricht à Liège (en 720), et y fit transporter le corps de saint Lambert, qui fut déposé dans la chapelle où il avait été assassiné. C’est au concours de pèlerins qui venaient de toutes parts visiter son tombeau , que la ville de Liège a dû son accroissement. »

Biographie universelle, ancienne et moderne.., ouvrage rédigé par une société de gens de lettres, Tome 23ème, Paris, 1819


Liège, au VIIIème siècle
La religion à Liège

Pépin le Gros meurt à Jupille (714)

16 décembre 2007

« PÉPIN LE GROS, ou de Héristal, maire du palais des rois de France, était petit-fils de saint Arnould, qui fut depuis évêque de Metz. Il eut pour aieul Pépin le Vieux, ou de Landen, maire du palais sous Dagobert, et fut père de Charles Martel.

Pepin de Herstal, gravure vers 1640Il gouverna l’Austrasie après la mort de Dagobert II en 680. Ebroïn, maire de Neustrie, le battit, mais Pépin lui enleva bientôt la victoire, et se fit déclarer maire du palais du Neustrie et de Bourgogne, après avoir défait le roi Thierry. Il posséda toute l’autorité dans ces deux royaumes, sous Clovis III, Childebert et Dagobert.

Il mourut dans le château de Jupille, près de Liège, le 16 décembre 714, après avoir gouverné 27 ans, moins en ministre qu’en souverain. Il laissa, entre autres enfants, Charles-Martel, tige de la 2è race des rois de France. On lui donna le nom de Héristal ou Herstal, parce qu’il avait fait bâtir un palais et de grandes écuries ( d’où vient le nom de Herstal ), dans la seigneurie de ce nom sur la Meuse, vis-à-vis de Jupille.»

Biographie universelle, ou Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom…, Tome VI, François-Xavier Feller, 1849


Liège avant l’an 1000

Charles-Martel accorde la puissance séculière à l’évêché de Liège

2 novembre 2007

Charles Martel« Charles-Martel, dit l’auteur de la vie de saint Hubert, accorda à l’évêché de Liège la puissance et la juridiction séculières. Jusque-là , les ducs francs avaient exercé les divers droits que les vainqueurs s’étaient arrogés sur les contrées conquises; ce pouvoir passa dans les mains des Maires du palais, qui appartenaient tous à la lignée de Pépin de Landen ; Charles-Martel, entraîné dans une série de guerres qu’avaient nécessitée la défense du royaume et l’indolence de ses chefs fainéants, résigna ce pouvoir en faveur des évêques de Liège. Déjà il avait accompli pareil octroi en faveur du siège d’Utrecht occupé par saint Willibrod (Boniface) ; voici comment il s’exprime :

« Idcirco donamus… omnem rem in fisci ditionibus, quidquid in ipso trajecto castro, tam infra muros, quam a foris, cum omnibus adjacentiis et appendiliis, cum illo pascuo Graveningo, vel quidquid ibi fisci ad praesens esse videtur, omnia et ex rebus totum et ad integrum cum omnia quaesita et inquaesita , etc. …»

Les termes sont explicites : tous les droits concernant l’administration publique sont transportés à la puissance spirituelle ; les qualités de prince et d’évèque sont réunies en une seule personne , à laquelle reviennent la souveraineté et le gouvernement, le principe et l’action. Cette révolution s’opéra peu après l’installation de saint Hubert à Liège (vers 728): il reçut par lettre scellée, la Temporalité.

« II donat la Temporalité à l’Evesque qu’il seroit ausy bien temporel que spirituel par tout son païs… et envoïa lettre scelée de son scel de la donation, etc. » Chron. de Liège.

Telle fut l’origine de la principauté de Liège. »

Études sur l’histoire de Belgique, Louis Gilliodts van Severen, 1853


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