Archive for the 'personnalité' Category

Charlemagne ramène Durandal à Liège après la bataille de Roncevaux

16 juin 2009

« Dans les derniers jours du mois d’avril 773, Charlemagne pénétra en Espagne avec une armée nombreuse et aguerrie, prit Pampelune, et ensuite Saragosse et Barcelone. Après avoir tout disposé pour conserver ses conquêtes, il s’en revint au pays.
Le mardi 16 juin, l’armée s’engagea dans les gorges des Pyrénées. L’arrière-garde, embarrassée par les bagages, défilait péniblement dans l’étroite et longue vallée de Roncevaux. Elle était commandée par les comtes Anselme, Eggihard et Roland. Tout à coup, elle est attaquée par les Basques, qui la mettent dans le plus grand désordre. Les Francs, harcelés dans tous les sens, essayent vainement de résister. Ils sont tués jusqu’au dernier. Roland fit des prodiges de valeur. Resté seul, et tout couvert de blessures, il s’accula contre un rocher, et se défendit longtemps encore avec sa terrible épée. Au moment d’expirer, il saisit son cor et en sonna d’une telle force, qu’il vomit des flots de sang. Charlemagne entendit cet appel de détresse, et accourut au secours de ses palatins. Il ne trouva plus que des cadavres, et vit au loin l’ennemi qui fuyait.
Après avoir fait inhumer les restes de ses héroïques compagnons , Charlemagne ramena son armée sur les bords du Rhin. Il ne tarda pas à la licencier, puis il revint à Liège pour y passer l’hiver. Il célébra les solennités de Noël et de Pâques dans la cathédrale St-Lambert.
On avait rapporté, du champ de bataille de Roncevaux, le cor d’ivoire de Roland et son épée, la fameuse Durandal. Ces deux précieuses reliques furent déposées, en ex-voto dans une église de Liège.

Note: Gladius Rolandi Durenda et tuba ejus eburnea, ostenditur juxta Leodium, écrivait en 1667 Besselius. ( Dans l’édition de Schmincke d’Éginard, De Vita el Gestis Caroli Magni, p. 55 ‘) Durandal et l’olifant se voyaient dans un monastère de Liège, in coenobio quodam Leodiensi, répétait en 1775 Heerkens, dans sa Vita Caroli Mayni d’Éginard, p. 23.
Nous ignorons quel a pu être le monastère qui possédait ces curieuses reliques. Se trouvaient-elles à Liège, dans l’église collégiale de St.-Pierre ou, en Ardenne, dans l’abbaye de St.-Hubert, dans l’église de laquelle on conserve encore aujourd’hui un grand olifant qui répond assez bien aux descriptions des vieux poètes?  »

Bulletin de l’Institut archéologique liégeois, v5-6 1862-1863


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Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège

31 décembre 2008
Liège, statue de Charlemagne

Liège, statue de Charlemagne

« Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège, au berceau de sa famille. Il venait fréquemment se reposer de ses fatigues, ou passer les fêtes de Pâques ou de Noël, à Herstal, à Jupille et à Liége, où tout rappelle encore aujourd’hui son souvenir. Ici c’est quelque église fondée par lui ou par Ogier le Danois; là c’est une tradition populaire dont quelqu’un de ses paladins est le héros. Dans les campagnes, plus d’un arbre vénérable porte le nom d’arbre de Charlemagne, et plus d’un vieillard vous raconte, d’une voix grave et pieuse, la légende des Quatre Fils Aymon, dont le cheval Bayart imprima, selon le dire du peuple, l’un de ses fers dans l’énorme rocher à pic qui se dresse près de la ville de Dinant. Au village d’Oupeye on vous montre une vieille tour qu’habitait, dit-on , la célèbre Alpaïde, mère de Charles Martel.

Quand vous visitez avec quelque savant les ruines de Franchimont, il ne manque pas de vous dire que les historiens font remonter l’origine de ce manoir à Pharamond, et que d’autres en reportent la construction à Chilpéric. Non loin de là on vous conduit sur le théâtre de cette fameuse bataille de l’Amblève, où Charles Martel défit l’armée des Neustriens et des Frisons, et préluda aux victoires de Vinchy et de Soissons. C’est à Liége que fut exilé avec sa femme et ses enfants le dernier roi des Lombards, Didier que l’empereur, après l’avoir vaincu, en 774, y plaça sous la garde de l’évéque Agilfride. Plusieurs de nos anciens et naïfs chroniqueurs rappellent les merveilles et les pompes des cours plénières que Charlemagne tenait en cette ville, et citent avec orgueil les glorieux faits d’armes que les hommes de la cité éburonne accomplirent sous l’étendard dont il la gratifia , et qui, pendant plusieurs siècles, fut si célèbre dans l’histoire de l’évêché sous le nom d’Étendard de saint Lambert, ainsi appelé parce qu’il était confié à la garde du chapitre de la cathédrale liégeoise. »

Belgique et Hollande, l’Univers, M. Van Hasselt, Paris, 1844


Personnalités de Liège
Liège avant l’an mille

Le Duc de Bourgogne a eu froid dans le pays de Franchimont.

15 décembre 2008

« Et, afin que je n’oublie rien, j’ay à ramentevoir ce que fit le duc de Bourgongne, apres qu’il eut gaigné Liège, et que le Roy se fut party de luy. Le duc ouït dire que les Liègeois s’estoyent retirés au païs de Franchemont et se delibera de les aler combatre : et vint en Franchement par le plus-grand froid , qu’il est possible de faire : et se logea en un village, qu’on appelle Pouleuvre : où luy et ses gens endurérent et faim et froidure.

Toutesfois ceux d’Ais en Alemaigne luy envoyèrent quatre queues de vin : qui luy vindrent à point : et prestement en envoya l’une à monsieur de Bresse, et au signeur de Savoye (qui estoyent aveques luy) dont ils firent grand’feste : et commencèrent vivres à venir : qui moult reconfortèrent l’armee. Au regard des Liegeois et de ceux de Franchemont, quand ils sceurent la venue du duc , et de son armee , ils s’enfuirent tous en divers lieux, et mesmement au plus espois des bois : et avint que le signeur de Traves , bourgongnon , et de ceux de Toulongeon, se mirent si-avant en leur poursuite , qu’ils furent par les Liègeois merveilleusement batus et navrés , et en danger de mourir : et, apres que le duc de Bourgongne eut demouré certains jours à Pouleuvre, cuidant que les Liègeois luy dussent venir courre sus , il se partit d’iceluy lieu : et prit le chemin contre ses païs : et traversa les rivières de Franchemont ( qui sont roides et profondes) par si-grand froid , qu’on ne pourroit plus-grand froid au monde.

Là vey-j’un flascon d’argent , plein de tizanne. La tizanne fut si-engelee dedans le flascon, que la force de la glace rompit ledict flascon : et pouvez penser si les pouvres gens-d’armes eurent pas leur part de la grande froidure :et le duc passa outre lesdictes rivières, et se mit en chemin contre Namur, pour retourner en ses païs.  »

Les mémoires de Messire Oliver de La Marche, in Nouvelle collection de mémoires pour servir à l’hisdtoire de France, Tome troisième, Paris, 1837


Liège face au duc de Bourgogne
Liège en conflit
Liège au 15ème siècle

Les usines de John Cockerill à Liège et ailleurs

16 novembre 2008

« M. John Cockerill possède encore à Liège, au pied du Pont-des-Jésuites, cette belle et vaste fabrique-modèle de machines, d’où sortent toutes celles qu’il emploie dans ses divers établissemens , qui occupe près de 800 ouvriers. Il possède de plus, à Liège , un tissage mécanique, une fabrique de mérinos ainsi qu’à Verviers et à Aix-la-Chapelle; à Andennes, près de Namur, une papeterie et une fabrique d’étoffes ; à Cottbus en Prusse, une fabrique de filets ; à Stolberg, des mines de zinc ; à Przelborg en Pologne, une fabrique de draps; à Barcelone, une fabrique de coton ; à Surinam , des moulins à vapeur ; à Berlin et à Guben , des filatures pour les draps ; à Aix-la-Chapelle , une filature pour la laine peignée; à Liège, une filature de coton sous la raison Yates et C° ; à Tilleur , une fonderie pour le moulage ; au Val-Benoit , un établissement pour la fabrication des chaudières; à Amsterdam , une maison pour la vente des étoffes de coton ; à Spa , une filature de coton.

John Cockerill

John Cockerill

M. Cockerill est intéressé pour de fortes parts dans les hauts-fourneaux du département du Gard; dans quatre houillères; dans les hauts-fourneaux d’Ougrée, de l’Espérance et de Chatelineau ; dans une fabrique de fusils de guerre , et à St.-Denis près Paris , dans une grande manufacture pour la filature et le tissage du lin.

Il élève , en ce moment , près de Pétersbourg , des ateliers pour la construction des machines à vapeur , locomotives et wagons ; et commence l’exploitation d’une houillère dans les environs de St-Etienne, où il se propose d’établir des hauts-fourneaux et une fabrique de fer par cylindres.  »

Biographie liégeoise, Antoine Gabriel de Becdelièvre-Hamal, Liège, 1837


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Liège au 19ème siècle