Posts Tagged ‘droit’

Le droit d’asile à Liège sur les degrés de St-Lambert

6 décembre 2008

« Nos historiens ont souvent parlé des degrés de Saint-Lambert comme d’un lieu d’asile où les criminels pouvaient se réfugier et se trouvaient à l’abri de toute poursuite. Nous ignorons à quelle époque remonte ce privilége, mais il existe aux archives de la province une charte inédite de l’an 1237, où cette franchise est reconnue d’une manière explicite.

Le droit d’asile n’existait pas seulement pour les degrés du temple, il appartenait encore à tous les lieux attenant à la cathédrale, jusqu’à de certaines limites. Grâce à ce privilége, bien des coupables échappèrent sans doute à la justice humaine, mais bien des innocents aussi parvinrent à se soustraire aux ennemis forcenés qui les poursuivaient; nos commotions civiles, si acharnées sur la place du Marché, venaient mourir au pied des degrés de Saint-Lambert. »

Liége pittoresque ou description historique de cette ville et de ses principaux monuments, Matthieu Lambert Polain, Bruxelles, 1842


Liège au 13ème siècle
Droit et justice à Liège

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Les malfaiteurs du pays de Liège ne se réfugieront plus dans le Brabant

21 octobre 2008

Lettres de Jean, duc de Brabant, par lesquelles il s’oblige à ne pas permettre que des malfaiteurs du pays de Liège se retirent dans ses pays.

« 21 octobre 1283.

Nous Jehans , par la grâce de Dieu dus de Lothier et de Braibant , faisons savoir à tous , ke Nous
avons convenance faite, finée et jurée à reverent père en Dieu , nostre chier signur et frère , Jehan par la grâce de Dieu eveske de Liège , en teil manière ke se aucuns maufaitires [malfaiteur] del eveschiet et de le terre de Liège , ki n’osast ou ne vosist droit attendre , par bonne veritei , ou par loiial enqueste , en la terre nostre très chier signur li eveske devant dit , voloit estre ou demorer en nostre tere de le ducée de Braibant, ou desous Nous, en quel lieu ke ce fust, Nous tel homme ou tels ne soufriemes mie desous Nous à demorer, ne ne lor seriemes de riens warant contre mon signour l’eveske devant dit , ne contre ses gens , en nul cas, tant k’il seroient eskui [banni] de le terre et de l’eveschiet de Liège, si ke dit est. En tesmoignage de ces présentes lettres saielées de noslre saiel , données l’an de grâce mil deuz cenz quatre vins et trois, le joesdi après le fesle saint Luc evangeliste.
L’original, sceau enlevé, aux archives de la province de Liège. »


Chronique en vers de Jean van Heelu, Bruxelles, 1836

Procès autour du coeur de Grétry

29 mars 2008

« Peu de temps avant sa mort,le célèbre compositeur Grétry avait témoigné le vœu que son coeur fût remis à la ville de Liège, comme preuve du sincère attachement qu’il avait conservé pour sa ville natale.
Son héritier et neveu par alliance écrivit aux magistrats de Liège qu’il était tout disposé à accomplir les volontés de son oncle. Les événements politiques ne permirent pas de s’occuper sans délai de cette affaire. Provisoirement, le coeur fut déposé dans un petit monument à l’Ermitage de Montmorency.
Liège, la statue de Grétry
Au bout de quelques années, les magistrats de Liège réclamèrent le don qui leur avait été fait. Mais alors les dispositions du neveu étaient changées : il attachait le plus grand prix à conserver le cœur de l’artiste célèbre, dont le nom répandait une sorte de prestige sur sa maison de campagne. De là procès de la part de la ville de Liège, qui confia sa cause à Hennequin. II semble que la question de droit et le sujet même offraient peu de ressources au talent. Mais le défenseur sut en découvrir. Il débuta par une biographie pleine d’intérêt du célèbre compositeur; il fut ingénieux, enjoué, dans l’exposé des faits; il établit par une série de preuves habilement enchaînées le bon droit de la ville de Liège. La cour rendit un jugement en sa faveur. »

Nouvelle biographie universelle générale, publ. sous la direction de Mr le Dr Hoefer, Tome 23, Paris, 1858


Personnalités de Liège
Droit et justice à Liège
Liège au 19ème siècle

à Liège, la quarte canonique

17 février 2008

«Au nombre des droits que la loi canonique attribue à l’évêque et à son église (la cathédrale), et dont plusieurs sont tombés en désuétude depuis longtemps, figure la quarte canonique, droit en vertu duquel l’évêque percevait le quart du total des legs pieux inscrits dans un testament.

Comme on le pense bien, la pratique en était difficile. Peu à peu la coutume s’introduisit , à Liége, de faire, avant tous les autres, un premier legs à la cathédrale de St-Lambert, lequel tenait lieu de la quarte canonique. Cette coutume était également suivie dans le comté de Namur ; mais lorsque notre pays eut son évèque particulier, le legs se fit en faveur de la cathédrale de St-Aubain. Il était de valeur très-minime, et quoiqu’on n’y fût nullement obligé, on le trouve encore dans la plupart des testaments du siècle dernier.»


Cartulaire de la commune de Bouvignes, Jules Borgnet, 1862


La religion à Liège
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Droit et administration à Liège
Liège au 18ème siècle