Archive for the 'citadelle' Category

Foule à la citadelle de Liège pour une élévation en ballon

23 novembre 2010

« Je conduisais dans mes équipages un ballon cylindrique propre à élever seulement une personne. Arrivé à Liège, où je reçus l’ordre de séjourner, je crus devoir faire l’essai de ce ballon, qui avait été établi contre mon gré. Je construisis un fourneau pour le remplir, et je me fis élever à 100 toises dans la citadelle.

Les cordes d’ascension étaient fixées sur chacun des deux grands côtés ; mais une des extrémités du cylindre se présenta au vent comme lui opposant une moins grande résistance. Les deux cordes alors se rapprochèrent de cette partie du cylindre, et le ballon ne fut plus retenu par son centre.

L’autre partie, sous le vent, en reçut un mouvement pendulaire qui porta alternativement la nacelle sur chacune des deux cordes, ce qui rendait l’observation non- seulement impossible, mais dangereuse. Tous les spectateurs furent effrayés ; une foule d’habitants, qui m’avaient témoigné un grand intérêt, accoururent à la citadelle.

Lorsque je fus bien assuré par l’expérience qu’il n’y avait aucun moyen de s’en servir, je donnai le signal d’arriver, et bientôt après j’expédiai le ballon pour Meudon. »

Ballons: histoire de la locomotion aérienne depuis son origine jusqu’à nos jours, Julien Turgan, Paris, 1851.


Sciences et techniques à Liège

Publicités

Les Liégeois dansent le cramignon à la St-Henri

15 juillet 2008

A Liége, la fête de saint Henri, patron de la citadelle, était presque tout aussi impatiemment attendue que le 1er mai.
Une procession magnifique circulait à travers les allées de verdure escortée par un régiment de vieux soldats, drapeaux déployés; suivait la grande messe « en musique, » ensuite un repas qui pouvait passer pour splendide, comparativement à la frugalité de la vie ordinaire, et finalement on courait à la danse. Car c’était le jour, où le « cramion », cette danse favorite des Liégeois qui ne manque à aucune fête, jouissait de la plus grande vogue. Tous les rangs et tous les grades s’y confondaient, le général aussi bien que le soldat répétait en dansant avec les autres le joyeux refrain de :

« Vive ly fiesse, ly joleie fiesse, vive ly fiesse dy sint-Hinry ! »

Calendrier belge, fêtes, usages, croyances et pratiques populaires, baron de Reinsberg-Düringsfeld, Bruxelles, 1862


Fêtes et traditions à Liège

Liège, les Liégeois dansent le cramignon

Liège, les Liégeois dansent le cramignon

donation des Vieux-Joncs de Liège à l’Ordre teutonique

18 novembre 2007

Lettres de Hugues, évêque de Liège, constatant la donation faite à l’Ordre teutonique du lieu dit de Vieux-Joncs, avec toutes les terres circonvoisines, par Mathilde, abbesse de Bilsen, et son chapitre, conjointement avec le comte de Looz.

Tour Des Vieux Joncs à Liège1220. Hugues, par la miséricorde divine évêque de Liège. À tous fidèles Chrétiens, tant présens qu’à venir. Scavoir faisons que Mechtilde, abbesse de Belize, avec son chapitre, et conjointement Arnould, comte de Looz, ont donné la chappelle dite aux Joncs, avec ses appendices et appartenances à perpétuité à l’hôpital de la maison des Chevaliers teutoniques, es quartiers d’Outre-Mer, et ce en subside d’iceux qui mènent la guerre pour l’honneur de Dieu, et ont soin pour les infirmes et malades; étant requis, comme de raison, d’y donner notre consentement, avons volontiers et de bon cœur, afin que cette donation soit ferme et stable, et à toujours perdurable, à cecy condescendu, et signé cet écrit tiré de l’original de la donation prédite, et scellé de notre sceau ; tenant pour bonne et valide la donation que ladite abbesse et comte en ont faite.

Témoins les souscrits : sire Sigisfride, archevesque de Mayence, sire Engelbert, archevesque de Cologne, sire Théodore, archevesque de Trêves, sire Conrard, évesque de Metz et chancelier de la Cour impériale, sire Ekkelberg, évesque de Lemberg, Henri, duc de Brabant, Louis, comte palatin du Rhin, duc de Bavière, Louis, landt- grave de Thuringe, Gérard, comte d’Ara, Henri, comte de Seine.

Notice historique sur l’ancienne grande Commanderie des Chevaliers de l’ordre teutonique, dite Vieux-Joncs, M J Wolters, 1849

Autres billets sur le patrimoine religieux à Liège
Liège au 13ème siècle

Panorama de Liège depuis le pied de la citadelle, par Alexandre Dumas

13 novembre 2007

« Ainsi, de ce point situé au pied de la citadelle, j’avais, à mon extrême gauche, Herstal, le berceau des rois de la seconde race, où naquit Pépin le Gros, père de Charles Martel et grand-père de Pépin le Bref, et à mon extrême droite, le château de Ranigule, d’où Godefroy de Bouillon partit pour la Terre-Sainte.

Liège, St-Barthelemy

Liège, St-Barthelemy

Puis, encadrés entre ces deux grands souvenirs, toujours en allant de gauche à droite, du nord à l’ouest au delà de l’Ourthe, le point d’où Boufflers bombarda la ville en 1691 : puis, de ce côté de la Meuse, presqu’à mes pieds, au bout de la rue Hors-Château, l’église de Saint-Barthélémy, la plus vieille de Liège ; puis en reportant mes yeux sur l’Ourthe, le pont d’Amercœur, où le duc de Bourgogne fit jeter les bourgeois révoltés, et qui a gardé de ce triste fait son nom douloureux.

Au delà de ce pont, le faubourg d’où Dumouriez,en 92, délogea les impériaux, et que ceux-ci brûlèrent en se retirant, et qui, rebâti par le premier consul, conserva quelque temps le nom de faubourg Bonaparte, puis reprit celui de faubourg d’Amercœur, la vieille catastrophe ayant laissé plus de souvenir que le bienfait récent : puis sur le quai, au-dessous de l’église Saint-Barthélémy, la maison du seigneur Curtius, avec ses trois cent soixante-cinq fenêtres, son œsopée complète, et sa tradition diabolique.

Le palais de justice, autrefois le palais du prince évêque, avec sa belle cour entourée de colonnes du XIVe siècle, et son portail de Guillaume de Lamark, le fameux Sanglier des Ardennes, sculpté sur le quatrième pilier à droite, en entrant par la place Saint-Lambert. Puis, en plongeant au delà de l’Université, entre le séminaire et le faubourg d’Avroy-Saint-Jacques, la merveille de Liège, avec son architecture à la fois gothique et arabe, Saint-Paul, devenue cathédrale depuis 1793, époque à laquelle elle a succédé à Saint-Lambert, l’ancienne métropole, qui tomba comme tombaient les reines en ce temps-là, abattue par le peuple.

Saint-Jean et sa tour byzantine, la maison de Warfusée, de sanglante mémoire, dont il ne reste, derrière la Meuse, que la poterne par laquelle entrèrent les Espagnols. Sur la même ligne et au delà du faubourg Saint-Gilles, les bénédictins de Saint-Laurent, qu’il ne faut pas confondre avec ceux de Saint-Maur, les derniers, fameux par leurs chroniques
historiques, et les premiers par leur chronique scandaleuse.

Puis l’église Saint-Martin ; la première où, sur la prière d’une religieuse nommée sœur Julienne, qui avait rêvé voir la lune partagée en deux, le pape permit l’institution de la Fête-Dieu, qui se répandit sur tout le monde chrétien, et qui ne s’est encore retirée que de France. Enfin, la maison de campagne où l’évêque Henry de Gueldre se vantait d’avoir fait vingt-neuf bâtards en une année, et qui de cette prouesse monacale a conservé le nom de bâtarderie. »

Impressions de voyage, Alexandre Dumas, 1851

Dumas à Liège, autres billets
Autres billets sur la description de Liège
Ecrivains à Liège, autres billets
Liège au 20ème siècle