Archive for the 'charbon' Category

Les Liégeois , « têtes de houille »

18 mai 2008

« Liège, en latin Leodum ou Leodicum – était une ville créée par les Mérovingiens au confluent de la Meuse et de l’Ourthe. Hérissé de hauts fourneaux, son territoire était par ailleurs creusé de mille galeries souterraines d’où l’on extrayait du charbon de pierre, appelé houille, sorte de matière noire qui avait l’apparence d’une pierre luisante et qui avait valu aux indigènes le sobriquet de « têtes de houille » dont, du reste, ils s’enorgueuillissaient.

L’habitude de ronger le sous-sol avait fait des Liégeois d’excellents sapeurs, fort recherchés par les armées pour renverser par en dessous les murailles des châteaux. Paradoxalement, le fait de passer leurs journées dans des galeries dégorgeant une gange nauséabonde n’altérait en rien l’humeur de ces gens-là. Ils étaient, par nature, primesautiers. Mais également inconstants, capables de sautes d’humeur aussi peu prévisibles qu’une pluie d’été. Et aussi fanfarons que chaleureux.  »


Le Manuscrit de la Giudecca, roman, Yvon Toussaint, Fayard, 2001


Liège et les écrivains
Le caractère Liégeois

Les exportations de fonte Liégeoise vers l’Allemagne ont fortement chuté

18 mars 2008

« Les hauts fourneaux de Liège ont perdu leur important débouché de l’Allemagne depuis que les fourneaux de la
Ruhr ont des moyens de communication qui leur amènent à des conditions favorables, sur leur bassin houiller, les
riches minerais du Nassau et de Siegen. Si l’on ajoute à cela que le charbon ne se vend sur la Ruhr que 6 à 7 fr.
50 c. les 1,000 kilogrammes, on comprendra comment il se fait que la Belgique qui expédiait dans le Zollverein
49,612 tonnes de fonte en 1858, a vu ses exportations se réduire à 24,408 tonnes en 1859, à 8,851 tonnes en 1860
et 5,835 tonnes en 1861. Et si les droits d’entrée en Prusse ne sont pas réduits, comme le demandent les producteurs liégeois, ils peuvent s’attendre à la perte complète de ces marchés. »

Annuaire de l’économie politique et de la statistique pour 1864, Guillaumin (Gilbert-Urbain), Joseph Garnier, Maurice Block, Paris, 1864


Autres billets sur l’industrie à Liège
Liège au 19ème siècle
Le commerce à Liège

La houille est exploitée en province de Liège depuis la fin du XIIè siècle.

5 novembre 2007

« La houille est exploitée en grand dans la province de Liège depuis la fin du XIIe siècle, en 1198; mais il paraît très-vraisemblable qu’elle a été connue en 1049, et peut-être encore avant. On attribue généralement la découverte de la houille à un paysan de Plainevaux, nommé Hullos, d’où certainement le mot houille, en latin huila, est tiré. Cette découverte fut faite, à ce qu’il paraît, dans les environs du Val-St-Lambert.

Liège, houillère St-Gilles, 18e siècle

Liège, houillère St-Gilles, 18e siècle

La houille est la plus grande richesse minérale de la province de Liège. Aussi y compte-t-on 106 houillères qui occupent plus de 12,000 ouvriers.
La quantité de houille livrée au commerce, en 1828, par ces précieux établissemens, s’est élevée à 576,706,860 kilogrammes. Dans ce produit annuel, les 6 houillères du quartier de Seraing figurent à elles seules pour 107,555,600 kilogrammes. On ne comprend pas dans cette évaluation la grande quantité de houille qui est consommée pour le service de ces exploitations.
Une partie de cette immense quantité de combustible se consomme dans la province, soit au service des usines, soit aux usages domestiques; l’autre partie s’exporte dans les autres provinces, et principalement dans celles de Limbourg, du Brabant septentrional, de la Hollande, etc. .  »

Essai sur la constitution géognostique de la Province de Liège, C.J. Davreux, 1829-1833


Autres billets sur les mines de Liège
Liège au 12ème siècle

Le travail des enfants dans les mines de Liège

16 septembre 2007

« Le décret impérial du 3 janvier 1813, qui fixe à 10 ans l’âge d’admission des enfants dans les mines, a conservé sa force en Belgique. L’administration tient la main à sa stricte exécution; et dans les houillères de la province de Liège, il est rare même de trouver des ouvriers âgés de moins de 12 ans.

Dans cette même province, les enfants de 12 à 15 ans forment à peu près le cinquième de la population ouvrière vouée au travail des mines; ceux de 12 à 18 ans, environ le quart.

Liège, charbonnage

Liège, charbonnage


Dans la province de Liège, les filles sont employées presque exclusivement aux travaux de la superficie. D’ordinaire, elles ne descendent pas dans les fosses avant l’âge de 15 ans. Cependant dans le bassin de Mons elles y travaillent au même âge que les garçons.

Enfant mine

Le travail de ceux-ci consiste principalement à traîner le charbon dans les travaux sur des traîneaux ou de petits waggons; quelquefois les galeries par où ils doivent passer sont si étroites et si basses qu’ils doivent se plier en deux ou même ramper sur les pieds et sur les mains pour pouvoir y passer. La fort tâche qu’on leur impose les oblige à marcher très vite, et même à courir, dans cette position gênante. »

De la condition physique et morale des jeunes ouvriers et des moyens de l’améliorer, Éd. Ducpetiaux,… 1843


lettre à propos du travail des enfants dans la mine à Liège
Autres billets sur les mines, ici
Liège au 19ème siècle