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1533, la peste à Liège

10 septembre 2007

totentanz_1538_holbein.gif« La grande inondation du 2 novembre 1532, indépendamment des ravages immédiats qu’elle exerça, eut des résultats éloignés non moins graves. Les terres imbibées d’eaux salines exhalèrent des miasmes délétères, que les chaleurs de l’été de 1533 vinrent encore activer.

[..] Cette maladie ou une autre que l’on qualifia de peste, éclata également la même année à Huy et se propagea dans la Hesbaie. Erard de la Marck, évêque de Liège , crut pouvoir s’en garantir, en défendant l’entrée de sa ville épiscopale à tout malade et à toute marchandise venant des contrées infectées. Ces mesures n’arrêtèrent nullement la marche de l’épidémie , qui se glissa d’abord dans les faubourgs et ensuite dans la ville de Liège elle-même, où elle fit de nombreuses victimes. La défense concernant les personnes et les marchandises venant d’endroits suspects fut alors renforcée de peines sévères , entre autres, de celle de cinquante ans de bannissement.
Les habitants atteints de la peste, furent placés sous un régime spécial de police : ils devaient porter ostensiblement une baguette blanche longue d’une aune et demie, éviter de s’entretenir avec les personnes saines, ne pas toucher aux eaux publiques et faire toutes leurs lessives dans la Meuse.  »

Fastes des calamités publiques survenues dans les Pays-Bas et particulièrement en Belgique depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Louis Torfs, 1859


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Le 16 ème siècle à Liège

1538, décès d’Erard de la Marck à Liège, prince gourmand aimant le luxe et la gloire

16 février 2007

« C’était un prince magnifique, aimant le luxe et la gloire. Sa gourmandise lui tendit un piège où il fut pris. Le 17 Janvier, après souper, il mangea tant d’huîtres que le lendemain une maladie mortelle se déclara. Elle dura jusqu’au 16 Février, où il rendit l’esprit, tellement amaigri et exténue qu’il n’avait plus, dit Mélart, que la peau et les os.

Il avait règné trente-deux ans, rehaussant par un grand talent d’administration sa double autorité de prince de l’Église et de l’Empire. Il laissait à Liège deux monuments de son régne, un nouveau palais épiscopal, commencé en 1508, achevé après sa mort, et qui subsiste encore en partie, et un magnifique buste de vermeil supportant, richement enchâssée, la relique précieuse appelée le chef de Saint-Lambert. Le visage du saint était émaillé au naturel et parsemé de pierreries. On avait travaille sept ans à ce chef-d’œuvre, et on l’estimait à cent mille écus, « somme prodigieuse, dit Bouille, en un temps où l’on payait la journée d’un manœuvre avec un liard liègeois. »

Liege, le buste reliquaire de St-Lambert

Liege, le buste reliquaire de St-Lambert

Le corps d’Érard fut embaumé puis exposé pendant trois jours à la vénération publique. De son vivant et dès 1527, ce prince s’était fait préparer un tombeau au milieu du chœur de sa cathédrale, et, par une bizarrerie peut-être sans exemple, il avait ordonné en 1530 qu’on célébrât annuellement ses funérailles, fixées au 30 Décembre, jour de son élévation à l’épiscopat, commandant aux bourgmestres et aux échevins d’y assister, et leur allouant pour cela, de même qu’aux chanoines, une bonne rétribution. S’il faut en croire Fisen, il voulait par là protester contre l’impiété des hérétiques et faire savoir au monde qu’il était persuadé de l’existence des flammes du purgatoire. »

Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861

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