Archive for the 'Outremeuse' Category

Discussion du budget pour la Dérivation de la Meuse à Liège

6 juin 2008

 » La discussion du budget des travaux publics se prolongea pendant seize séances (*), dont une grande partie fut absorbée par la dérivation de la Meuse et par le chemin de fer direct de Gand à Bruxelles. La Chambre admit, à la majorité d’une voix, des dispositions qui consacraient le principe de ces deux grands travaux : mais, au second vote et par les efforts énergiques du ministère, elle revint, également à une faible majorité, sur sa première décision. Ce qui n’empêcha pas ces projets de se réaliser plus tard, mais dans de moins bonnes conditions pour le Gouvernement. En effet, en ce qui concernait la dérivation de la Meuse, le devis ne s’élevait alors qu’à 4,000,000 de francs, la ville de Liège intervenant pour 1,000,000 et la province pour 200,000 francs. En 1851, la Meuse reparut avec ses effrayantes inondations et avec ses immenses besoins; ce qui fit donner à ce travail le nom de : « Dérivation du Trésor public dans la Meuse. » Mot exagéré, comme beaucoup de ceux dont se servent les oppositions.  »

(*) Annales parlementaires, 1846-1847.

Du gouvernement représentatif en Belgique, 1831-1848, Ernest Vandenpeerenboom, Tome Second, Bruxelles, 1856


Liège au 19ème siècle
Droit et administration à Liège

Pecheurs le long de la dérivation à Liège

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Différentes prononciations du Wallon Liégeois

23 octobre 2007

 » [..] une dernière remarque générale, qui se rapporte à la prononciation. Celle-ci diffère selon les diverses localités, et les modifications de l’accentuation sont telles que presque chaque village a une manière de parler qui lui est propre.
A Liège même, différents quartiers ont des nuances de sons complètement étrangères l’une à l’autre, et un habitant de la rive gauche de la Meuse n’a pas besoin d’avoir une oreille fort exercée pour reconnaître au premier abord un habitant de la rive droite, à la manière traînante dont il appuie sur les mots.
Ceux-ci subissent quelquefois une altération plus profonde. C’est ainsi que dans une partie de l’ancien marquisat de Franchimont mohonn se prononce manhon; femm, famni; drap, drèp.
A l’ouest de Liège, à Ans, par exemple, la prononciation diffère encore. On y substitue en général l’â à l‘a simple: effan se prononce effâ.
C’est le contraire dans le quartier d’Outre-meuse: la prononciation y est âpre, rude, fortement gutturale. L’esprit satirique populaire a même inventé un exemple burlesque pour faire sentir cette différence. A Liège on dit : On blankih à Si. D’nih pô lez moh k’on chi dri l’ouh. Outre-meuse rend cette phrase de cette manière : On blankik à St. D’nik, pô lez mok k’on chi dri l’ouk. Là, on dit colon (pigeon ) ici colank; et cette substitution de l’a à on se reproduit ordinairement.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


Autres billets sur le Wallon Liégeois
Liège au 19ème siècle

Santé publique à Liège, 1831

3 octobre 2007

« Quoique la situation de la ville de Liège ne soit pas malsaine; cependant l’impétuosité des vents dominans et les inondations donnent lieu à un certain nombre de maladies que l’on remarque surtout dans la partie basse de la ville, composèe des quartiers d’Outre-Meuse ou de l’Est, du Nord et du Sud. Le quartier de l’Ouest, au contraire, occupant la partie élevée de Liège, offre un séjour bien moins insalubre. La malpropreté qui règne généralement dans le quartier d’Outre-Meuse, jointe à la mauvaise distribution des rues, qui sont étroites et presque écrasées, ne contribue que trop efficacement à la stase de l’air, dont le renouvellement est si précieux, surtout dans les endroits populeux. Aussi voit-on dans ce quartier un très-grand nombre de scrofuleux et de rachitiques, outre une foule d’individus d’une constitution languissante dont la pâleur constante accuse l’absence d’un air pur.

Dans la classe ouvrière les maladies qui ont été le plus généralement observées à Liège sont : la péritonite, les dartres et l’anémie, surtout chez les personnes employées dans les exploitations de houille, et les fonderies en zinc et en fer.

Liège, usine de zinc de St-Léonard

Liège, usine de zinc de St-Léonard

Plusieurs savans observateurs ont appelé l’attention sur le canal de la Sauvenière, d’où s’exhalent des miasmes pendant les chaleurs de l’été; il est à présumer que des mesures ont été prises pour mettre les habitans à l’abri de cette fâcheuse influence.

Dictionnaire géographique de la province de Liége, Baron Edmond de Selys-Longchamps, 1831

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