Archive for the 'St-Lambert' Category

Notger était savant…

30 novembre 2007

“Cette église [de Liége] était gouvernée par un prélat dont le souvenir est encore vivant sur les rives de la Meuse. Zèle, érudition, talents, piété, noblesse, tout se réunissait pour faire de Notger un des pasteurs les plus distingués d’un siége qui en compte un si grand nombre.

Il sut faire de Liége une ville nouvelle; il l’orna de plusieurs beaux monuments, et en particulier d’une magnifique collégiale en l’honneur de St. Lambert (a). Il n’eut pas moins de soin de la défendre que de l’embellir.

Liege, effigie reconstituée de l\'éveque Notger

[..]Notger était savant; et il avait du talent pour former des jeunes clercs dans les sciences ecclésiastiques. Plusieurs prélats, tels que Gonthère de Saltzbourg, Rothard et Erluin de Cambrai, Haimon de Verdun, Hezelon de Toul, et Aldebode d’Utrecht, sortirent de son école.

Il nous reste de lui quelques pieux ouvrages; Fisen, historien de Liége, croit que ce fut lui qui consacra le premier dans son diocèse un jour à la mémoire des fidèles trépassés; pieux souvenir qui devait son origine au bienheureux Odilon de Clugny. “
“(a) On connait ces vers :

Legia, lege ligans cum praelalis sibi leges,
Notgerum Christo, Notgero caetera debes. “

Belgique catholique. Saints et grands hommes du catholicisme en Belgique, Corneille Smet, 1852


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Liège au 10ème siècle

Panorama de Liège depuis le pied de la citadelle, par Alexandre Dumas

13 novembre 2007

« Ainsi, de ce point situé au pied de la citadelle, j’avais, à mon extrême gauche, Herstal, le berceau des rois de la seconde race, où naquit Pépin le Gros, père de Charles Martel et grand-père de Pépin le Bref, et à mon extrême droite, le château de Ranigule, d’où Godefroy de Bouillon partit pour la Terre-Sainte.

Liège, St-Barthelemy

Liège, St-Barthelemy

Puis, encadrés entre ces deux grands souvenirs, toujours en allant de gauche à droite, du nord à l’ouest au delà de l’Ourthe, le point d’où Boufflers bombarda la ville en 1691 : puis, de ce côté de la Meuse, presqu’à mes pieds, au bout de la rue Hors-Château, l’église de Saint-Barthélémy, la plus vieille de Liège ; puis en reportant mes yeux sur l’Ourthe, le pont d’Amercœur, où le duc de Bourgogne fit jeter les bourgeois révoltés, et qui a gardé de ce triste fait son nom douloureux.

Au delà de ce pont, le faubourg d’où Dumouriez,en 92, délogea les impériaux, et que ceux-ci brûlèrent en se retirant, et qui, rebâti par le premier consul, conserva quelque temps le nom de faubourg Bonaparte, puis reprit celui de faubourg d’Amercœur, la vieille catastrophe ayant laissé plus de souvenir que le bienfait récent : puis sur le quai, au-dessous de l’église Saint-Barthélémy, la maison du seigneur Curtius, avec ses trois cent soixante-cinq fenêtres, son œsopée complète, et sa tradition diabolique.

Le palais de justice, autrefois le palais du prince évêque, avec sa belle cour entourée de colonnes du XIVe siècle, et son portail de Guillaume de Lamark, le fameux Sanglier des Ardennes, sculpté sur le quatrième pilier à droite, en entrant par la place Saint-Lambert. Puis, en plongeant au delà de l’Université, entre le séminaire et le faubourg d’Avroy-Saint-Jacques, la merveille de Liège, avec son architecture à la fois gothique et arabe, Saint-Paul, devenue cathédrale depuis 1793, époque à laquelle elle a succédé à Saint-Lambert, l’ancienne métropole, qui tomba comme tombaient les reines en ce temps-là, abattue par le peuple.

Saint-Jean et sa tour byzantine, la maison de Warfusée, de sanglante mémoire, dont il ne reste, derrière la Meuse, que la poterne par laquelle entrèrent les Espagnols. Sur la même ligne et au delà du faubourg Saint-Gilles, les bénédictins de Saint-Laurent, qu’il ne faut pas confondre avec ceux de Saint-Maur, les derniers, fameux par leurs chroniques
historiques, et les premiers par leur chronique scandaleuse.

Puis l’église Saint-Martin ; la première où, sur la prière d’une religieuse nommée sœur Julienne, qui avait rêvé voir la lune partagée en deux, le pape permit l’institution de la Fête-Dieu, qui se répandit sur tout le monde chrétien, et qui ne s’est encore retirée que de France. Enfin, la maison de campagne où l’évêque Henry de Gueldre se vantait d’avoir fait vingt-neuf bâtards en une année, et qui de cette prouesse monacale a conservé le nom de bâtarderie. »

Impressions de voyage, Alexandre Dumas, 1851

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Liège au 20ème siècle

Le trésor de la cathédrale St-Lambert de Liège

9 novembre 2007

Le trésor des Reliques & autres richessses qu’on garde dans la Cathédrale, est très-considérable, & mérite la vue des curieux.

On y montre, entr’autres raretés, le buste de St. Lambert, travaillé en argent, d’un ouvrage merveilleux; deux statues d’argent de la hauteur d’un homme, l’une de la Ste. Vierge & l’autre de saint Joseph , outre cinq grandes chasses d’argent, contenant des Reliques précieuses.

Cathédrale St-Lambert de Liège vers 1750

Cathédrale St-Lambert de Liège vers 1750


On y admire une statue de saint George, faite d’or massif, dont Charles le-Hardi , Duc de Bourgogne fait présent a cette Eglise, pour marquer son regret, de ce qu’en 1468 il avoit traité si cruellement la Ville de Liège. On y voit encore une chappe & une chasuble données par le Pape Grégoire X.

Sur le devant de la chasuble il y a la Ste. Vierge tenant l’Enfant Jesus, & sur le dos une Image du Crucifix, ornée de grosses perles entremêlées de diamants. Elles ne servent qu’au Prince de Liège, son Eveque, dans quelques fonctions publiques.


Les délices des Pays-Bas, Jean-Baptiste Chrystin, 1769


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Liège au 18ème siècle
Le site du trésor de la cathédrale de Liège

Incendie de l’Eglise St-Lambert de Liège à la fin du XIIè siècle

15 octobre 2007

Voici, d’après Saumery, l’auteur des Délices du pays de Liège, quelques détails sur ce fameux incendie :

« Sur la fin du douzième siècle, selon le plus ancien de ses historiens, le feu prit à une maison voisine de l’église bâtie par Notger, et en peu de temps gagna l’église.


Deux tours qui en faisaient partie furent aussitôt brûlées et renversées.
Les cloches les plus sonores qui fussent au monde furent brisées.
Le plomb, dont l’église était couverte , loin d’empêcher l’incendie de la charpente, ne servit qu’à l’enflammer. La chute des poutres causa la destruction totale du pavé, qui était de marbre; tous les autels généralement, à l’exception du principal, devinrent la proie des flammes. Les peintures et les tapisseries eurent le même sort. On fut assez heureux pour sauver de ce déluge de feu, la châsse de saint Lambert; mais on perdit, en la transportant, une grande quantité de pierres précieuses dont elle était garnie. Une magnifique couronne, qui était au milieu de là nef, et qu’on aurait souhaité garantir de l’embrasement, fut mise en pièces. En un mot le vaisseau entier de l’église et les cloîtres contigus furent réduits en cendres. L’évêque et le chapitre prirent, quelque temps après, la résolution de faire bâtir une nouvelle église, et de démolir le grand autel, que les flammes avaient épargné. [..]


Le plomb fondu qui tombait du toit empêchait, selon un écrivain postérieur (Fisen), d’approcher de l’église et d’y apporter quelque secours.
L’incendie dura treize jours. La châsse de saint Lambert fut placée au milieu de l’église; mais l’impétuosité du feu ne fut point ralentie.

Je ne puis me dispenser de rapporter ici, sur la foi de cet auteur, un fait très-singulier et qui tient du miracle. Les ossements de saint Lambert étaient conservés dans une châsse de bois revêtue de métal. L’autel sur lequel elle fut exposée au milieu de cette église en feu, était aussi en bois, où était un marbre qui portait ce précieux dépôt. Les flammes semblant le respecter réduisirent en cendres l’autel, le marbre et le métal, sans nuire à la châsse de bois, qui ne fut pas même ternie par la fumée.


La bibliothèque de cette église, qui était remplie d’un grand nombre de livres choisis, et le trésor des Chartres furent aussi consumés par les flammes ; on sauva néanmoins les registres publics; et l’on porta le corps de saint Lambert, avec les reliques de plusieurs autres saints, dans l’église de St.-Barthélemi, où ils restèrent pendant le temps qui fut employé à bâtir une nouvelle église.
 »

Salaumy, in Histoire des bibliothèques publiques de la Belgique, Jean Pie Namur, T.3, 1842

La Cathédrale St-Lambert de Liège
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