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L’impôt de cinq sols par fenêtre, prétexte à émeute à Liège

8 décembre 2007

La principauté de Liège, moins éprouvée jusqu’alors que la Flandre et le Brabant, eut aussi, en 1603, ses perturbations. On se rappelle que, suivant l’ordonnance de Jean de
Heinsberg, publiée en 1424, l’élection des magistrats de Liège se faisait par trente-deux délégués, choisis parmi tous les corps de métiers, et désignés eux-mêmes par vingt-deux commissaires, dont douze étaient nommés par le prince-ëvêque, et les autres par les paroisses.

Ernest de Bavière, espérant déraciner les abus qui résultaient de cet état de choses, et mettre un terme aux intrigues qui assiégeaient les trente-deux durant l’espace de temps qui précédait l’élection, promulgua une nouvelle ordonnance, qui la confiait directement aux métiers.

Ferdinand de Baviere, Daler de 30 Pattards, 1614Ce règlement resta en vigueur jusqu’à l’avènement de Ferdinand de Bavière. Celui-ci obtint un mandement de l’empereur Mathias, annulant la forme électorale établie par son prédécesseur, ordonnant d’observer strictement les statuts de Heinsberg, sauf quelques légères modifications, sous peine d’une amende de cinquante marcs d’or pur, et déclarant nulles toutes les élections qui se feraient à l’avenir d’une autre manière.

Ces mesures, qui tendaient à diminuer les privilèges des corps de métiers, déplurent à la population liégeoise. L’établissement d’un impôt de cinq sols par fenêtre, proposé à quelque temps de là, servit de prétexte à une violente émeute, qui fut apaisée il est vrai, mais qui contribua à augmenter l’impopularité de l’èvèque. Les partisans de ce dernier, ou les Chiroux, eurent dès lors à lutter fréquemment contre les Grignoux — nom donné à la faction liégeoise — et leurs dissensions nuisirent beaucoup au développement de l’industrie locale.

Histoire du commerce et de la marine en Belgique, Ernest Jean van Bruyssel, 1861


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émeutes à Liége à cause des impôts, 1513.

14 septembre 2007

erard_de_la_marck.jpg« L’arrivée de Maximilien dans les Pays-Bas n’y rétablit point la paix, si profondément troublée. La désorganisation y était complète et, en 1513, de violentes émeutes éclatèrent
à Malines et a Liège.

L’effervescence populaire était grande dans cette dernière cité. Les Liégeois, écrasés d’impôts, en rendaient responsables leurs magistrats municipaux, qu’ils accusaient de dilapidation.
N’obtenant pas justice par leurs murmures, ils envahirent tout à coup la place publique, et demandèrent le châtiment des coupables.

Une multitude d’hommes armés accoururent de tous les environs, et déjà on s’attendait à une sanglante mêlée, lorsque la promesse d’une enquête sévère sur les malversations commises, l’arrestation du trésorier de la ville et la nomination de deux délégués du collège du peuple chargés de contrôler la gestion financière de la commune, calmèrent les esprits.

Tout semblait terminé, lorsque deux bourgeois, en procès devant le tribunal des échevins, se prirent de querelle sur les marches de l’Hôtel de Ville. La foule se rassembla autour d’eux, appuya les réclamations de celui qui venait d’être condamné par les juges, et força l’entrée du tribunal, tandis que les magistrats éperdus s’élançaient aux fenêtres pour appeler au secours. En entendant ce tumulte, dont personne ne se rendait compte, métiers, bourgeois et nobles coururent aux armes, et il s’ensuivit une indiscible confusion. Les plus sinistres rumeurs se propageaient dans l’intervalle : « Les magistrats sont égorgés! » criaient les uns. — « On massacre le peuple ! » exclamaient les autres.

L’évêque, Erard de la Marck, crut à une insurrection générale. Accompagné des chanoines et des bourgmestres, il se rendit sur la place, où le seigneur de Sedan venait d’accourir à la tête d’une troupe choisie. Comptant sur l’appui de ce dernier, il ordonna aussitôt au corps de la bourgeoisie de se réunir dans leurs collèges, et alla en personne dans la chambre de chaque métier, pour y conférer avec leurs chefs; comme il sortait de celle des drapiers, il tomba sur les marches du perron et se cassa la jambe. A la nouvelle de cet accident, le peuple s’émut de pitié, s’apaisa, et tout rentra dans l’ordre accoutumé .  »

Histoire du commerce et de la marine en Belgique, Ernest Jean van Bruyssel, 1861


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