Posts Tagged ‘Duc de Bourgogne’

Charles le Téméraire commande de démolir le Pont des Arches

16 mai 2011

A la prise de Liége, en 1468, par Charles-le-Téméraire , celui-ci commanda de démolir le pont. Quoiqu’en disent plusieurs historiens, il est probable que malgré les ordres de ce prince absolu on ne rompit que l’arche du milieu. Après son départ, ce ne fut qu’avec de grosses poutres qu’on put communiquer d’un quartier de la ville à l’autre.

Dans un arrangement fait en 1469 entre Louis de Bourbon, prince-évêque de Liége, et le duc de Bourgogne, il fut stipulé que « par considération des grands plaisirs et services qu’il at fait a l’eglise de Liége ( Charles-le-Téméraire ! ) et à nous comme chascun scait… aucunement recompenser des grands frais et despens par luy, euz et soubstenu à l’occasion des guerres de Liége… nous luy cederons et transporterons pour luy, ses hoirs et ayant cause pour le temps et terme de trente ans prochainement et a venir, tous les droicts, proufficts et emoluments du Thoulieu et Gabelles que l’on a mis sus et qui se prendent et levent sur tous les biens… passans et qui passeront le dit temps durant par dessoubs le Pont des Arches en la dite cité… »

Liège, Pont Des Arches

Liège, Pont Des Arches

Par cette pièce on voit qu’il était appelé communément Pont des Arches.

Le Pont des Arches, donc, ne fut totalement réparé qu’en 1479, et l’évêque Robert de la Marck, au grand mécontentement des liégeois, fit dresser sur ce Pont, entre la chapelle et le corps de garde, une porte avec un pont-levis; mais dans une assemblée du Conseil, du mayeur, des échevins et des commissaires, qui eut lieu le 20 du mois de juin 1495, on résolut à l’unanimité de démolir la porte et le pont-levis et de les tronsporter vers le quartier d’Outremeuse, comme étant toujours prêt a se soulever et à venir faire des excursions dans la ville.

Description historique et topographique de Liège, Ferdinand-J. Henaux, Liège, 1837.


Liège face à Charles le Téméraire
Liège au 15ème siècle
Guerres et batailles à Liège
Le patrimoinde Liégeois

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Le Duc de Bourgogne a eu froid dans le pays de Franchimont.

15 décembre 2008

« Et, afin que je n’oublie rien, j’ay à ramentevoir ce que fit le duc de Bourgongne, apres qu’il eut gaigné Liège, et que le Roy se fut party de luy. Le duc ouït dire que les Liègeois s’estoyent retirés au païs de Franchemont et se delibera de les aler combatre : et vint en Franchement par le plus-grand froid , qu’il est possible de faire : et se logea en un village, qu’on appelle Pouleuvre : où luy et ses gens endurérent et faim et froidure.

Toutesfois ceux d’Ais en Alemaigne luy envoyèrent quatre queues de vin : qui luy vindrent à point : et prestement en envoya l’une à monsieur de Bresse, et au signeur de Savoye (qui estoyent aveques luy) dont ils firent grand’feste : et commencèrent vivres à venir : qui moult reconfortèrent l’armee. Au regard des Liegeois et de ceux de Franchemont, quand ils sceurent la venue du duc , et de son armee , ils s’enfuirent tous en divers lieux, et mesmement au plus espois des bois : et avint que le signeur de Traves , bourgongnon , et de ceux de Toulongeon, se mirent si-avant en leur poursuite , qu’ils furent par les Liègeois merveilleusement batus et navrés , et en danger de mourir : et, apres que le duc de Bourgongne eut demouré certains jours à Pouleuvre, cuidant que les Liègeois luy dussent venir courre sus , il se partit d’iceluy lieu : et prit le chemin contre ses païs : et traversa les rivières de Franchemont ( qui sont roides et profondes) par si-grand froid , qu’on ne pourroit plus-grand froid au monde.

Là vey-j’un flascon d’argent , plein de tizanne. La tizanne fut si-engelee dedans le flascon, que la force de la glace rompit ledict flascon : et pouvez penser si les pouvres gens-d’armes eurent pas leur part de la grande froidure :et le duc passa outre lesdictes rivières, et se mit en chemin contre Namur, pour retourner en ses païs.  »

Les mémoires de Messire Oliver de La Marche, in Nouvelle collection de mémoires pour servir à l’hisdtoire de France, Tome troisième, Paris, 1837


Liège face au duc de Bourgogne
Liège en conflit
Liège au 15ème siècle

Païenporte était-elle la porte des païens à Liège ?

22 juillet 2008

On ne connait pas l’origine de l’expression de Payen -porte ;
c’est ainsi qu’on a traduit dans les chroniques manuscrites celle de porta Pagani. Dans une note que je dois à la bienveillance obligeante de M. de Villenfagne , ce savant forme deux conjectures à ce sujet. Au tems de St Hubert, vers 699 , il y avait encore beaucoup de païens dans la Taxandrie ou Campine.
C’est peut-être pour cette raison qu’on aura nommé Payen-porte celle par laquelle on sortait pour aller dans la Campine. Dans les siècles reculés, il existait dans le pays de Liège une famille noble du nom de Payen. Un seigneur appelé Payen de Warsée était échevin de Liège dans le 14è siècle, comme on le voit dans le Miroir des nobles de la Hesbaie par de Hemricourt , p. 140 de l’édition de 1791. Un Henri Polarde de Neuvice, bourgmestre de Liège en 1302, eut une fille qu’on nomma la dame de Payen-porte, et qui fut mariée à Lambert d’Oupeye.

La situation de cette porte est mieux connue que son étymologie. Les hauteurs de Ste Walburge étaient en face de cette porte : elle conduisait donc au faubourg de Ste Walburge et aux vignobles qui s’étendent jusqu’à la porte de Vivegnies. Cette porte cependant n’était que très-peu fortifiée en 1203, ou plutôt les fortifications n’en avaient été qu’ébauchées ; car en 1213, les Liégeois, craignant d’être surpris comme ils l’avaient été l’année précédente par le duc de Bourgogne , qui était entré par cette porte, construisirent des murs épais. Elle fut murée dans la suite , et son nom était déjà presque perdu au tems de l’historien Fisen, qui écrivait vers le milieu du 17e siècle. La porte de Ste Walburge touchait l’ancienne citadelle de Liège, et elle vient d’être démolie.

Dictionnaire géographique du royaume de Pays-Bas, Louis Dieudonne Joseph Dewez, Bruxelles, 1819

1407, Jean de Bavière, évêque de Liége, n’entre pas dans les ordres

20 décembre 2007

«Jean De Bavière [..] était évêque de Liége, mais ne s’ était point encore engagé dans les ordres sacrés ; c’ était un vaillant chevalier attaché au métier des armes, et qui n’ avait aucun goût pour l’ église. Ses peuples cependant, ayant envie d’ avoir un évêque qui chantât la messe, le pressaient de se faire prêtre ; il le leur promettait et différait toujours. Las enfin d’ être sans pasteur, ils se révoltèrent et élurent un chanoine de Liége d’ une des grandes maisons du pays, le sire De Perweis. Comme ils étaient de l’ obédience du pape de Rome, ils s’ adressèrent à lui pour que leur nouvel évêque fût confirmé. Le pape répondit qu’ il avait prescrit un dernier délai au comte De Bavière ; ce délai n’ étant pas écoulé, il fallait en attendre la fin. Les liégeois impatiens s’ adressèrent alors au pape d’ Avignon, qui, pour les gagner à lui, et à l’ instigation du duc d’ Orléans, confirma le sire De Perweis. Jean De Bavière arma contre lui ; le duc de Bourgogne prit hautement son parti, et manda les gens d’ armes de ses états pour marcher à son secours ; cependant rien de décisif ne fut entamé en cette saison. Le duc se borna à mettre son frère en possession de Maëstricht que lui contestaient les liégeois, puis il revint à Paris.
Les discordes qui avaient régné entre les princes devenaient chaque jour plus menaçantes. Leurs courtisans étaient assidus à les aigrir l’ un contre l’ autre : le duc De Berri, la reine, le duc De Bourbon, le roi de Sicile, s’ entremettaient sans cesse à les réconcilier ; c’ était tous les jours nouvelles promesses de concorde et d’ amitié, puis nouveaux différens [..] »

Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, 1364-1477, par M. de Barante, 1842

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