Archive for the 'Charles' Category

Le Perron de Liège est emmené à Bruges

31 octobre 2007

le Perron de Liège

Liège, le Perron

« Aprez la concqueste de la cité de Lyege faite par le duc de Bourguoigne, comme dit est, il fist prendre une coullompne, qu’ilz appelloient le Perron ‘, moult richement ouvré. Si le fist porter à Bruges et mettre ou plus parant lieu de la ville, c’est à scavoir en la place des marchans, qu’on dist la Bourse, adfin de memoire perpetuele de sa dite concqueste, et que, par ce, feust divulguée en toutes les parties de la crestienneté ; car en ycelle ditte ville de Bruges repairent diverses nations de gens. Et autour dudit Perron fut escript :

Je feus le Perron de Liège,
Que le duc Charles a concquis ;
J’estoie signe que Liège
Estoit vierge, et le pays.
Or ne soit homs esbahis
Se je suis ycy pour memore :
Le puissant duc m’y a mis
En signal de sa victore.  »

Anchiennes cronicques d’Engleterre, Jehan de Wavrin


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Liège au 15ème siècle

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Charles le Téméraire a mis le siège devant la ville…

27 octobre 2007

charles_le_temeraire_en_chevalier.jpg« Un prince puissant a mis le siège devant une ville de 120,000 âmes. La plupart des défenseurs de la cité sont morts au pied des remparts, et les survivants ont pris la fuite pour se soustraire à l’atteinte de l’ennemi victorieux. Celui-ci franchit la brèche dans l’appareil de la force et du triomphe.
Les prêtres, les moines, les femmes, les vieillards, les enfants se pressent dans les rues et implorent à genoux la clémence du vainqueur; mais, l’œil enflammé par la haine, les traits contractés par la colère, le prince traverse cette foule suppliante sans daigner la regarder, et se dirige lentement vers la place de l’hôtel de ville. Arrivé devant l’édifice où, la veille encore, siégeaient les magistrats qui avaient bravé ses ordres, il s’arrête, tire son épée et pousse un cri de triomphe. C’était le signal du massacre d’un peuple désarmé !

Quarante mille bourreaux, dignes soldats d’un tel maître, se dispersent dans toutes les directions. Le meurtre, le viol, le pillage, tous les crimes s’accomplissent impunément à la lumière du soleil. Un immense cri de détresse s’élève des maisons, des monastères, des églises, de tous les lieux où les familles des vaincus ont vainement cherché un asile. Des ruisseaux de sang inondent les rues, et bientôt trente mille cadavres attestent l’éclatante vengeance du vainqueur.

Mais celle vengeance n’est pas satisfaite encore! On réunit les survivants par dizaines, par vingtaines. On lie les enfants aux mères, les époux aux épouses, les vieillards aux
derniers représentants de leur race, et, du haut des ponts, on précipite ces fardeaux vivants dans le fleuve. Est-ce assez d’horreurs, assez de crimes? Non.

La cité rebelle reste debout, et elle doit partager le sort de ses habitants. On dépouille les sanctuaires, on enlève les cloches des temples, on arrache le plomb des édifices, on brise les marbres des tombeaux pour s’emparer des métaux dont ils sont ornés; puis, quand il n’y a plus de richesses à prendre, quand de longues files de chariots ont emporté jusqu’aux poutres des toits, quatre mille soldats reçoivent des torches et deviennent les exécuteurs d’une dernière vengeance.

Le tigre couronné se retire alors; il se place sur une colline pour jouir de la vue des flammes qui s’élèvent, comme une montagne de feu, du sein de celle immense fournaise ! Quel est ce prince? Charles le Téméraire. Où se sont accomplies ces horreurs? A Liège. A quelle époque? A la fin du XVme siècle de l’ère chrétienne!

« Qu’on ne parle pas de pardon », disait le Bourguignon. « Maître, par le droit de la guerre, de la vie et des biens de cette race de rebelles, je puis les châtier à plaisir » « 

Bulletins de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 29è année, ser.2, tome.9, 1860


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