Archive for the 'cathédrale' Category

Le droit d’asile à Liège sur les degrés de St-Lambert

6 décembre 2008

« Nos historiens ont souvent parlé des degrés de Saint-Lambert comme d’un lieu d’asile où les criminels pouvaient se réfugier et se trouvaient à l’abri de toute poursuite. Nous ignorons à quelle époque remonte ce privilége, mais il existe aux archives de la province une charte inédite de l’an 1237, où cette franchise est reconnue d’une manière explicite.

Le droit d’asile n’existait pas seulement pour les degrés du temple, il appartenait encore à tous les lieux attenant à la cathédrale, jusqu’à de certaines limites. Grâce à ce privilége, bien des coupables échappèrent sans doute à la justice humaine, mais bien des innocents aussi parvinrent à se soustraire aux ennemis forcenés qui les poursuivaient; nos commotions civiles, si acharnées sur la place du Marché, venaient mourir au pied des degrés de Saint-Lambert. »

Liége pittoresque ou description historique de cette ville et de ses principaux monuments, Matthieu Lambert Polain, Bruxelles, 1842


Liège au 13ème siècle
Droit et justice à Liège

La Cathédrale St-Lambert de Liège est devenue une caverne de voleurs.

4 mars 2008

« Suivant une ancienne coutume, qu’on retrouve encore en certains lieux, la cathédrale de Liège était devenue comme une place publique, où prêtres et laïques allaient et venaient sans gène, se réunissaient pour causer de nouvelles, d’affaires, pour conclure des marchés; le lieu saint était devenu, selon l’expression énergique de Jésus, une caverne de voleurs.

Souvent les évêques avaient essayé de réprimer cette profanation, mais en vain. Cette fois-ci, Groesbeek résolut d’effrayer les récalcitrants par la rigueur de la peine. Il publia un édit portant que tout individu, de quelque condition ou état qu’il fût, qu’on trouverait se promenant, causant ou traitant d’affaires dans le temple de St-Lambert, serait puni d’un jour de prison au pain et à l’eau pour la première fois, outre les châtiments déjà comminés par l’Évéque ou par ses prédécesseurs, et que, pour la seconde fois et les suivantes, il serait puni arbitrairement, selon la gravité du cas, et verrait en outre frapper de nullité tout engagement pris dans ledit temple.

J’ignore si la sévérité de la loi supprima l’abus. Quoi qu’il en soit, Groesbeek fit bien de le combattre, même avec son pouvoir de prince temporel. Sachons-lui gré de ce petit effort pour corriger les mœurs de ses ouailles. »


Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861


Droit et l’administration à Liège
Droit et justice à Liège
Autres billets sur la cathédrale St-Lambert
Le commerce à Liège
Le 16 ème siècle à Liège

à Liège, la quarte canonique

17 février 2008

«Au nombre des droits que la loi canonique attribue à l’évêque et à son église (la cathédrale), et dont plusieurs sont tombés en désuétude depuis longtemps, figure la quarte canonique, droit en vertu duquel l’évêque percevait le quart du total des legs pieux inscrits dans un testament.

Comme on le pense bien, la pratique en était difficile. Peu à peu la coutume s’introduisit , à Liége, de faire, avant tous les autres, un premier legs à la cathédrale de St-Lambert, lequel tenait lieu de la quarte canonique. Cette coutume était également suivie dans le comté de Namur ; mais lorsque notre pays eut son évèque particulier, le legs se fit en faveur de la cathédrale de St-Aubain. Il était de valeur très-minime, et quoiqu’on n’y fût nullement obligé, on le trouve encore dans la plupart des testaments du siècle dernier.»


Cartulaire de la commune de Bouvignes, Jules Borgnet, 1862


La religion à Liège
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Droit et administration à Liège
Liège au 18ème siècle

Les trémoussements des jeunes mariées de Verviers à St-Lambert de Liège

18 décembre 2007

« Les Manans Bourgeois Habitant de Vervier sont obligés d’envoïer tous les ans les douze plus jeunes mariés, la croix de leur paroisse & le tambour de la ville, au Chapitre de St. Lambert de Liège. Le cortège entre à neuf heures du matin dans l’église, les Députés présentent en hommage aux Tréfonciers, de l’or, de l’argent & du cuivre ; ensuite au son du tambour ils dansent une ronde sous une grande couronne de fer blanc qui décore la nef de la cathédrale.

Cette pantomine dure une heure, les jeunes mariées s’y distinguent ordinairement par la vivacité avec laquelle elles font voltiger leurs jupons & Messieurs les Chanoines, présens à la cérémonie, ne laissent point de faire attention à l’élégance de la jambe des sauteuses & peut-être à autre chose que ce trémoussement dévot fait appercevoir.

Le scandale fini, les Députes sortent de l’église, tambour battant, croix levée, vont prendre au marché au bled une mésure de forment, la portent à la troisième arche d’un pont sur la Meuse, la brisent avec le bâton de la croix & la jettent ensuite dans la rivière.

L’origine de cette farce vient de ce qu’autrefois les habitans de Vervier, plus honnêtes gens alors que les nobles bourgeois & manans de Liège, firent une mésure plus grande que celle de Liège, ce qui faisait tort aux Chanoines, dont la mésure était plus petite. L’intérêt donna de l’humeur au Chapître en conséquence il obligea les habitans de Vervier de prouver tous les ans par cette cérémonie que les gens d’église ne pardonnent jamais.  »

Les abus dans les cérémonies et dans les moeurs developpés, Henri-Joseph Du Laurens, 1767


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Liège au 18ème siècle