Posts Tagged ‘Pierreuse’

Grandes inondations à Liège aux XVème et XVIème siècle

29 mai 2008

« Les annales de la ville de Liège font mention aux XVe et XVIe siècles de quelques grandes inondations de la Meuse, dont on ne retrouve aucune trace sur le cours supérieur du fleuve, appartenant aujourd’hui à la France. Cependant, il n’est pas invraisemblable de croire qu’elles aient pu s’y faire sentir, et c’est pourquoi nous croyons devoir rapporter les extraits suivants d’un historien de Liège:
1463. — « Il arriva une inondation prodigieuse. Le faubourg de Sainte-Marguerite regorgeait si prodigieusement d’eaux boueuses, qu’après qu’elles furent retirées, elles laissèrent un limon de la hauteur d’un homme-, de là, étant venues avec furie dans la cité, elles gagnèrent le maître-autel de l’église Saint-Séverin, puis entraînant tout ce qui se trouvait sur leur passage, elles portèrent la désolation jusqu’à l’extrémité de la ville. »
1541. — « Au mois d’avril, les eaux vinrent fondre dans la ville, d’une telle furie, que depuis la porte Sainte-Marguerite jusqu’à la rue du Pont, c’était ni plus ni moins qu’une rivière navigable; les eaux qui descendaient de Pierreuse, comme des torrents, ayant gagné le palais, furent inonder la cathédrale, levèrent le pavé de marbre, et les eaux poussèrent jusqu’au maître-autel. »
1560. — « Cette année fut très-affligeante pour le pays, à raison des fréquentes inondations causées par des pluies continuelles, qui désolèrent si généralement les villes et les campagnes, que l’évêque, considérant que c’était la troisième année de stérilité de vin, obligea les créanciers de remettre une partie des cens à leurs vignerons. »  »

Les inondations en France depuis le VIe siècle jusqu’à nos jours, Maurice Champion, 1865


Les phénomènes naturels à Liège
Liège au 16ème siècle

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Alexandre Dumas, rue Pierreuse à Liège

22 août 2007

liege_pierreuse_b.jpg« [..]je m’arrêtai un jour à Liège ; j’avais là, aux archives de la ville, un ancien écolier près duquel je ne voulais pas passer sans lui faire ma visite. Il demeurait rue Pierreuse : de la terrasse de sa maison, et en faisant connaissance avec le vin du Rhin, je pus donc voir la ville se dérouler sous mes pieds, depuis le village d’Herstall, où naquit Pépin, jusqu’au château de Ranioule, d’où Godefroy partit pour la Terre-Sainte. Cet examen ne se fit pas sans que mon écolier me racontât, sur tous ces vieux bâtiments, cinq ou six légendes plus curieuses les unes que les autres ; une des plus tragiques est, sans contredit, celle qui a pour titre le Banquet de Varfusée, et pour sujet le meurtre du bourgmestre Sébastien Laruelle, dont une des rues de la ville porte encore aujourd’hui le nom.  »

in Le Maître d’Armes, chap. I.


Dumas à Liège, autres billets
les écrivains et Liège
Liège au 19ème siècle

Fête du 1er mai à la Citadelle de Liège

1 mai 2007

« A Liége, le 1er mai, était autrefois un jour de réjouissance générale attendu avec impatience par les habitants de la ville et surtout par ceux de la citadelle. Dès l’aurore, la fête du jour était annoncée par le roulement du tambour et par les fanfares joyeuses des clairons. A quatre heures et demie, la garnison était sous les armes ; les officiers et les soldats apparaissaient en tenue d’été consistant en guêtres de toile blanche, culottes et gilets de coutil blanc, l’habit de toutes saisons en drap bleu, avec bavaroise et parements rouges, chapeau à cornes, bordé de galons blancs. Les grands exercices commençaient au son de la musique militaire, composée d’excellents exécutants, et le pont-levis de la porte
d’entrée étant baissé, une partie de la population de Liége et des environs envahissait la citadelle, pour se répandre dans les promenades et les remparts. Ce qui attirait surtout la foule, c’était le jardin magnifique dit « du commandant, » ouvert au public pendant six semaines (1).

Puis tout le monde se portait au quartier de Sainte-Balbine (2). Une foule de pèlerins se pressait pour entrer dans la chapelle, d’autres renonçant à y trouver place se mettaient à genoux en dehors. Après les dévotions, le plus grand nombre prenait ses ébats dans les cabarets ou sous les tentes, qui, dressées à la file les unes des autres, présentaient l’image d’un camp et servaient de cantines où l’on faisait frire des saucisses ou des œufs, et où l’on vendait de la bière.

Depuis l’arceau de Pierreuse jusqu’à la porte de Sainte-Walburge on passait au milieu de rues étroites et non interrompues, formées par des tables chargées d’objets de fantaisie et par des étalages de marchandes de petits pains, criant à tue tête : « haie! mes bais pùsans tortais! » Avec ces cris se confondaient ceux de : « haie! Babilone’. »
A côté, dans la prairie, se trouvaient tous les genres d’amusements : les marionnettes, les optiques, les jeux de bagues, les chanteurs ambulants, les charlatans, etc., partout on voyait des groupes assis à l’ombre des ormes mangeant les provisions apportées ou achetées sur la place. Le pot de bière allait à la ronde et faisait éclater sur son passage le rire et les bons mots dont l’idiome liégeois est si bien pourvu. En plusieurs endroits étaient établies des danses en plein air, où jeunes et vieux sautaient au son de la clarinette et du violon jusqu’à la nuit close. »

Liège, chapelle Ste-Balbine, carte du XVIII, Citadelle
« (1) Le jardin « du commandant » passait dans ce temps-là pour être un des plus beaux de l’Europe. Commencé sous Jean-Théodore, c’était à Velbruck qu’il devait sa richesse et ses principaux embellissements. Ce prince, ami des arts et des sciences, n’avait rien négligé pour se procurer les plantes les plus rares des quatre parties du monde et cultivait même le caféyer dans ses serres de Seraing dont il aimait à faire servir le produit lors de ses grands repas de cour.

(2) La chapelle de Sainte-Balbine, à Liége, jouissait déjà vers le milieu du quatorziême siècle d’une grande célébrité. Elle était située entre la fausse-porte de Pierreuse et celle de Sainte-Walburge et entourée de tilleuls et d’ormes qui prêtaient leur ombrage aux nombreux visiteurs, et cette fréquentation donna naissance à un joli quartier qu’on a abattu en 1816. »

Calendrier belge, fêtes, usages, croyances et pratiques populaires, Otto Reinsberg-Düringsfeld, 1861

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