Liège: La loi Caroline pendant la guerre d’Awans et de Waroux

18 juin 2008

 » La guerre d’Awans et de Waroux continuait toujours avec la même fureur. Des meurtres de toute nature se commettaient à l’abri d’une loi appelée la Caroline, parce qu’on l’attribuait à Charlemagne.

En vertu de cette loi, tout homme accusé d’homicide, s’il n’avait pas été arrêté en flagrant délit, devait être renvoyé absous, dès qu’il jurait sur les Évangiles qu’il n’avait pris, ni directement ni indirectement, part au fait qu’on lui imputait, quelles que fussent d’ailleurs les preuves qu’on pût produire de sa culpabilité. Les pauvres et les petits étaient toujours sûrs d’être punis, tandis que les riches et les grands se réfugiaient toujours derrière la Caroline, qui leur assurait l’impunité.

Les murmures du peuple réclamèrent contre cette injustice. L’évéque, pour faire droit aux petits, convoqua une assemblée des notables du pays, et chargea le mambour qu’il avait nommé pour le remplacer pendant son absence, et pour l’assister dans le gouvernement, de punir les assassins et les meurtriers, sans distinction de pauvres ni de riches. Mais le mambour continuait à favoriser les nobles, et les brigandages se renouvelèrent avec plus d’acharnement que jamais.

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Amay, ruine du vieux château des Waroux

Alors l’évêque, voyant que les voies de la justice étaient impuissantes, se mit a la tête du peuple, et fit démolir et brûler sous ses yeux les maisons des coupables. Cependant Adolphe de la Marck ne tarda pas à se voir débordé par la caste dont il s’appliquait à réprimer les odieux emportements. Il chercha donc une force nouvelle dans une alliance qu’il conclut avec le duc de Brabant contre tous ceux qui les attaqueraient, excepté les rois de France et d’Angleterre, et le comte de Flandre. Le duc prêta même à l’évêque une somme d’argent, sur la part indivise que celui-ci avait dans la ville de Maestricht.

Mais Adolphe ne fut heureusement pas réduit à se servir des moyens dont cette alliance lui permettait de disposer; car la guerre intestine avait tellement épuisé le pays, que les deux partis désiraient ardemment la paix. Cette paix,qui fut conclue à Fexhe, le 18 juin 1316, devint désormais pour l’Etat une charte qui définissait les droits de tous les citoyens, ainsi que les droits du prince. Elle fut solennellement jurée par l’évéque, par le chapitre, par les maîtres de la cite, par les échevins, et par les chefs des métiers.  »


L’Univers: histoire et description de tous les peuples: Belgique et Hollande, M. Van Hasselt, Paris, 1844


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