Posts Tagged ‘patrimoine’

La nouvelle Chartreuse de Liége

15 février 2008

«La nouvelle Chartreuse de Liége, le plus beau couvent moderne de cet ordre en Belgique, datait aussi de 1705 ; elle avait remplacé les bâtiments antérieurs, détruits dans le siége de la ville par les Français en 1691, et qui n’avaient rien de remarquable. La gravure ci-jointe nous dispensera d’en décrire l’extérieur. Quant à l’intérieur de l’église, rasée avec les cloîtres au commencement de ce siècle, tout ce que nous en apprend l’auteur des Délices du pays de Liége, la seule autorité qu’il nous soit donné d’invoquer pour ce monument, c’est que la voûte était ornée dans toute son étendue de médaillons de la plus fine sculpture, que la croisée était surmontée d’une coupole et le sanctuaire revêtu en marbre avec colonnes et pilastres composites. La voûte du cloître qui régnait autour de l’église était aussi couverte d’ornements sculptés. Chacune des aîles latérales avait un développement de 407 pieds sur 10 de largeur.»

Liège, la Chartreuse


Histoire de l’architecture en Belgique: depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’époque actuelle
Tome II, Antoine Guillaume B. Schayes, 1852


Le patrimoine de Liège, autres billets
Liège au 18ème siècle
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«Riche comme un Curcieux de Liége.»

3 décembre 2007

« La famille Curtius, dit mde Dunoyer, a été si opulente que, quand on voulait exagérer la richesse de quelqu’un, on disait : «Riche comme un Curcieux de Liége ». Cette opulence était toute récente, comme la famille : elle datait de Jean Curtius, ou DE LE COURT, commissaire général des munitions de guerre au service d’Espagne, emploi correspondant sans doute aux munitionnaires généraux de la république, qui nous ont aussi scandalisés par la rapidité de leur fortune.

Il fit bâtir, dit Loyens, la magnifique maison qui porte son nom, la belle maison de Vaux-sous -Chèvremont, les châteaux d’Oupeye et de Grand-Aaz, les beaux moulins appelés les Moulins Curtius, situés à Graveroulle, les seigneuries de Vivegnis et autres, qu’il avait acquises.

Liège, panorama de 1649 par Julius Milheuser, Curtius et St-Barthélémy

Mais ses richesses ne furent pas uniquement consacrées à son usage personnel : il restaura plusieurs monuments publics, qu’il décora de ses armoiries,—symptôme d’un parvenu anobli ; — il dota plusieurs églises, et les orna de ses armoiries ; il fonda le couvent des capucins, peut-être pour sanctifier la propriété de ce qu’il se réservait.
Il avait entrepris le voyage d’Espagne pour essayer d’arracher aux lenteurs habituelles du fisc castillan le solde de créances arriérées ; mais il mourut avant le payement, à Leganez, en 1628. Son corps, ramené à Liége, fut déposé dans l’église des capucins.»

Bulletin du bibliographie belge, Tome XI (ser.2, tome II), 1855

Curtius, commissaire du Roi d’Espagne
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Liège au 17ème siècle

L’orgue de St-Jacques à Liège

20 novembre 2007

L’orgue, d’une richesse extraordinaire, déploie, à ses deux côtés, d’immenses panneaux dorés, dont l’intérieur est couvert de peintures.

Ces panneaux se fermaient dans les jours ordinaires, et servaient à protéger l’orgue contre la poussière; on ne les ouvrait qu’aux jours de fêtes, pour laisser passer les saintes harmonies, et donner au peuple, avec le plaisir d’entendre la musique céleste, celui de voir le magnifique instrument d’où elle sortait.

Depuis que la destruction des abbayes a fait de cette église la propriété longtemps abandonnée de la ville, les panneaux sont demeurés ouverts; on craindrait de les ébranler sur leurs gonds rouilles; et l’orgue reste muet, ouvrant inutilement ses deux grandes ailes chargées de saints et d’anges, que les vibrations de l’instrument feraient peut-étre tomber en poussière.

Liège orgue à St-JacquesLe buffet, dont le sommet se détache sur un fond de lumière et de pointures, formé par les vitraux de la rosace et par les fresques de la muraille extérieure, descend en pointe presque à portée de la main d’homme, et se termine en forme de cul-de-lampe, par un faisceau de cinq niches où sont cinq statues; au milieu, celle de la Vierge ; à ses côtés, deux saintes portant l’encensoir; aux deux coins, deux prophètes.

Cette pointe coupe en deux parties égales un balcon en bois doré, où s’appuyaient les chanteurs qui accompagnaient l’orgue, et au-dessous duquel sont, de chaque côté, six niches avec leurs saints, rois ou prophètes, vêtus d’habits dorés, et assis sur des trônes peints en rouge, que couvre un petit dais sculpté à jour.

Les inscriptions placées au bas du cul-de-lampe, donnent la date de l’achèvement de l’église, 1538.

L’abbé régnant s’y félicite d’avoir mis la dernière main à ce bel ouvrage et en rend gloire à Dieu. On lui eût permis même un peu de vanité mondaine.


La revue de Paris, souvenirs de voyage III, Liège, Marc Le Goupils, 1836.

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Liège au 19ème siècle

Incendie de l’Eglise St-Lambert de Liège à la fin du XIIè siècle

15 octobre 2007

Voici, d’après Saumery, l’auteur des Délices du pays de Liège, quelques détails sur ce fameux incendie :

« Sur la fin du douzième siècle, selon le plus ancien de ses historiens, le feu prit à une maison voisine de l’église bâtie par Notger, et en peu de temps gagna l’église.


Deux tours qui en faisaient partie furent aussitôt brûlées et renversées.
Les cloches les plus sonores qui fussent au monde furent brisées.
Le plomb, dont l’église était couverte , loin d’empêcher l’incendie de la charpente, ne servit qu’à l’enflammer. La chute des poutres causa la destruction totale du pavé, qui était de marbre; tous les autels généralement, à l’exception du principal, devinrent la proie des flammes. Les peintures et les tapisseries eurent le même sort. On fut assez heureux pour sauver de ce déluge de feu, la châsse de saint Lambert; mais on perdit, en la transportant, une grande quantité de pierres précieuses dont elle était garnie. Une magnifique couronne, qui était au milieu de là nef, et qu’on aurait souhaité garantir de l’embrasement, fut mise en pièces. En un mot le vaisseau entier de l’église et les cloîtres contigus furent réduits en cendres. L’évêque et le chapitre prirent, quelque temps après, la résolution de faire bâtir une nouvelle église, et de démolir le grand autel, que les flammes avaient épargné. [..]


Le plomb fondu qui tombait du toit empêchait, selon un écrivain postérieur (Fisen), d’approcher de l’église et d’y apporter quelque secours.
L’incendie dura treize jours. La châsse de saint Lambert fut placée au milieu de l’église; mais l’impétuosité du feu ne fut point ralentie.

Je ne puis me dispenser de rapporter ici, sur la foi de cet auteur, un fait très-singulier et qui tient du miracle. Les ossements de saint Lambert étaient conservés dans une châsse de bois revêtue de métal. L’autel sur lequel elle fut exposée au milieu de cette église en feu, était aussi en bois, où était un marbre qui portait ce précieux dépôt. Les flammes semblant le respecter réduisirent en cendres l’autel, le marbre et le métal, sans nuire à la châsse de bois, qui ne fut pas même ternie par la fumée.


La bibliothèque de cette église, qui était remplie d’un grand nombre de livres choisis, et le trésor des Chartres furent aussi consumés par les flammes ; on sauva néanmoins les registres publics; et l’on porta le corps de saint Lambert, avec les reliques de plusieurs autres saints, dans l’église de St.-Barthélemi, où ils restèrent pendant le temps qui fut employé à bâtir une nouvelle église.
 »

Salaumy, in Histoire des bibliothèques publiques de la Belgique, Jean Pie Namur, T.3, 1842

La Cathédrale St-Lambert de Liège
Liège au 12ème siècle
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