Différentes prononciations du Wallon Liégeois

23 octobre 2007

 » [..] une dernière remarque générale, qui se rapporte à la prononciation. Celle-ci diffère selon les diverses localités, et les modifications de l’accentuation sont telles que presque chaque village a une manière de parler qui lui est propre.
A Liège même, différents quartiers ont des nuances de sons complètement étrangères l’une à l’autre, et un habitant de la rive gauche de la Meuse n’a pas besoin d’avoir une oreille fort exercée pour reconnaître au premier abord un habitant de la rive droite, à la manière traînante dont il appuie sur les mots.
Ceux-ci subissent quelquefois une altération plus profonde. C’est ainsi que dans une partie de l’ancien marquisat de Franchimont mohonn se prononce manhon; femm, famni; drap, drèp.
A l’ouest de Liège, à Ans, par exemple, la prononciation diffère encore. On y substitue en général l’â à l‘a simple: effan se prononce effâ.
C’est le contraire dans le quartier d’Outre-meuse: la prononciation y est âpre, rude, fortement gutturale. L’esprit satirique populaire a même inventé un exemple burlesque pour faire sentir cette différence. A Liège on dit : On blankih à Si. D’nih pô lez moh k’on chi dri l’ouh. Outre-meuse rend cette phrase de cette manière : On blankik à St. D’nik, pô lez mok k’on chi dri l’ouk. Là, on dit colon (pigeon ) ici colank; et cette substitution de l’a à on se reproduit ordinairement.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


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