Posts Tagged ‘maladies’

Les hospices de Liège et l’hôpital de Bavière

27 mars 2008

« Les hospices de Liège sont au nombre de sept. Tous sont tenus très-proprement. Ils ont une boulangerie, une brasserie, et une pharmacie, centrales ou communes. le petit nombre des vases et des tiroirs de la pharmacie, le peu de local qu’elle occupe, m’ont fort édifié.

La fourniture de viande est passée aux économes des maisons à un prix déterminé; ils s’en pourvoient où bon leur semble: si elle n’est pas bonne, ils en sont responsables.
Lèege, Hôpital de Bavière
L’hôpital nommé de Bavière est un hôpital général de malades. Ils y sont 150 dans trois salles, susceptibles d’en contenir jusqu’à 200. La maison est pour hommes et femmes, malades et blessés. On y est reçu sur un billet d’officiers de santé commis à cet effet, lesquels sont tenus de spécifier la maladie dans leur billet. La direction immédiate est entre les mains d’anciennes soeurs hospitalières. Les salles sont très-élevées; mais les fenêtres ne descendent point jusqu’au sol des salles, il s’en faut dix pieds au moins. Le médecin a prétendu qu’il ne résultoit de là aucune insalubrité, à cause du soin extrême qu’on a de la propreté. On nettoie le sol des salles, qui est couvert de planches, avec du tan. Les lits sont trop fermés, parce que, outre les rideaux, le lit a un ciel. On se propose de le supprimer . On tire sur le côté du lit, de dessous le traversin, une planche qui forme table, et est très commode pour poser les vases ou autres objets nécessaires au services du malade.

Deux maisons séparées forment, l’une, l’hospice des hommes incurables où j’ai vu 45 personnes; l’autre, l’hospice des femmes incurables , ou je les ai vues, au nombre de 82, servies par 17 soeurs d’une communauté hospitalières; mais quelques-unes de ces soeurs peuvent être comptées elles-mêmes, ne fut-ce qu’à cause de leur âge, au rang des incurables. Les salles sont grandes, belles, aérées, claires. C’est celui de leurs hospices que les Liégeois vantent le plus pour son étendue, sa propreté, sa bonne tenue; et ils ont raison.  »


Voyage fait dans les départemens nouvellement réunis, et dans les départemens du Bas-Rhin, du Nord, …, Camus, Armand-Gaston, 1803

Autres billets sur la santé à Liège
Liège au 19ème siècle

Etat sanitaire des Liégeois autour du Canal de la Sauvenière

23 décembre 2007

« En général, l’état sanitaire des ouvriers se maintint favorable, si l’on excepte peut-être celui des ouvriers des fabriques de draps et des filatures. Il est même à remarquer que les ouvriers, appartenant aux établissements métallurgiques et industriels, jouissent d’une meilleure santé qu’autrefois. On peut dire, sans crainte d’être démenti, que la constitution physique et l’état sanitaire de la population ouvrière de la province de Liége sont, en général, satisfaisants , bien qu’ils soient susceptibles de notables améliorations. En effet, plusieurs maladies qui régnaient endémiquement dans notre province, telles que la teigne , la croûte de lait, etc., s’observent moins souvent.

Les scrofules et le rachitisme ne se rencontrent plus guère que dans quelques rues étroites, obscures et mal aérées , où la population ouvrière des fabriques de draps, des filatures, des papeteries, c’est-à-dire celle qui a le plus besoin d’air et de lumière, va s’entasser de préférence ou plutôt par nécessité.

Les maladies épidémiques sont rares à Liége, et si, depuis un certain nombre d’années, les fièvres intermittentes s’y sont montrées quelquefois, il faut l’attribuer à la stagnation des eaux d’arènes et des eaux provenant des égouts dans le canal de la Sauvenière, d’où elles n’étaient balayées, par les eaux de la Meuse, que pendant les fortes crues. Les anciens médecins soignaient rarement des fièvres intermittentes autres que celles contractées à l’étranger. Les médecins modernes ont remarqué que les premières affections de ce genre ont pris naissance aux environs du canal précité, tant il est vrai que la cause de ces affections réside dans les effluves des eaux stagnantes. Ces fièvres offraient, du reste, un caractère très-benin.

L’administration communale a, depuis peu, fait voûter le canal de la Sauvenière ; on peut donc espérer que ces affections disparaîtront avec la cause qui les a produites.»

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, 1846


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Liège au 19ème siècle

Maladies épidémiques et contagieuses à Liège du XIIIe siècle au XIXe siècle.

9 octobre 2007

« Ce qui suit présente le tableau indicatif par ordre de dates des maladies épidèmiques et contagieuses qui régnèrent à Liège depuis le xiii » siècle, jusqu’au commencement du XIXe.

1225. Maladie meurtrière causée par la famine qui, à cette époque, régnait dans le pays.
1282. Dysenterie très-violente, déterminée par un trop grand usage de fruits et surtout du raisin.
1348. Maladie èpidémique, aggravée par les inondations de la Meuse et de l’Ourte.
1362. Epidémie qui prit naissance dans le Limbourg, s’étendit à Liège et dans toute la Hesbaye.
1439. Maladie contagieuse qui, suivant un manuscrit cité par Foullon, fit périr à Liège plus de 20,000 personnes.
1519 ou 1520. Maladie très-meurtrière qui sévit à Liège. Pour soigner les malades, on fit un appel aux frères cellites de Hasselt : en récompense de leur zèle, ces religieux respectables furent dotés par les magistrats, et s’établirent à Liège.

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1529. Suette anglaise; elle se déclara dans le mois de septembre : les malades atteints de cette affection étaient enlevés en vingt-quatre et quelquefois même en douze heures.
1532. Maladie épidémique qui régna en septembre; on trouva dans les bois un grand nombre d’animaux qui avaient succombé.
1564. Maladie populaire qui fit irruption vers la fin de l’été, et disparut en automne.
1579. Le principe de la maladie qui éclata à cette époque vint du camp du duc de Parme au-devant de Maestricht, et s’étendit jusqu’à Liège. Pendant les mois de septembre, octobre et novembre de la même année, la ville de Liège fut entièrement déserte.
1780. Dysenterie qui attaqua surtout la classe indigente.
1793 – 1794. Le typhus régna à Liège. Le centre principal de ses ravages fut l’hôpital Saint-Léonard. Son introduction avait eu lieu par des objets volés aux hôpitaux.
1805. Epidémie de rougeole et de scarlatine très-meurtrière. — Année fort humide.
1814. Typhus qui s’est déclaré à Liège, à l’entrée des Alliés, et qui ne s’est pas propagé au-delà des hôpitaux.  »


Dictionnaire géographique de la province de Liége, Baron Edmond de Selys-Longchamps, 1831


Liège au 16ème siècle
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Dans le canton de Seraing, le Dr Peetermans signale l’insalubrité des habitations

20 avril 2007

 » Nous avons déjà dit que la classe ouvrière dans le canton de Seraing était dans une condition plus favorable que dans la plupart des autres districts manufacturiers du royaume. La viande forme généralement la base de sa nourriture, et contribue puissamment à entretenir ses forces et à balancer l’influence parfois pernicieuse des travaux auxquels elle est occupée.
Mais le Dr Peetermans signale avec raison le mauvais état des habitations et surtout l’insalubrité et la dégoûtante malpropreté des maisons où s’entassent
les ouvriers étrangers à la localité : « Tel, dit-il, qui était en habit noir à la messe du dimanche, se couche le soir sur un grabat de paille pour ainsi dire pourrie, dont les couvertures sont d’une saleté repoussante ; et, pour comble d’inconvénient, ce misérable grabat est d’ordinaire resserré dans une alcôve qu’on tient hermétiquement fermée. Le berceau de l’enfant à la mamelle, la couchette de l’enfant qui court ainsi que celle de l’adolescent offrent le même défaut de propreté, dont certes on a lieu de redouter les effets malfaisants… «

« II existe chez nous des sortes de casernes plus défectueuses encore que les habitations particulières; je pourrais en citer qui sont souterraines, où la ventilation fait défaut, où les rayons solaires pénètrent à peine , où l’entassement des familles est considérable, et où, pour comble de malheur, les soins de propreté générale
sont oubliés d’une manière aussi honteuse que funeste. Aussi est-ce sur ces lieux insalubres , sur ces repaires infects, que les maladies épidémiques s’abattent comme l’oiseau de proie plonge sur sa victime. Le choléra nous l’a démontré , la grippe nous en a rappelé le souvenir, et peut-être le typhus nous donnera-t-il un de ces
jours un troisième exemple. Alors il sera trop tard pour remédier aux causes déterminantes qui, dès aujourd’hui, devraient être efficacement combattues par l’institution de comités cantonaux de salubrité publique, dont j’ai déjà ailleurs proposé l’organisation et démontré l’utilité. «  »

Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, Belgique, 1846

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Liège au 19ème siècle