Le bas prix du genièvre est source de misère chez les ouvriers de Liège

11 janvier 2008

Liège Pont des Arches buveurDans le cadre de l’enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, une série de questions fut posée aux chefs d’industrie. Voici la réponse du directeur du Charbonnage de Houlleux, à Jupille (Liége):

«Le malaise et la gêne dans lesquels un grand nombre d’ouvriers mineurs se trouvent souvent, doivent être attribués principalement à.leur intempérance, et souvent aussi au jeu.

Il arrive fréquemment que ces ouvriers ont dépensé le produit de leur quinzaine le lendemain du payement. Pour remédier autant que possible à cet abus, on a cessé de payer les ouvriers le samedi.

Le bas prix du genièvre est considéré comme une source de misère, de désordre et de scandale parmi les ouvriers. Une chose qui, à la campagne, facilite la vente à bon marché, c’est l’impunité de ceux qui se livrent à ce commerce sans être munis de patentes. Le nombre en est considérable, et dépasse de beaucoup le nombre des débitants qui se conforment aux prescriptions de la loi.

D’un autre côté, il serait à désirer que la police se fît convenablement, et qu’elle veillât à l’exécution des règlements existants sur la fermeture des cabarets et la prohibition de certains jeux, combats de coqs, etc.

On ne saurait assez le répéter, l’ivrognerie est la grande et presque l’unique cause de la misère des classés ouvrières : l’augmentation du prix des boissons spiritueuses et une police mieux organisée contribueraient puissamment à améliorer cet état de choses. »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Tome I, Réponse des chefs d’industrie, Ministère de l’intérieur, Belgium Ministère de l’intérieur, 1848

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