Posts Tagged ‘évêque’

Lambert, évêque de Maastricht, est assassiné dans une chapelle de Liège

17 septembre 2008

« Lambert, évêque de Maestricht, naquit vers l’an 640, d’une des plus illustres families du pays de Liège. Il fut élevé par Théodard, prélat aussi instruit que vertueux, et lui succéda, en 668, sur le siège de Maestricht. Childeric II , roi d’Austrasie , le fit venir à sa cour , et se conduisit par ses conseils ; mais après la mort de ce prince, Lambert fut chassé par Ebroïn, et dépouillé de son évêché.

Il se retira dans le monastère de Stavelo, d’où il ne sortit qu’en 681 , pour reprendre l’administration de son diocèse. Il convertit à la foi chrétienne les habitants de la Toxandrie(la Zèlande), et fut assassiné dans une chapelle du village de Liège, le 17 septembre, vers l’an 708, par les ordres de Dodon.

Les historiens varient sur la cause de ce crime; les uns disent que St. Lambert ayant reproché à Pépin d’Heristal, maire du palais , d’avoir répudié Plectrude sa femme , pour épouser Alpaïde, celle-ci détermina Dodon , son frère, à la débarrasser d’un censeur importun. D’autres prétendent que Dodon fit assassiner saint Lambert pour venger la mort de ses deux frères, tués par les neveux du prélat; et ce sentiment est celui qui réunit le plus de partisans.

Liège, le meurtre de l'évêque Lambert

Liège, le meurtre de St-Lambert

La Bibliothèque historique de France n’indique pas moins de quatorze Vies de ce prélat. Les quatre principales ont été recueillies par les bollandistes , et imprimées avec un commentaire de Constant Suysken , sous la date du 17 septembre, jour où l’Eglise célèbre la fêle de ce martyr.

Saint Hubert transféra le siège épiscopal de Maestricht à Liège (en 720), et y fit transporter le corps de saint Lambert, qui fut déposé dans la chapelle où il avait été assassiné. C’est au concours de pèlerins qui venaient de toutes parts visiter son tombeau , que la ville de Liège a dû son accroissement. »

Biographie universelle, ancienne et moderne.., ouvrage rédigé par une société de gens de lettres, Tome 23ème, Paris, 1819


Liège, au VIIIème siècle
La religion à Liège

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Liège: La loi Caroline pendant la guerre d’Awans et de Waroux

18 juin 2008

 » La guerre d’Awans et de Waroux continuait toujours avec la même fureur. Des meurtres de toute nature se commettaient à l’abri d’une loi appelée la Caroline, parce qu’on l’attribuait à Charlemagne.

En vertu de cette loi, tout homme accusé d’homicide, s’il n’avait pas été arrêté en flagrant délit, devait être renvoyé absous, dès qu’il jurait sur les Évangiles qu’il n’avait pris, ni directement ni indirectement, part au fait qu’on lui imputait, quelles que fussent d’ailleurs les preuves qu’on pût produire de sa culpabilité. Les pauvres et les petits étaient toujours sûrs d’être punis, tandis que les riches et les grands se réfugiaient toujours derrière la Caroline, qui leur assurait l’impunité.

Les murmures du peuple réclamèrent contre cette injustice. L’évéque, pour faire droit aux petits, convoqua une assemblée des notables du pays, et chargea le mambour qu’il avait nommé pour le remplacer pendant son absence, et pour l’assister dans le gouvernement, de punir les assassins et les meurtriers, sans distinction de pauvres ni de riches. Mais le mambour continuait à favoriser les nobles, et les brigandages se renouvelèrent avec plus d’acharnement que jamais.

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Alors l’évêque, voyant que les voies de la justice étaient impuissantes, se mit a la tête du peuple, et fit démolir et brûler sous ses yeux les maisons des coupables. Cependant Adolphe de la Marck ne tarda pas à se voir débordé par la caste dont il s’appliquait à réprimer les odieux emportements. Il chercha donc une force nouvelle dans une alliance qu’il conclut avec le duc de Brabant contre tous ceux qui les attaqueraient, excepté les rois de France et d’Angleterre, et le comte de Flandre. Le duc prêta même à l’évêque une somme d’argent, sur la part indivise que celui-ci avait dans la ville de Maestricht.

Mais Adolphe ne fut heureusement pas réduit à se servir des moyens dont cette alliance lui permettait de disposer; car la guerre intestine avait tellement épuisé le pays, que les deux partis désiraient ardemment la paix. Cette paix,qui fut conclue à Fexhe, le 18 juin 1316, devint désormais pour l’Etat une charte qui définissait les droits de tous les citoyens, ainsi que les droits du prince. Elle fut solennellement jurée par l’évéque, par le chapitre, par les maîtres de la cite, par les échevins, et par les chefs des métiers.  »


L’Univers: histoire et description de tous les peuples: Belgique et Hollande, M. Van Hasselt, Paris, 1844


Liège au 14ème siècle
Droit et administration à Liège
Droit et justice à Liège

Le peuple de Liège défait le château des seigneurs

13 mars 2008

«Liége, assise au travail sur sa triple rivière, est, comme on sait, dominée par les hauteurs voisines. Les seigneurs qui y avaient leurs tours, qui d’en haut épiaient la ville, qui ouvraient ou fermaient à volonté le passage des vivres, lui étaient justement suspects. Un matin, la montagne n’entendait plus rien de la ville, ne voyait ni feu ni fumée ; le peuple chômait, il allait sortir, tout tremblait. Bientôt en effet, vingt à trente mille ouvriers passaient les portes, marchaient sur tel château, le défaisaient en un tour de main et le mettaient en plaine; on donnait au seigneur des terres en bas, et une bonne maison dans Liége.

C’est ce qui arriva au chevalier Radus. Au retour d’un voyage qu’il avait fait avec l’évêque de Liége, il chercha son château des yeux, et ne le trouva plus :
« Par ma foi! s’écria-t-il, sire évêque, ne sais si je rêve ou si je veille, mais j’avois accoutumance de voir d’ici ma maison sylvestre, et ne l’aperçois point aujourd’hui.
— Or, ne vous courroucez, mon bon Radus, répliqua doucement l’évêque ; de votre château, j’ai fait faire un moustier ; mais vous n’y perdrez rien. « »


Histoire de France, Jules Michelet, 1861

Un tribunal dans l’église de Notre-Dame- aux-Fonts à Liège

10 mars 2008

« [..] La séance de ce tribunal était fixée aux samedis, dans l’église de Notre-Dame-aux-Fonts à Liège. L’évéque devait y présider lui-même, revêtu de ses habits pontificaux ; à côté de lui un magistrat, prœtor, armé , se tenait debout avec quelques vassaux de l’église de Liège. Ils jugeaient entre autres des causes de rapt, de violence , de vol public, d’incendie, de contravention à la trêve et de destruction d’arbres fruitiers.

Tous les diocésains, quand ils avaient été cités, étaient obligés de comparaître en personne devant ce tribunal. Les ecclésiastiques n’étaient cependant pas soumis à sa juridiction , ni les princes qui avaient concouru à l’établir. Ces derniers conservaient par conséquent le droit de se faire mutuellement la guerre au détriment des peuples. Les accusés qui, cités sept fois, ne se présentaient point, ou ne légitimaient pas leur absence par des motifs valables , étaient déclarés infâmes au son de la cloche de l’église de Notre-Dame , et ensuite bannis de tout le diocèse après avoir été excommuniés.

Un absent ne pouvait y faire citer personne ; mais il était permis au clergé et aux femmes, ainsi qu’aux impubères, d’y porter leurs plaintes par des fondés de pouvoir. Quand il s’était présenté des causes , l’évêque tenait le lendemain (le dimanche) une séance dans son palais pour les examiner.

Mais il était au choix de l’accusé de tenter les voies de droit, et alors son affaire était remise au jugement de deux vassaux de l’église de Liège, pour en décider selon les lois ou vider la querelle par le duel. Dans ce dernier cas il recevait une épée du mayeur, prœtor, et avant les six premières semaines écoulées, les deux champions, couverts d’une armure peinte en rouge, armis tecti miniatis, devaient se battre dans un champ de vingt pieds carré. Celui qui terrassait son adversaire était réputé innocent ; car, par une persuasion téméraire , l’issue de ces combats était regardée comme un témoignage de la divinité en faveur de l’innocence, d’où leur est venu le nom de jugement de Dieu


Godefroid de Bouillon, chroniques et légendes, 1095-1180, J. Collin de Plancy, Bruxelles, 1842


Droit et justice à Liège
Liège au 12 ème siècle