Archive for the 'Chartreuse' Category

Attaques sur Esneux, Sprimont et la Chartreuse de Liège (1794)

18 septembre 2008

« Le général Jourdan, par des motifs qui ne sont point encore bien connus, avait laissé son armée dans l’inaction pendant le mois d’août ; mais ayant été renforcé par la division Schérer, qui venait de terminer son opération de la reprise des quatre places frontières , et devant exécuter le mouvement combiné avec l’armée du Nord, ce général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse attaqua les Autrichiens les 17 et 18 septembre.

On a pu remarquer combien la position de ces derniers était étendue. Leur ligne tenait de Ruremonde à Sprimont et Esneux. Le général Kray, posté sur la rive gauche de la Meuse, couvrait la place de Maëstricht. D’abord героussé jusque sous le canon de cette forteresse, le général autrichien ayant reçu quelques renforts, reprit bientôt sa position. Dès le 14, la droite et le centre de l’armée française avait forcé le passage de la rivière d’Ourte à Durbuy et Comblain-Pont. Le 18, les Français passèrent l’Aywaille, rivière assez escarpée, sur quatre colonnes, depuis le bourg du même nom jusqu’à Esneux , tandis que l’aile gauche inquiétait les Autrichiens sur leur centre et sur leur droite.

Carte:Les Dix-Sept Provinces des Païs-Bas ou Théâtre de la Guerre dans les Pays-Bas, Chez Dezauche, Paris, 1794, extrait.

Carte:Les Dix-Sept Provinces des Païs-Bas , 1794


Ce mouvement avait pour but d’attaquer les troupes aux ordres des généraux Alvinzy et Latour, formant la gauche de l’armée ennemie. La division Marceau marcha sur Esneux, celle du général Bonnet sur Sprimont, et le général Schérer se dirigea sur Chartreuse, près de Liège. Ces trois attaques bien combinées, et menées avec beaucoup d’intelligence , eurent le succès qu’on devait attendre de la bravoure française. La position de la Chartreuse fut abandonnée par les Autrichiens , après quatre heures d’un combat opiniâtre.

Deux mille hommes restés sur le champ de bataille , douze cents prisonniers, trente-cinq pièces de canon, deux cents caissons et fourgons , cinq drapeaux , tels furent les résultats de cette journée, qui força les Autrichiens, après quelques autres engagemens peu meurtriers , à se replier sur Juliers, derrière la Roër, après avoir jeté dix bataillons dans Maëstricht.  »

Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français, Charles Theodore Beauvais de Preau, Tome troisième, Paris, 1817.


Guerres et batailles à Liège
Liège au 18ème siècle

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La nouvelle Chartreuse de Liége

15 février 2008

«La nouvelle Chartreuse de Liége, le plus beau couvent moderne de cet ordre en Belgique, datait aussi de 1705 ; elle avait remplacé les bâtiments antérieurs, détruits dans le siége de la ville par les Français en 1691, et qui n’avaient rien de remarquable. La gravure ci-jointe nous dispensera d’en décrire l’extérieur. Quant à l’intérieur de l’église, rasée avec les cloîtres au commencement de ce siècle, tout ce que nous en apprend l’auteur des Délices du pays de Liége, la seule autorité qu’il nous soit donné d’invoquer pour ce monument, c’est que la voûte était ornée dans toute son étendue de médaillons de la plus fine sculpture, que la croisée était surmontée d’une coupole et le sanctuaire revêtu en marbre avec colonnes et pilastres composites. La voûte du cloître qui régnait autour de l’église était aussi couverte d’ornements sculptés. Chacune des aîles latérales avait un développement de 407 pieds sur 10 de largeur.»

Liège, la Chartreuse


Histoire de l’architecture en Belgique: depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’époque actuelle
Tome II, Antoine Guillaume B. Schayes, 1852


Le patrimoine de Liège, autres billets
Liège au 18ème siècle
Ailleurs: L’histoire de la Chartreuse
Ailleurs: Liens divers sur la Chartreuse

Destruction de l’hôtel de Ville de Liège, 1691

4 juin 2007

« La diète de Ratisbonne ayant donné ordre à tous les princes de l’Empire de s’armer contre la France dont on craignait les envahissements, l’embarras fut grand pour les Liégeois qui venaient de conclure avec cette dernière puissance un traité par lequel leur neutralité avait été reconnue. Les remontrances qu’ils firent à l’Empereur furent vaines; les Hollandais qui occupaient la Chartreuse menaçaient de mettre le feu à la ville si les bourgeois ne se soumettaient aux instructions de la diète; il fallut donc bien obéir, et la principauté de Liége, dont les forces militaires consistaient en un seul régiment, déclara la guerre à Louis XIV. On imposa des taxes, on leva de nouvelles recrues, et l’on se disposa à résister aux armées du grand roi. Le marquis de Boufflers eut bientôt calmé cette belliqueuse ardeur. Après s’être emparé de la Chartreuse, il bombarda la cité pendant cinq jours (4-9 juin 1691).

Liège, la Violette, 1496

Liège, la Violette, 1496

C’est ce bombardement qui renversa la Violette et détruisit presque toutes les maisons situées entre le marché et la Meuse.

Après ce grand désastre, le siége des affaires de la commune fut provisoirement transporté dans une vaste maison du bas de la Sauvenière, jusqu’à ce qu’on pût entreprendre la construction d’un nouveau bâtiment destiné à cet usage.
Les guerres continuelles et les passages de troupes dont notre territoire fut alors le théâtre retardèrent cette construction jusqu’en 1713, époque à laquelle la paix d’Utrecht vint enfin rendre le calme au pays. »

Liège pittoresque, Matthieu Lambert Polain, 1842.


Guerres et batailles à Liège
Liège au 17ème siècle