Archive for the 'artisan' Category

Liège, gens de lignage, chevaliers, grands et petits…

6 mars 2008

« La ville de Liége était aussi distinguée en gens de lignage, chevaliers, grands et petits. Les gens de lignage étaient les gentilshommes; les chevaliers, ceux qui avaient été armés chevaliers; les grands, les riches bourgeois qui avaient le gouvernement; les petits, les artisans. Les grands ou bourgeois servaient en armes les seigneurs, quand il en était besoin ; les chevaliers avaient une demeure particulière et fortifiée. Hemericourt en parle ainsi au chap 18:

« Soiez veritablement informeit qu’il avoit à cely temps six vinaules à Liege, qui avoient blason et cry d’armes, lesqueils armes ly riches borgois qui anchienment avoient demoreis en dis vinaules, et qui les saingnor servoient en armes avoient encargiez ; et tels gens assavoir tels borgois on nommoit les grans, et les gens labourans des comons mestiers on nommoit les petits; et encor faisoit on al temps que ly gens de lignage avoient le moitié de gouvernement delle citeit…

Ia fuit chose que tels riches borgois fuissent nomeys les grans sy n’avoit en la dite citeit nus chevaliers voir par decha mouse. Car ly vinaule delle cachie delle Preit, c’est le quartier de la Chaussée des Prez, at tousiours de temps anchien esteit warnis de bonne chevalerie, et avoient bonne fermeteit de leur costeit, et bon pent le viche, et assy bonne porte et forte par devers eas, à l’encontre de cheas de Liege. » »


Collection des meilleurs dissertations, notices et traités particuliers …, Constant Leber, 1838


Liège au 15ème siècle

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Varin et Duvivier, graveurs Liégeois à Paris

3 janvier 2008

Médaille à l’effigie de Louis XIV, par Jean Varin« On doit à Jean Warin, de Liége , d’importants perfectionnements dans la gravure des médailles et dans le monnayage. Voltaire dit de lui, dans son Histoire de Louis XIV : « Nous avons égalé les anciens dans les médailles. Warin fut le premier qui tira cet art de la médiocrité, vers la fin du règne de Louis XIII. « 

Un autre Liégeois, Duvivier, fut graveur de Louis XV. Après la mort de cet artiste, M. de Marigny, consulté par le roi sur le choix d’un nouveau graveur en médailles, conseilla à S. M. de différer, dans l’espérance qu’il se rencontrerait un Belge pour le remplacer, ajoutant : « qu’il n’y avait que cette nation pour bien saisir les effigies.  » »

La Belgique illustrée par les sciences, les arts et les lettres, Octave Delepierre, 1840.


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L’art à Liège, autres billets
Liège au 17ème siècle

Du développement de l’industrie dans la province de Liège au début du 19è siècle

16 novembre 2007

« Veut-on la preuve la plus irrécusable du développement de l’industrie dans la province? Qu’on consulte les tables des autorisations qui ont été accordées, conformément aux lois et arrêtés sur la matière, pour la création d’établissements industriels de toute nature. En compulsant ces tables, depuis 1825 jusqu’en 1845, nous avons trouvé qu’on avait autorisé:

1° de 1828 à 1844: 50 Fabriques de draps ;
2° — 1826 — 1843 : 28 Fours à chaux;
3
° — 1855 — 1842: 4 Fourneaux à raffiner le plomb et l’étain ;
4° — 1826 — 1843
: 49 Briqueteries, pour la plupart permanentes;
5° — 1824 — 1843
: 42 Distilleries de genièvre et d’eau-de-vie indigène;
6° — 1827 — 1841
: 3 Magasins à poudre ;
7° — 1834
: 2 Fabriques de chapeaux ;
8° — 1826 — 1842
: 12 Raffineries de sel ;
9° — 1826 — 1842
: 24 Savonneries;
10
° — 1824 — 1842: 18 Brasseries;
11
° — 1828 — 1844: 8 Fabriques de chandelles;
12
° — 1824 — 1838: 4 Fabriques de colle ;
13° — 1826 — 1838
: 39 Fabriques de tuiles, de briques réfractaires et de poteries ;
14
° — 1825 — 1834 : 10 Teintureries;
15
° — 1828 — 1840: 17 Filatures de laine, de tin et de coton ;
16
° — 1825 — 1843 : 91 Fonderies de métaux (fer, plomb, cuivre, etc.);
17
° — 1833 — 1841 : 8 Fabriques de gaz;
18
° — 1824 — 1843 : 36 Moulins à vent ou à vapeur pour les grains, les bois de couleur, l’huile, etc.;
19
° — 1839 — 1843 : 3 Scieries;
20
° — 1830 — 1842 : 5 Usines;
21° — 1827 — 1841
: 5 Fabriques de chaudières;
22
° — 1839 — 1843: 2 Sociétés de hauts fourneaux (Seraing et Sclessin) ;
23° — 1823 — 1842
: 5 Ateliers de construction;
24° — 1833 — 1840
: 6 Fabriques de vinaigre;
25
° — 1834 — 1859 : 5 id. d’armes , de canons de fusils ;
26° — 1838 — 1841
: 3 Papeteries;
27
° 1838 : 5 Fabriques de cordes de boyaux ;
28
° 1842 : 2 id. d’épingles;

Liège Linière St-Léonard
29° — 1827 — 1837
: 2 Martinets.
30° 1838
: 1 Fabriques de sucre de betterave ;
31
° 1836 : 1 Atelier d’horlogerie ;
32° 1834
: 1 fabrique de toile cirée et visières ;
33° 1838
: 46 Fours à coke;
34° — 1838 — 1841
: 2 Lavoirs de minerais;
35
° — 1836 — 1842 : 2 Fabriques de cordes;
36° — 1854 — 1842
: 5 Serrureries;
37° — 1839 — 1840
: 1 Verrerie et plusieurs fours à verreries ;
38° — 1825 — 1828
: 3 Fabriques de céruse et de produits chimiques;
39° 1841
: 2 Fours à plâtre;
40
° Plus deux fabriques de tuyaux de métal ; une de gants ; une d’allumettes phosphoriques ; une de chicorée; une de noir animal et d’hydrochlorate d’ammoniaque ; une chaudronnerie ; deux laminoirs pour zinc ; un atelier pour la fabrication de la gélatine et du suif; une fabrique de cire à cacheter et de crayons ; une de potasse ; une de cartons; une de quincailleries; une de poudrette inodore; une de poêles; une tannerie ; un atelier de menuiserie ; une fabrique de fer étamé; des métiers à polir ; un four à réverbère ; une fabrique de tabacs ; un laminoir pour fer, etc., en tout 23 établissements qui, réunis à ceux qui précèdent, donnent 568 établissements industriels nouveaux, sujets à une autorisation préalable, créés dans l’espace de vingt années.

Dans le même laps de temps on a accordé l’autorisation de placer 278 machines à vapeur, soit dans ces établissements , soit dans d’autres qui existaient antérieurement, et dans lesquels on employait d’autres forces motrices.  »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, Belgique, 1846

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Liège au 19ème siècle

Rennequin Sualem de Liège, charpentier chez Louis XIV à Versailles

8 septembre 2007

machine_marly.jpg« Mais pendant ce temps-là , Colbert avait appris qu’un gentilhomme liégeois, nommé le baron Deville, venait de faire établir dans son domaine une machine hydraulique qui élevait l’eau à une grande hauteur. Il le fit consulter. Aussitôt Deville, accompagné d’un charpentier de Liége nommé Rennequin Sualem, qui avait construit sa machine , arrive à Versailles (1675), et après avoir parcouru les environs, choisit un point sur la Seine au port Marly, où il établit cette machine immense et compliquée, destinée à faire monter la rivière à cent cinquante-cinq mètres de hauteur , ( 479 pieds), pour la répandre dans les jardins ; machine qui fut admirée alors et visitée par tous les étrangers comme une des créations merveilleuses du règne , car l’art hydraulique n’avait encore rien produit de si étonnant. »

Machine de Marly

Notes:

« La machine de Marly produisait onze cent cinquante mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures.

Louis XIV, qui récompensait grandement les talents , les services et les entreprises utiles ou perfectionnées, donna au sieur Deville une gratification de cent mille livres, une pension annuelle de six mille, et la direction de la machine avec des appointements annuels également de six mille livres ; il donna au charpentier Renkin une pension de quinze cents livres avec un logement à la machine, pension et logement qui furent conservés à sa veuve et à sa nièce.

—Dans le siècle dernier, on avait fait croire au peuple que Louis XIV fit crever les yeux à l’inventeur de la machine, de peur qu’il n’allât enrichir d’un pareil monument un pays étranger. »


Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV, par M le Duc de Noailles, 1848

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Ailleurs: la roue de Rennequin Sualem au chateau de Modave

Rennequin Sualem