Posts Tagged ‘St-Lambert’

Trois prêtres incarcérés dans les souterrains de St-Lambert

12 octobre 2012

Au commencement de mars 1793 au moment où les débris de l’armée de la république française battue à Attenhoven, repassait par Liège, trois malheureux prêtres français qui s’étaient émigrés dans cette ville furent arrêtés par leurs compatriotes et condamnés à être fusillés. Pendant vingt quatre heures ils furent incarcérés dans les souterrains situés, sous l’horloge de St.-Lambert; là ils purent compter non seulement les heures mais même les minutes qui leur restaient, la vie leur échappait ainsi goutte à goutte, et ces innocentes victimes seconde par seconde, se sentaient poussés par la main du temps vers l’éternité.

L’heure fatale ayant sonné, ces infortunées victimes furent fusillées et leurs corps jetés dans les fossés des prisons de St.-Léonard.

Par une coïncidence assez particulière, ce fut peu de jours après ce déplorable événement qu’on cessa d’entendre sonner les cloches et l’horloge de St.-Lambert, alors l’aiguille devenue immobile sur son cadran ne tint plus compte du temps qui s’écoulait ; elle semblait se refuser à marquer un présent qui contrastait d’une manière trop pénible avec tant d’heures heureuses, que pendant de longues années elle avait indiquées aux Liégeois.

Essai historique sur l’ancienne Cathédrale de St-Lambert à Liége.., Xavier van den Steen de Jehay (baron), Liège, 1846

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Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège

31 décembre 2008
Liège, statue de Charlemagne

Liège, statue de Charlemagne

« Charlemagne portait une affection particulière au pays de Liège, au berceau de sa famille. Il venait fréquemment se reposer de ses fatigues, ou passer les fêtes de Pâques ou de Noël, à Herstal, à Jupille et à Liége, où tout rappelle encore aujourd’hui son souvenir. Ici c’est quelque église fondée par lui ou par Ogier le Danois; là c’est une tradition populaire dont quelqu’un de ses paladins est le héros. Dans les campagnes, plus d’un arbre vénérable porte le nom d’arbre de Charlemagne, et plus d’un vieillard vous raconte, d’une voix grave et pieuse, la légende des Quatre Fils Aymon, dont le cheval Bayart imprima, selon le dire du peuple, l’un de ses fers dans l’énorme rocher à pic qui se dresse près de la ville de Dinant. Au village d’Oupeye on vous montre une vieille tour qu’habitait, dit-on , la célèbre Alpaïde, mère de Charles Martel.

Quand vous visitez avec quelque savant les ruines de Franchimont, il ne manque pas de vous dire que les historiens font remonter l’origine de ce manoir à Pharamond, et que d’autres en reportent la construction à Chilpéric. Non loin de là on vous conduit sur le théâtre de cette fameuse bataille de l’Amblève, où Charles Martel défit l’armée des Neustriens et des Frisons, et préluda aux victoires de Vinchy et de Soissons. C’est à Liége que fut exilé avec sa femme et ses enfants le dernier roi des Lombards, Didier que l’empereur, après l’avoir vaincu, en 774, y plaça sous la garde de l’évéque Agilfride. Plusieurs de nos anciens et naïfs chroniqueurs rappellent les merveilles et les pompes des cours plénières que Charlemagne tenait en cette ville, et citent avec orgueil les glorieux faits d’armes que les hommes de la cité éburonne accomplirent sous l’étendard dont il la gratifia , et qui, pendant plusieurs siècles, fut si célèbre dans l’histoire de l’évêché sous le nom d’Étendard de saint Lambert, ainsi appelé parce qu’il était confié à la garde du chapitre de la cathédrale liégeoise. »

Belgique et Hollande, l’Univers, M. Van Hasselt, Paris, 1844


Personnalités de Liège
Liège avant l’an mille

Le droit d’asile à Liège sur les degrés de St-Lambert

6 décembre 2008

« Nos historiens ont souvent parlé des degrés de Saint-Lambert comme d’un lieu d’asile où les criminels pouvaient se réfugier et se trouvaient à l’abri de toute poursuite. Nous ignorons à quelle époque remonte ce privilége, mais il existe aux archives de la province une charte inédite de l’an 1237, où cette franchise est reconnue d’une manière explicite.

Le droit d’asile n’existait pas seulement pour les degrés du temple, il appartenait encore à tous les lieux attenant à la cathédrale, jusqu’à de certaines limites. Grâce à ce privilége, bien des coupables échappèrent sans doute à la justice humaine, mais bien des innocents aussi parvinrent à se soustraire aux ennemis forcenés qui les poursuivaient; nos commotions civiles, si acharnées sur la place du Marché, venaient mourir au pied des degrés de Saint-Lambert. »

Liége pittoresque ou description historique de cette ville et de ses principaux monuments, Matthieu Lambert Polain, Bruxelles, 1842


Liège au 13ème siècle
Droit et justice à Liège

Lambert, évêque de Maastricht, est assassiné dans une chapelle de Liège

17 septembre 2008

« Lambert, évêque de Maestricht, naquit vers l’an 640, d’une des plus illustres families du pays de Liège. Il fut élevé par Théodard, prélat aussi instruit que vertueux, et lui succéda, en 668, sur le siège de Maestricht. Childeric II , roi d’Austrasie , le fit venir à sa cour , et se conduisit par ses conseils ; mais après la mort de ce prince, Lambert fut chassé par Ebroïn, et dépouillé de son évêché.

Il se retira dans le monastère de Stavelo, d’où il ne sortit qu’en 681 , pour reprendre l’administration de son diocèse. Il convertit à la foi chrétienne les habitants de la Toxandrie(la Zèlande), et fut assassiné dans une chapelle du village de Liège, le 17 septembre, vers l’an 708, par les ordres de Dodon.

Les historiens varient sur la cause de ce crime; les uns disent que St. Lambert ayant reproché à Pépin d’Heristal, maire du palais , d’avoir répudié Plectrude sa femme , pour épouser Alpaïde, celle-ci détermina Dodon , son frère, à la débarrasser d’un censeur importun. D’autres prétendent que Dodon fit assassiner saint Lambert pour venger la mort de ses deux frères, tués par les neveux du prélat; et ce sentiment est celui qui réunit le plus de partisans.

Liège, le meurtre de l'évêque Lambert

Liège, le meurtre de St-Lambert

La Bibliothèque historique de France n’indique pas moins de quatorze Vies de ce prélat. Les quatre principales ont été recueillies par les bollandistes , et imprimées avec un commentaire de Constant Suysken , sous la date du 17 septembre, jour où l’Eglise célèbre la fêle de ce martyr.

Saint Hubert transféra le siège épiscopal de Maestricht à Liège (en 720), et y fit transporter le corps de saint Lambert, qui fut déposé dans la chapelle où il avait été assassiné. C’est au concours de pèlerins qui venaient de toutes parts visiter son tombeau , que la ville de Liège a dû son accroissement. »

Biographie universelle, ancienne et moderne.., ouvrage rédigé par une société de gens de lettres, Tome 23ème, Paris, 1819


Liège, au VIIIème siècle
La religion à Liège