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Lettre du Duc de Bourgogne sur la prise de Liège, 30 octobre 1468

30 octobre 2007

« Lettre du duc aux magistrats d’Ypres, par laquelle il leur donne part de la prise de Liège : 30 octobre 1468.

DE PAR LE DUC DE BOURGOINGNE, Etc.

Tres chiers et bien amez, nous tenons que estes assez advertiz des grans oultrages, rebellions et entreprinses que ceulx de ceste cyté ont faictes, depuis que les avions derrenierement reduis, à l’encontre de reverend pere en Dieu nostre tres chier et tres amé frere et cousin l’evesque de Liege, leur seigneur, et de nous leur souverain advoé, et comment ilz ont à force d’armes prins et mené prisonnier en ladite cyté nostredit frere et pluiseurs de nous officiers, serviteurs et subgetz et des siens, les aucuns tuez et mis à mort, les aultres rançonnés ou traictiés comme ennemis, et finablement s’efforcerent de faire ou vouloir faire aultres grans entreprinses, maulx et dommaiges sur nous et nostredit frere, et sur noz pays et subgetz et les siens, et tellement que, pour à ce obvier et pour rompre l’effect de leur mauvaise et dampnable voulenté, il nous a esté besoing venir à main armee devant ladite cyté, où noz avons esté l’espace de trois jours et jusques aujourdhuy que, à l’ayde de Dieu, de sa glorieuse mere, de monsr Saint George et de noz feaulx vassaulx et subgetz , nous avons, environ xj heures du matin, prins à force et d’assault ladite cyté, sans perte de gens de nostre costé.

Ce que nous vous signiffions , affin que vous en rendez et faictes rendre par noz subgetz graces et louenge à Dieu. Tres chiers et bien amez, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript en ladite cyté de Liege le penultime jour d’octobre anno Lxviij.

CHARLES.
 »


Collection de documens inédits concernant l’histoire de la Belgique, Louis-Prosper Gachard, Archives générales du Royaume,
1833


Liège au 15ème siècle
Guerres et batailles à Liège
Liège face à Charles le Téméraire, les autres billets

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Charles le Téméraire a mis le siège devant la ville…

27 octobre 2007

charles_le_temeraire_en_chevalier.jpg« Un prince puissant a mis le siège devant une ville de 120,000 âmes. La plupart des défenseurs de la cité sont morts au pied des remparts, et les survivants ont pris la fuite pour se soustraire à l’atteinte de l’ennemi victorieux. Celui-ci franchit la brèche dans l’appareil de la force et du triomphe.
Les prêtres, les moines, les femmes, les vieillards, les enfants se pressent dans les rues et implorent à genoux la clémence du vainqueur; mais, l’œil enflammé par la haine, les traits contractés par la colère, le prince traverse cette foule suppliante sans daigner la regarder, et se dirige lentement vers la place de l’hôtel de ville. Arrivé devant l’édifice où, la veille encore, siégeaient les magistrats qui avaient bravé ses ordres, il s’arrête, tire son épée et pousse un cri de triomphe. C’était le signal du massacre d’un peuple désarmé !

Quarante mille bourreaux, dignes soldats d’un tel maître, se dispersent dans toutes les directions. Le meurtre, le viol, le pillage, tous les crimes s’accomplissent impunément à la lumière du soleil. Un immense cri de détresse s’élève des maisons, des monastères, des églises, de tous les lieux où les familles des vaincus ont vainement cherché un asile. Des ruisseaux de sang inondent les rues, et bientôt trente mille cadavres attestent l’éclatante vengeance du vainqueur.

Mais celle vengeance n’est pas satisfaite encore! On réunit les survivants par dizaines, par vingtaines. On lie les enfants aux mères, les époux aux épouses, les vieillards aux
derniers représentants de leur race, et, du haut des ponts, on précipite ces fardeaux vivants dans le fleuve. Est-ce assez d’horreurs, assez de crimes? Non.

La cité rebelle reste debout, et elle doit partager le sort de ses habitants. On dépouille les sanctuaires, on enlève les cloches des temples, on arrache le plomb des édifices, on brise les marbres des tombeaux pour s’emparer des métaux dont ils sont ornés; puis, quand il n’y a plus de richesses à prendre, quand de longues files de chariots ont emporté jusqu’aux poutres des toits, quatre mille soldats reçoivent des torches et deviennent les exécuteurs d’une dernière vengeance.

Le tigre couronné se retire alors; il se place sur une colline pour jouir de la vue des flammes qui s’élèvent, comme une montagne de feu, du sein de celle immense fournaise ! Quel est ce prince? Charles le Téméraire. Où se sont accomplies ces horreurs? A Liège. A quelle époque? A la fin du XVme siècle de l’ère chrétienne!

« Qu’on ne parle pas de pardon », disait le Bourguignon. « Maître, par le droit de la guerre, de la vie et des biens de cette race de rebelles, je puis les châtier à plaisir » « 

Bulletins de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 29è année, ser.2, tome.9, 1860


Liège face au duc de Bourgogne, les autres billets
Guerres et batailles à Liège
Liège au 15ème siècle

Les Liégeois, animés par St-Lambert, reprennent Bouillon

17 septembre 1141

« On nous représente Albéron, jeune encore , comme possédant toute la prudence d’un vieillard le plus consommé dans les affaires; on cite, en preuve de cela, la guerre qu’il eut à soutenir contre le Comte de Bar, qui s’était emparé du château de Bouillon.

L’Evêque de Liége, ayant en vain invoqué la justice de l’Empereur et du Pape, rassembla une armée considérable, alla cerner ce château, et en entreprit le siége. Ce n’était pas une conquête très-aisée à faire mais Albéron enflamma le zèle de ses troupes, en transportant dans son camp le corps de St.-Lambert. Les Liégeois, animés par la présence de leur patron , firent des prodiges de valeur, et reprirent enfin, après une résistance longue et opiniâtre, le château de Bouillon qui était une des places les plus fortes de ce tems. Selon un écrivain contemporain, Albéron, à ce siége mémorable, était à la tête de cent mille fantassins et de trois mille cavaliers.  »

Recherches sur l’histoire de la ci-devant principauté de Liége, Tome premier, De Villenfagne d’Ingihoul, Liège, 1817,


les Princes-Evêques de Liège
Liège au 12ème siècle
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