Posts Tagged ‘XIX’

Plan pour un nouveau chemin de halage à Liège

3 novembre 2012

La Meuse, dans la traversée de la ville de Liége, est dépourvue de chemins de halage sur la rive gauche, depuis le rivage des Croisiers jusqu’au quai d’Avroy.

Lorsque les bateaux sont parvenus un peu au-dessus du nouveau pont de la Boverie, les chevaux doivent gagner la rive droite et s’y maintenir jusques vers la Chapelle du Paradis, point où le halage est de nouveau transporté sur la rive gauche.

Les différentes manœuvres qu’exige cet état des rives du fleuve sont toujours fort difficiles et présentent, dans certains moments, de véritables dangers.

En 1825, des réclamations des bateliers signalèrent les inconvénients et les dangers résultant pour eux du défaut d’un halage convenable depuis le rivage des Croisiers jusqu’aux Augustins sur Avroy.

Ces plaintes furent reconnues fondées.

En conséquence, dès 1826, on dressa le plan d’un chemin de halage de 10 mètres de largeur, partant du rivage des Croisiers pour aboutir aux Augustins. L’évaluation de la dépense était de fl. 40,114-91.

Mais bientôt on conçut l’idée de substituer à ce simple chemin de halage un quai propre en même temps à la circulation des voitures.

Reprise de l’Escaut, de la Lys et de la Meuse, Annexe au rapport du budget des travaux publics, Nothomb, 1838

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Robertson, inventeur de la fantasmagorie

26 août 2012

ROBERTSON (Étienne­-Gaspard) , naquit à Liége en 1763. Soп père, riche négociant, le destinait à l’état ecclésiastique; mais la vivacité de son caractère, un goût irrésistible pour l’étude des sciences qui offrent le plus de difficultés, rendirent impraticables les projets de son père et de sa famille, et il se consacra à l’étude de la peinture qu’il cultiva avec assez de succès pour obtenir un prix.

La physique commençait à cette époque à sortir de l’oubli où elle avait été plon­gée, et l’abbé Nollet , par ses ouvrages , venait de démontrer que si l’étude de cette science pouvait servir à découvrir des vérités du plus haut intérêt pour les savants , elle offrait aussi aux gens du monde des délassements agréables et peu dispendieux. Robertson s’appliqua à l’étude de cette science sous ces deux rapports, et elle devint la source de fortune comme science d’agrément, et de sa réputation comme savant distingué. On peut regarder Robertson comme l’inventeur du galvanisme en France, puisque lorsque Volta y vint pour y démontrer la véritable théorie du galvanisme, elle y était déjà connue par plusieurs expériences de Robertson, et par plusieurs appareils nouveaux dont il était l’auteur. Ce fut lui qui, dans une séance à l’Institut, et devant Bonaparte, alors premier Consul, leva tous les doutes de l’identité du galvanisme avec l’électricité en enflammant le gaz hydrogène avec l’étincelle galvanique. On croit aussi qu’il est l’inventeur de la fantasmagorie, parce que c’est à Liége, et devant les magistrats de cette ville, qu’il fit la première expérience de ces illusions d’optique qui eurent un si prodigieux succès à Paris, à Londres, à Pétersbourg où il a résidé plusieurs années.

La mécanique ne lui a point été étrangère; il avait fait un automate sonnant de la trompette, une gondole mécanique, un instrument qu’il nommait phonorganon et qui, placé dans une caisse sur laquelle une figure était couchée, imitait la voix de l’homme dans des mots et des phrases très­distinctement prononcés. Mais ce qui l’a fait le plus connaître, ce sont les voyages aérostatiques qu’il a faits dans une grande partie des cours de l’Europe, et même celui qu’il fit à Pékin devant l’empereur de la Chine, dans le seul but de lui faire connaître à quel point étaient poussés dans nos contrées les arts et les sciences. Les voyages aérostatiques entrepris par Robertson sont au nombre de cinquante-neuf : les plus remarquables sont celui qu’il exécuta à Hambourg, avec M. Loest, son élève, le 18 juillet 1803, et où il s’éleva à 3600 toises, le point le plus élevé de l’atmosphère où l’on soit parvenu avant et depuis lui; celui qu’il fit à Vilna le 18 mars 1809, le froid étant à 18 degrés au-dessous de zéro; et enfin, celui du jardin de Monceaux, avec un parachute qui avait 40 pieds de diamètre, qu’il réduisit à moitié dans ses autres voyages. On dit le regarder comme l’auteur des parachutes, puisqu’il s’en était servi plusieurs années avant Garnerin, à qui on en attribue l’invention les eût employés.

Les principaux Monuments funeraires du pere-Lachais, de Montmartre, du mont-Parnasse, Rousseau, Paris


Sciences et techniques à Liège
Personnalités de Liège
Liège au 18ème siècle

Plus de machines à vapeur à Liège

17 juin 2011

Les machines à vapeur se sont aussi multipliées à Liège, comme ailleurs. Un journal de cette ville ( le Politique ) a publié un état du nombre des machines à vapeur en activité dans la province de Liège. Au 1er juillet 1837, on en comptait 237 d’une force de 7.027 chevaux, consommant, par journée de 16 heures de travail, 482.160 kilog. de houille. Au 31 décembre 1830, il n’y avait en activité , dans la même province , que 117 machines d’une force de 3.207 chevaux, consommant 236.560 kil. de charbon. Le nombre des machines est donc double maintenant de celui de 1830. La plus forte de ces machines est de la force de 300 chevaux, et la plus faible de celle de 1 cheval et demi.

Dictionnaire universel du commerce de la Banque et des Manufactures, Tome II, 4e ed., Joseph Chérade Montbrion, Paris, 1851

Inondation de l’exploitation de la Plomterie à Ste-Walburge

12 juin 2011

Entre autres exemples que je pourrais citer à l’appui de ce qui précède, je choisirai, comme le plus récent et le plus complet, celui que nous offre la submersion totale, il y a douze ans, de l’exploitation charbonnière de la Plomterie,située au faubourg Sainte-Walburge, à Liège, et dépendante de la concession de la Bonnefin , appartenant à MM. Orban, Beghein et compagnie.

Ce siège d’exploitation , l’un des plus productifs que possédât alors cette société, et auquel se rattachaient, indépendamment de nombreuses galeries à travers bancs, 320 voies de roulage et d’aérage, mesurant la plupart 5 à 900 mètres de longueur sur 2 mètres de haut et 2 à 3 mètres de large, fut, inattenduement et en peu d’instants , complètement inondé , dans la soirée du 15 septembre 1825, sans que l’on eût, grâce aux échelles inclinées dont cette mine se trouvait pourvue, et qui permirent aux quarante-deux ouvriers qu’elle renfermait d’en sortir instantanément, de plus grand malheur à déplorer.

Ce ruineux événement, qui a coûté sept ans d’efforts inouis, et, suivant l’estimation des concessionnaires de la Bonnefin, près de 800.000 fr. de dépenses, fut déterminé par un trou de sonde foré au front de l’une des tailles alors en activité dans la couche dite du Maret, et qui déboucha fortuitement à d’anciens ouvrages noyés, exécutés dans le même gîte par les bures F, G et K, de la Vigne, du Vieux et du Nouveau-Baneux, situés plus à l’est, vers le faubourg Wivegnis. L’excessive impétuosité, avec laquelle les eaux jaillirent tout à coup, rendit, du moment même, vains et inutiles tous moyens de reboucher l’ouverture, incessamment croissante, qui leur livrait passage; la broche, présentée à plusieurs reprises, à l’orifice du trou de sonde, fut chaque fois violemment repoussée.

Après de nombreuses et pénibles investigations, nécessitées par le manque absolu de renseignements sur l’étendue et la position précise des bains que l’on venait d’abattre, on put enfin constater que la nourriture d’eau, évaluée à 6.ooo mètres cubes par vingt-quatre heures, affluait en majeure partie des couches Rosier et Pestay, travaillées autrefois par le bure de la Vigne. Il fallait donc,
pour parvenir à démerger la Plomterie, chercher abord à l’isoler de cet ancien siège d’ exploitation. Mais c’était là une vaste et surtout difficultueuse entreprise, capable d’en imposer à la meilleure volonté; car les travaux dépendants de ce puits se trouvaient non-seulement en communication, par œuvre des couches Pestay, Grande-Veine et Maret, avec ceux des bures du Vieux et du Nouveau-Baneux, mais recevaient encore, par filtration, les eaux d’anciens ouvrages exécutés plus vers le nord-est. A toutes ces sources il faut encore ajouter celle produite par le terrain meuble et alluvien qui sert de lit à la rivière de Meuse, et avec lequel on s’était mis si imprudemment en relation, il y a trente ans, par œuvre de la couche Maret et le puits du Nouveau-Baneux. Tel était l’inextricable dédale où la société de la Bonnefin allait avoir à s’engager, en tant qu’elle voulût sauver son exploitation, et elle eut le courage de le vouloir.

Annales des Mines, Troisième serie, Tome XII, Paris, 1837


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Liège au 19ème siècle