Posts Tagged ‘Liégeois’

Etat sanitaire des Liégeois autour du Canal de la Sauvenière

23 décembre 2007

« En général, l’état sanitaire des ouvriers se maintint favorable, si l’on excepte peut-être celui des ouvriers des fabriques de draps et des filatures. Il est même à remarquer que les ouvriers, appartenant aux établissements métallurgiques et industriels, jouissent d’une meilleure santé qu’autrefois. On peut dire, sans crainte d’être démenti, que la constitution physique et l’état sanitaire de la population ouvrière de la province de Liége sont, en général, satisfaisants , bien qu’ils soient susceptibles de notables améliorations. En effet, plusieurs maladies qui régnaient endémiquement dans notre province, telles que la teigne , la croûte de lait, etc., s’observent moins souvent.

Les scrofules et le rachitisme ne se rencontrent plus guère que dans quelques rues étroites, obscures et mal aérées , où la population ouvrière des fabriques de draps, des filatures, des papeteries, c’est-à-dire celle qui a le plus besoin d’air et de lumière, va s’entasser de préférence ou plutôt par nécessité.

Les maladies épidémiques sont rares à Liége, et si, depuis un certain nombre d’années, les fièvres intermittentes s’y sont montrées quelquefois, il faut l’attribuer à la stagnation des eaux d’arènes et des eaux provenant des égouts dans le canal de la Sauvenière, d’où elles n’étaient balayées, par les eaux de la Meuse, que pendant les fortes crues. Les anciens médecins soignaient rarement des fièvres intermittentes autres que celles contractées à l’étranger. Les médecins modernes ont remarqué que les premières affections de ce genre ont pris naissance aux environs du canal précité, tant il est vrai que la cause de ces affections réside dans les effluves des eaux stagnantes. Ces fièvres offraient, du reste, un caractère très-benin.

L’administration communale a, depuis peu, fait voûter le canal de la Sauvenière ; on peut donc espérer que ces affections disparaîtront avec la cause qui les a produites.»

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, 1846


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Liège au 19ème siècle

Les Liégeois ont en général l’esprit vif…

14 décembre 2007

« Les Liégeois ont en général l’esprit vif et le caractère gai ; c’est ce qui fait qu’ils sont assez grands parleurs : ils sont féconds en réparties et en saillies. On les appelle communément les Gascons de la Meuse.

Liège, botteresses

Les botresses, par exemple, sont renommées pour leurs propos grossièrement facétieux, si l’on peut parler ainsi, et durement piquans. Ils sont inventifs et industrieux (a) , actifs et entreprenans ; ils aiment à voyager (b). Ils ont justement la réputation d’être hospitaliers et affables aux étrangers.

(a) C’est un Liégeois, Renkin, qui a construit la machine de Marly ; c’est un habitant de Spa, Dagly, qui est l’inventeur d’un vernis à l’épreuve de l’eau et du feu , qui fut mis en usage à la manufacture des Gobelins.

(b) Témoin le père Barthelemi Deschamps, natif de Liège , gardien des Récollets de Verviers , qui entreprit en 1666 un voyage de Liège à Jérusalem , dont il a laisse une description ; témoin Jean Hésius, prêtre de Liège , qui , dans un tems bien plus reculé , en 1389, avait déjà entrepris un semblable voyage , dont il a donné une relation latine, il avait parcouru la Judée, l’Arabie, l’Ethiopie , etc. »

Dictionnaire géographique du royaume de Pays-Bas, Louis Dieudonne Joseph Dewez, 1819.

L’esprit Liégeois
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Différentes prononciations du Wallon Liégeois

23 octobre 2007

 » [..] une dernière remarque générale, qui se rapporte à la prononciation. Celle-ci diffère selon les diverses localités, et les modifications de l’accentuation sont telles que presque chaque village a une manière de parler qui lui est propre.
A Liège même, différents quartiers ont des nuances de sons complètement étrangères l’une à l’autre, et un habitant de la rive gauche de la Meuse n’a pas besoin d’avoir une oreille fort exercée pour reconnaître au premier abord un habitant de la rive droite, à la manière traînante dont il appuie sur les mots.
Ceux-ci subissent quelquefois une altération plus profonde. C’est ainsi que dans une partie de l’ancien marquisat de Franchimont mohonn se prononce manhon; femm, famni; drap, drèp.
A l’ouest de Liège, à Ans, par exemple, la prononciation diffère encore. On y substitue en général l’â à l‘a simple: effan se prononce effâ.
C’est le contraire dans le quartier d’Outre-meuse: la prononciation y est âpre, rude, fortement gutturale. L’esprit satirique populaire a même inventé un exemple burlesque pour faire sentir cette différence. A Liège on dit : On blankih à Si. D’nih pô lez moh k’on chi dri l’ouh. Outre-meuse rend cette phrase de cette manière : On blankik à St. D’nik, pô lez mok k’on chi dri l’ouk. Là, on dit colon (pigeon ) ici colank; et cette substitution de l’a à on se reproduit ordinairement.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


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Liège au 19ème siècle

L’évangile de St-Matthieu en Wallon Liégeois est envoyée au prince Bonaparte

11 juin 2007

Louis-Lucien BonaparteLe prince Louis-Lucien Bonaparte, savant distingué, qui a fait faire de grands travaux sur le patois du nord de l’Europe, s’étoit adressé à la Société de littérature wallonne de Liège, pour la prier de lui traduire littéralement en wallon l’Evangile de Saint Mathieu, d’après le texte français de Le Maistre de Sacy.

La Société liégeoise a fait faire ce travail dans son sein et il est aujourd’hui terminé; deux commissions ont été nommées : l’une, chargée de la traduction en wallon, étoit composée de MM. F. Bailleux, A. Hock et N. Defrecheux. Quand ces messieurs eurent traduit les 27 chapitres de cet évangile, leur travail fut soumis à la commission de révision. Celle-ci, composée de MM. A. Le Roy, Epiphane Martial et Henrotte, chanoine, revirent le manuscrit et en conférèrent souvent avec les traducteurs, afin de le rendre le plus parfait et le plus uniforme possible.

Celle œuvre, faite ainsi avec le plus grand soin et précédée d’une courte introduction sur quelques règles de la grammaire et de la prononciation wallonne, fut remise à un habile copiste (M. Dalmont), qui en fit un magnifique manuscrit.

La traduction wallonne de l’évangile Saint.Mathieu, document précieux pour l’étude du wallon, et qui, nous le souhaitons vivement, sera publiée, va être envoyée au prince Louis-Lucien Bonaparte.

Journal historique et littéraire, Tome XXIX, Liège, 1863

Lire aussi: Bonaparte demande un évangile en Wallon de Liège


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