Posts Tagged ‘tradition’

Les Liégeois dansent le cramignon à la St-Henri

15 juillet 2008

A Liége, la fête de saint Henri, patron de la citadelle, était presque tout aussi impatiemment attendue que le 1er mai.
Une procession magnifique circulait à travers les allées de verdure escortée par un régiment de vieux soldats, drapeaux déployés; suivait la grande messe « en musique, » ensuite un repas qui pouvait passer pour splendide, comparativement à la frugalité de la vie ordinaire, et finalement on courait à la danse. Car c’était le jour, où le « cramion », cette danse favorite des Liégeois qui ne manque à aucune fête, jouissait de la plus grande vogue. Tous les rangs et tous les grades s’y confondaient, le général aussi bien que le soldat répétait en dansant avec les autres le joyeux refrain de :

« Vive ly fiesse, ly joleie fiesse, vive ly fiesse dy sint-Hinry ! »

Calendrier belge, fêtes, usages, croyances et pratiques populaires, baron de Reinsberg-Düringsfeld, Bruxelles, 1862


Fêtes et traditions à Liège

Liège, les Liégeois dansent le cramignon

Liège, les Liégeois dansent le cramignon

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La Reine des Concubines à Liège

31 mars 2008

« La fête des fous a trouvé plus d’une histoire. Voici une anecdote qui semble appartenir au même sujet. Sous Albéron II , évêque de Liège, dont l’avénement eut lieu en 1136 , les mœurs des Liégeois étaient fort relâchées.

C’est alors qu’on imagina , pour égayer les solennités trop graves des fêtes de Pâques et de la Pentecôte , de créer une reine, c’est la dénomination que l’on donnait à une femme de mauvaise vie, aliquam ex sacerdotum concubinis, dit Gillis D’Orval, à qui nous empruntons ce trait, qu’on revêtait de magnifiques habits de pourpre , et qui , le visage couvert d’un voile et la tête ceinte d’un diadème, était élevée au milieu de l’église sur une espèce de trône. Tout le monde, les prêtres comme le peuple, chantait pendant tout le jour au son des tambours et des instrumens , autour de la reine , à laquelle on avait l’air de rendre un culte idolâtre.

Nous ignorons combien de tems dura cette profanation sacrilège. On conçoit que le carme chaussé Théodose Bouille la passe discrètement sous silence. »


Messager des sciences et des arts de la Belgique, F de Reiffenberg et al., Tome 2, Gand, 1834


Anecdotes et curiosités à Liège
Liège au 12ème siècle
La religion à Liège

Les servantes enferment leurs maîtres jusqu’à obtenir un gâteau

28 décembre 2007

« 28 décembre, Jour des Innocents. Cette fête que nous trouvons déjà indiquée dans la liste des fêtes de l’église de Carthage, composée vers la fin du cinquième siècle, fut instituée en souvenir des petits enfants que le roi Hérode fit égorger. La légende chrétienne accordait au couvent de Saint-Gérard, dans le Namurois, les corps de deux de ces Saints-Innocents : Benjamin et Philippe, rapportés par saint Gérard d’un monastère appelé Autas, en Italie.

[..]Le jour des Innocents est en Belgique plus qu’ailleurs une fête des plus populaires. Car si la jeunesse, à la Noël, a moins de réjouissances en Belgique que dans les autres pays teutoniques, elle est indemnisée par le jour des Innocents, véritable fête de l’enfance, où les enfants sont maîtres dans la maison et les parents à leur tour doivent leur obéir.

Dans les environs de Liége, les servantes jouissent encore du privilège d’enfermer leurs maîtres jusqu’à ce qu’ils leur aient promis un gâteau, et de se mettre ensuite à la table de famille pour être du dîner qu’a commandé le plus petit enfant de la maison. L’enfant même, travesti et muni des clefs, doit apporter le gâteau et en servir à tous les convives.»

Traditions et légendes de la Belgique. tome II, Le Baron de Reinsberg-Düringsfeld, 1870


Fêtes et traditions à Liège
Liège au 19ème siècle

Les trémoussements des jeunes mariées de Verviers à St-Lambert de Liège

18 décembre 2007

« Les Manans Bourgeois Habitant de Vervier sont obligés d’envoïer tous les ans les douze plus jeunes mariés, la croix de leur paroisse & le tambour de la ville, au Chapitre de St. Lambert de Liège. Le cortège entre à neuf heures du matin dans l’église, les Députés présentent en hommage aux Tréfonciers, de l’or, de l’argent & du cuivre ; ensuite au son du tambour ils dansent une ronde sous une grande couronne de fer blanc qui décore la nef de la cathédrale.

Cette pantomine dure une heure, les jeunes mariées s’y distinguent ordinairement par la vivacité avec laquelle elles font voltiger leurs jupons & Messieurs les Chanoines, présens à la cérémonie, ne laissent point de faire attention à l’élégance de la jambe des sauteuses & peut-être à autre chose que ce trémoussement dévot fait appercevoir.

Le scandale fini, les Députes sortent de l’église, tambour battant, croix levée, vont prendre au marché au bled une mésure de forment, la portent à la troisième arche d’un pont sur la Meuse, la brisent avec le bâton de la croix & la jettent ensuite dans la rivière.

L’origine de cette farce vient de ce qu’autrefois les habitans de Vervier, plus honnêtes gens alors que les nobles bourgeois & manans de Liège, firent une mésure plus grande que celle de Liège, ce qui faisait tort aux Chanoines, dont la mésure était plus petite. L’intérêt donna de l’humeur au Chapître en conséquence il obligea les habitans de Vervier de prouver tous les ans par cette cérémonie que les gens d’église ne pardonnent jamais.  »

Les abus dans les cérémonies et dans les moeurs developpés, Henri-Joseph Du Laurens, 1767


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Liège au 18ème siècle