Liège fut une fabrique d’hommes

17 novembre 2007

«Liège fut une grande fabrique, non de drap ou de fer seulement, mais d’hommes; je veux dire une facile et rapide initiation du paysan à la vie urbaine, de l’ouvrier à la vie bourgeoise, de la bourgeoisie à la noblesse.

Je ne vois pas ici l’immobile hiérarchie des classes flamandes. Entre les villes du Liégeois, les rapports de subordination ne sont pas non plus si fortement marqués. Liège n’est pas, ainsi que Gand ou Bruges, la ville mère de la contrée, qui pèse sur les jeunes villes d’alentour, comme mère ou marâtre. Elle est pour les villes liégeoises une sœur du même âge ou plus jeune, qui, comme Église dominante, comme armée toujours prête, leur garantit la paix publique.

Quoiqu’elle ait elle-même par moments troublé cette paix, abusé de sa force, on la voit, dans telles de ses institutions jurididiques les plus importantes, limiter son pouvoir et s’associer les villes secondaires sur le pied de l’égalité.»


Histoire de France jusqu’au XVIe siècle, Jules Michelet 1852

L’esprit Liégeois
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