Archive for the 'musique' Category

Le célèbre pianiste Liszt de passage à Liége (1840)

12 octobre 2008

« Le célèbre pianiste M. Liszt a passé jeudi dernier par notre ville pour se rendre en Allemagne ; il a logé à l’Hôtel de l’Europe. On a essayé de l’engager à se faire entendre dans un concert que l’on se proposait d’organiser pour le surlendemain, mais des engagements antérieurs réclamaient sa présence à Hambourg.

Franz Liszt

Franz Liszt


Il a témoigné ses plus vifs regrets de ne pouvoir accepter, pour le moment, les propositions qui lui étaient faites avec instances et empressement. Nous pouvons toutefois assurer aux dilettanti de notre ville qu’à son retour de Hambourg , vers la fin de novembre prochain, M. Liszt se propose de donner un grand concert à Liège.

Nous aurons donc enfin le bonheur d’entendre et d’admirer ce talent si extraordinaire, dont la renommée a surpassé tant de gloires dans le monde musical. »


Revue et gazette musicale de Paris, novembre 1840


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Procès autour du coeur de Grétry

29 mars 2008

« Peu de temps avant sa mort,le célèbre compositeur Grétry avait témoigné le vœu que son coeur fût remis à la ville de Liège, comme preuve du sincère attachement qu’il avait conservé pour sa ville natale.
Son héritier et neveu par alliance écrivit aux magistrats de Liège qu’il était tout disposé à accomplir les volontés de son oncle. Les événements politiques ne permirent pas de s’occuper sans délai de cette affaire. Provisoirement, le coeur fut déposé dans un petit monument à l’Ermitage de Montmorency.
Liège, la statue de Grétry
Au bout de quelques années, les magistrats de Liège réclamèrent le don qui leur avait été fait. Mais alors les dispositions du neveu étaient changées : il attachait le plus grand prix à conserver le cœur de l’artiste célèbre, dont le nom répandait une sorte de prestige sur sa maison de campagne. De là procès de la part de la ville de Liège, qui confia sa cause à Hennequin. II semble que la question de droit et le sujet même offraient peu de ressources au talent. Mais le défenseur sut en découvrir. Il débuta par une biographie pleine d’intérêt du célèbre compositeur; il fut ingénieux, enjoué, dans l’exposé des faits; il établit par une série de preuves habilement enchaînées le bon droit de la ville de Liège. La cour rendit un jugement en sa faveur. »

Nouvelle biographie universelle générale, publ. sous la direction de Mr le Dr Hoefer, Tome 23, Paris, 1858


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L’opéra de Jean Noël Hamal en patois de Liège

12 mars 2008

« A dater de 1757 à 59, Jean Noël Hamal, maître de chantres ou de chapelle de St.-Lambert, fit exécuter dans de brillants concerts, à l’Hotel-de-Ville d’abord, le premier acte de son opéra Li Voëge di Chôfontaine. Il eût un succès qu’on nommerait aujourd’hui de pyramidal. Les deux actes ainsi que les trois parties du Ligeois egagî, li Fiess di Hoût si Ploût et les Ipocondes, furent entendus, vivement applaudis, et répétés dans huit ou dix concerts successifs.

Ce que le patois de Liége a de mordant, de pittoresque et d’expressions intraduisibles, prêtait singulièrement à la musique originale et toute de situation du compositeur. Plusieurs de ces airs, arrivés par tradition, sont encore dans la mémoire de beaucoup de nos compatriotes: les partitions sont en partie incomplètes ou égarées.

Il est fâcheux que l’auteur, qui s’était donné tant de peine, n’ait pu faire représenter au théatre ses quatre opéras; mais le patois dans lequel ils sont écrits, était un obstacle invincible pour des acteurs français.  »


Scénologie de Liége, ou Lettre sur les théatres et leurs modifications …, Frédéric Rouveroy, 1844


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Grétry et Napoléon

11 mars 2008

«Grétry vit Napoléon dans toute la splendeur de son règne ; et sa lyre, toujours si mélodieuse, resta muette aux accents de la flatterie. Loin de chercher à fixer l’attention du monarque, il s’attachait à fuir ses regards ; et quand l’œil pénétrant de cet aigle à qui rien n’échappait eut découvert sa retraite, et que ses faveurs vinrent l’y chercher, Grétry, toujours lui-même, eut assez d’orgueil et de courage pour refuser Napoléon.

L’Empereur, ayant assisté à une représentation de la Caravane en fut tellement satisfait qu’il voulut voir Grétry. Après l’opéra, il lui exprima tout le plaisir que la musique de cet ouvrage lui avait causé, et lui proposa de le nommer inspecteur général du chant, sinécure qu’il créait pour lui, et que le roi Charles X fît revivre pour récompenser les talents du célèbre Rossini. Grétry, voyant dans celte faveur un lien qui peut-être enchaînerait son indépendance, répondit à l’Empereur que ses travaux ordinaires absorbaient tout son temps, et ne lui permettaient pas d’accepter.

Grétry fut membre de l’Institut de France, de la Légion d’honneur, des académies de Bologne et de Stockholm ; ce sont les seules dignités qu’il consentit à recevoir.»


Dictionnaire d’éducation: ou choix d’exemples et de faits puisés dans l’histoire ancienne et moderne, M. Delacroix, 1847


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