Posts Tagged ‘cloche’

Trois prêtres incarcérés dans les souterrains de St-Lambert

12 octobre 2012

Au commencement de mars 1793 au moment où les débris de l’armée de la république française battue à Attenhoven, repassait par Liège, trois malheureux prêtres français qui s’étaient émigrés dans cette ville furent arrêtés par leurs compatriotes et condamnés à être fusillés. Pendant vingt quatre heures ils furent incarcérés dans les souterrains situés, sous l’horloge de St.-Lambert; là ils purent compter non seulement les heures mais même les minutes qui leur restaient, la vie leur échappait ainsi goutte à goutte, et ces innocentes victimes seconde par seconde, se sentaient poussés par la main du temps vers l’éternité.

L’heure fatale ayant sonné, ces infortunées victimes furent fusillées et leurs corps jetés dans les fossés des prisons de St.-Léonard.

Par une coïncidence assez particulière, ce fut peu de jours après ce déplorable événement qu’on cessa d’entendre sonner les cloches et l’horloge de St.-Lambert, alors l’aiguille devenue immobile sur son cadran ne tint plus compte du temps qui s’écoulait ; elle semblait se refuser à marquer un présent qui contrastait d’une manière trop pénible avec tant d’heures heureuses, que pendant de longues années elle avait indiquées aux Liégeois.

Essai historique sur l’ancienne Cathédrale de St-Lambert à Liége.., Xavier van den Steen de Jehay (baron), Liège, 1846

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La Kopareie de Liège, la cloche de la retraite

21 octobre 2007

« [..] L’auteur, en écrivant Kopareie, semble vouloir indiquer que le nom de cette cloche lui est venu de ses vibrations uniformes.
C’est une erreur partagée, chose étonnante, par presque tous les Liégeois. C’est coupe-oreille que l’on doit écrire, mot prononcé en wallon côp-oreie. Nos documents législatifs sont d’accord avec cette étymologie. Les ribauds, truands et voleurs domestiques étaient ordinairement punis par l’essorillement, qu’on regardait comme un châtiment ignominieux.

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

C’est surtout quand on les avait arrêtés vagabondant après le couvre-feu, qu’ils encouraient cette peine. Le Coporeil sonnant, les portes de la cité se fermaient, toutes les lumières s’éteignaient, toutes les maisons étaient closes et toutes les rues complètement désertes. Cette cloche était placée dans la grande tour de St.-Lambert et sonnait déjà la retraite à la fin du XIIIe siècle. Nous parlerons un jour de cette cloche fameuse, que nous, vrai Liégeois, n’entendrons jamais et que nous désirerions si vivement entendre. Pour rentrer dans la cité lorsqu’elle commencerait à bourdonner, pour vivre vingt-quatre heures sous notre antique nationalité , pour voir son symbole , la mauresque cathédrale, et ses institutions républicaines et religieuses, municipales et judiciaires, nous donnerions tout.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


Liège au 18ème siècle
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1533, la cloche d’Erard de la Marck à St-Lambert de Liège

25 avril 2007

« Le 25 Avril 1533, le Prince-Évêque [Erard] s’établit dans le palais de Saint-Lambert, qu’il avait fait bâtir. Deux jours après, on entendit pour la première fois le son d’une cloche de la cathédrale à laquelle il avait donné son nom. Un moine avait composé, pour être gravés sur elle, quelques vers latins que le Jésuite Foullon nous a soigneusement conservés comme renfermant une sorte de prophétie.

Ipse fero magnum ter magni nomen Erardi, etc.
Effugat haereticos, ego daemones, horror utrisque
Dicimur.


Le premier nous apprend que la cloche porte le grand nom d’Érard trois fois grand, et le dernier qu’elle chasse les démons, comme Érard les hérétiques, à cause de quoi tous deux sont en horreur aux uns et aux autres. « Ainsi, ajoute Foullon, le son de cette cloche dénonçait la guerre aux enfers et aux hérétiques à la fois. » »


Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861


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