Trois prêtres incarcérés dans les souterrains de St-Lambert

12 octobre 2012

Au commencement de mars 1793 au moment où les débris de l’armée de la république française battue à Attenhoven, repassait par Liège, trois malheureux prêtres français qui s’étaient émigrés dans cette ville furent arrêtés par leurs compatriotes et condamnés à être fusillés. Pendant vingt quatre heures ils furent incarcérés dans les souterrains situés, sous l’horloge de St.-Lambert; là ils purent compter non seulement les heures mais même les minutes qui leur restaient, la vie leur échappait ainsi goutte à goutte, et ces innocentes victimes seconde par seconde, se sentaient poussés par la main du temps vers l’éternité.

L’heure fatale ayant sonné, ces infortunées victimes furent fusillées et leurs corps jetés dans les fossés des prisons de St.-Léonard.

Par une coïncidence assez particulière, ce fut peu de jours après ce déplorable événement qu’on cessa d’entendre sonner les cloches et l’horloge de St.-Lambert, alors l’aiguille devenue immobile sur son cadran ne tint plus compte du temps qui s’écoulait ; elle semblait se refuser à marquer un présent qui contrastait d’une manière trop pénible avec tant d’heures heureuses, que pendant de longues années elle avait indiquées aux Liégeois.

Essai historique sur l’ancienne Cathédrale de St-Lambert à Liége.., Xavier van den Steen de Jehay (baron), Liège, 1846