Archive for the 'Erard de la Marck' Category

La procession solennelle du 27 avril et le surguet

27 avril 2008

« Le 27 avril , jour de la translation du corps de St.-Lambert de Maestricht à Liège, tous les habitants de la cité faisait cortège à la procession solennelle où l’on portait la châsse du Saint, un morceau de la vraie croix , quantité d’autres reliques et d’images saintes. Le clergé tout entier, revêtu de surplis et de dalmatiques, les accompagnait en chantant des hymnes sacrés.

La plus grande pompe était déployée à cette procession , qui avait été instituée par Erard de la Marck et, suivant Vlierden, dotée par lui de revenus annuels. D’un autre côté, nous trouvons dans Bartholet une charte de la cité du 13 février 1533 , ordonnant d’affecter à cette cérémonie la moitié des revenus du tonlieu du Pont des Arches.

La veille au soir, la population liègeoise donnait aux étrangers accourus en foule, le joyeux spectacle d’une revue militaire. La plupart des bourgeois, en habits de fête ou revêtus d’armes étincelantes, parcouraient toutes les rues de la cité. Cette revue s’appelait le Surguet (*)

(*) Primitivement, dit Vlierden, cette revue s’appelait le soir guet , parce qu’elle se faisait la nuit; ce mot, devenu par corruption le scharwait, continua d’être employé alors même que cette démonstration ne se fit plus que l’après-midi. »


Organisation intérieure du Métier, Bulletin de la société Liégeoise de Littérature Wallonne, 5ème année, Liège, 1862


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émeutes à Liége à cause des impôts, 1513.

14 septembre 2007

erard_de_la_marck.jpg« L’arrivée de Maximilien dans les Pays-Bas n’y rétablit point la paix, si profondément troublée. La désorganisation y était complète et, en 1513, de violentes émeutes éclatèrent
à Malines et a Liège.

L’effervescence populaire était grande dans cette dernière cité. Les Liégeois, écrasés d’impôts, en rendaient responsables leurs magistrats municipaux, qu’ils accusaient de dilapidation.
N’obtenant pas justice par leurs murmures, ils envahirent tout à coup la place publique, et demandèrent le châtiment des coupables.

Une multitude d’hommes armés accoururent de tous les environs, et déjà on s’attendait à une sanglante mêlée, lorsque la promesse d’une enquête sévère sur les malversations commises, l’arrestation du trésorier de la ville et la nomination de deux délégués du collège du peuple chargés de contrôler la gestion financière de la commune, calmèrent les esprits.

Tout semblait terminé, lorsque deux bourgeois, en procès devant le tribunal des échevins, se prirent de querelle sur les marches de l’Hôtel de Ville. La foule se rassembla autour d’eux, appuya les réclamations de celui qui venait d’être condamné par les juges, et força l’entrée du tribunal, tandis que les magistrats éperdus s’élançaient aux fenêtres pour appeler au secours. En entendant ce tumulte, dont personne ne se rendait compte, métiers, bourgeois et nobles coururent aux armes, et il s’ensuivit une indiscible confusion. Les plus sinistres rumeurs se propageaient dans l’intervalle : « Les magistrats sont égorgés! » criaient les uns. — « On massacre le peuple ! » exclamaient les autres.

L’évêque, Erard de la Marck, crut à une insurrection générale. Accompagné des chanoines et des bourgmestres, il se rendit sur la place, où le seigneur de Sedan venait d’accourir à la tête d’une troupe choisie. Comptant sur l’appui de ce dernier, il ordonna aussitôt au corps de la bourgeoisie de se réunir dans leurs collèges, et alla en personne dans la chambre de chaque métier, pour y conférer avec leurs chefs; comme il sortait de celle des drapiers, il tomba sur les marches du perron et se cassa la jambe. A la nouvelle de cet accident, le peuple s’émut de pitié, s’apaisa, et tout rentra dans l’ordre accoutumé .  »

Histoire du commerce et de la marine en Belgique, Ernest Jean van Bruyssel, 1861


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1533, la peste à Liège

10 septembre 2007

totentanz_1538_holbein.gif« La grande inondation du 2 novembre 1532, indépendamment des ravages immédiats qu’elle exerça, eut des résultats éloignés non moins graves. Les terres imbibées d’eaux salines exhalèrent des miasmes délétères, que les chaleurs de l’été de 1533 vinrent encore activer.

[..] Cette maladie ou une autre que l’on qualifia de peste, éclata également la même année à Huy et se propagea dans la Hesbaie. Erard de la Marck, évêque de Liège , crut pouvoir s’en garantir, en défendant l’entrée de sa ville épiscopale à tout malade et à toute marchandise venant des contrées infectées. Ces mesures n’arrêtèrent nullement la marche de l’épidémie , qui se glissa d’abord dans les faubourgs et ensuite dans la ville de Liège elle-même, où elle fit de nombreuses victimes. La défense concernant les personnes et les marchandises venant d’endroits suspects fut alors renforcée de peines sévères , entre autres, de celle de cinquante ans de bannissement.
Les habitants atteints de la peste, furent placés sous un régime spécial de police : ils devaient porter ostensiblement une baguette blanche longue d’une aune et demie, éviter de s’entretenir avec les personnes saines, ne pas toucher aux eaux publiques et faire toutes leurs lessives dans la Meuse.  »

Fastes des calamités publiques survenues dans les Pays-Bas et particulièrement en Belgique depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Louis Torfs, 1859


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1533, la cloche d’Erard de la Marck à St-Lambert de Liège

25 avril 2007

« Le 25 Avril 1533, le Prince-Évêque [Erard] s’établit dans le palais de Saint-Lambert, qu’il avait fait bâtir. Deux jours après, on entendit pour la première fois le son d’une cloche de la cathédrale à laquelle il avait donné son nom. Un moine avait composé, pour être gravés sur elle, quelques vers latins que le Jésuite Foullon nous a soigneusement conservés comme renfermant une sorte de prophétie.

Ipse fero magnum ter magni nomen Erardi, etc.
Effugat haereticos, ego daemones, horror utrisque
Dicimur.


Le premier nous apprend que la cloche porte le grand nom d’Érard trois fois grand, et le dernier qu’elle chasse les démons, comme Érard les hérétiques, à cause de quoi tous deux sont en horreur aux uns et aux autres. « Ainsi, ajoute Foullon, le son de cette cloche dénonçait la guerre aux enfers et aux hérétiques à la fois. » »


Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861


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