Archive for the 'patrimoine' Category

La principauté de Liège était vaste et riche…

15 mars 2008

« Entrons maintenant, par la principauté de Liège, dans la partie méridionale des Pays-Bas. Cette contrée était enclavée dans l’Empire ; mais le duc de Brabant était le protecteur légal et le défenseur du territoire. Il existait même une confédération perpétuelle entre les princes-évéques de Liège et les souverains des Pays-Bas.

Vaste et riche, la principauté de Liège renfermait le duché de Bouillon, le marquisat de Franchimont, la Hesbaye et le comté de Looz; elle possédait vingt-quatre villes murées, dont les principales étaient : Liège, Bouillon, Dinant, Tongres, Huy, Hasselt, St-Trond, Thuin, Fosse, Couvin et Ciney. On comptait dans l’évêché cinquante-deux riches abbayes et un grand nombre de baronnies. La seigneurie de Hornes, érigée en comté par l’empereur Frédéric III, en 1451, était un des domaines les plus considérables du pays de Looz. Il tirait son nom du château de Hornes, situé un peu en deçà de la Meuse, près de Ruremonde. Fief impérial, il ne relevait que de l’empereur; mais le feudataire était vassal du roi d’Espagne pour d’autres domaines. »


Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II, Tome Premier, Théodore Juste, Bruxelles, 1860

Bouillon, le pont de LiègeLe Pont de Liège à Bouillon

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Le peuple de Liège défait le château des seigneurs

13 mars 2008

«Liége, assise au travail sur sa triple rivière, est, comme on sait, dominée par les hauteurs voisines. Les seigneurs qui y avaient leurs tours, qui d’en haut épiaient la ville, qui ouvraient ou fermaient à volonté le passage des vivres, lui étaient justement suspects. Un matin, la montagne n’entendait plus rien de la ville, ne voyait ni feu ni fumée ; le peuple chômait, il allait sortir, tout tremblait. Bientôt en effet, vingt à trente mille ouvriers passaient les portes, marchaient sur tel château, le défaisaient en un tour de main et le mettaient en plaine; on donnait au seigneur des terres en bas, et une bonne maison dans Liége.

C’est ce qui arriva au chevalier Radus. Au retour d’un voyage qu’il avait fait avec l’évêque de Liége, il chercha son château des yeux, et ne le trouva plus :
« Par ma foi! s’écria-t-il, sire évêque, ne sais si je rêve ou si je veille, mais j’avois accoutumance de voir d’ici ma maison sylvestre, et ne l’aperçois point aujourd’hui.
— Or, ne vous courroucez, mon bon Radus, répliqua doucement l’évêque ; de votre château, j’ai fait faire un moustier ; mais vous n’y perdrez rien. « »


Histoire de France, Jules Michelet, 1861

La Cathédrale St-Lambert de Liège est devenue une caverne de voleurs.

4 mars 2008

« Suivant une ancienne coutume, qu’on retrouve encore en certains lieux, la cathédrale de Liège était devenue comme une place publique, où prêtres et laïques allaient et venaient sans gène, se réunissaient pour causer de nouvelles, d’affaires, pour conclure des marchés; le lieu saint était devenu, selon l’expression énergique de Jésus, une caverne de voleurs.

Souvent les évêques avaient essayé de réprimer cette profanation, mais en vain. Cette fois-ci, Groesbeek résolut d’effrayer les récalcitrants par la rigueur de la peine. Il publia un édit portant que tout individu, de quelque condition ou état qu’il fût, qu’on trouverait se promenant, causant ou traitant d’affaires dans le temple de St-Lambert, serait puni d’un jour de prison au pain et à l’eau pour la première fois, outre les châtiments déjà comminés par l’Évéque ou par ses prédécesseurs, et que, pour la seconde fois et les suivantes, il serait puni arbitrairement, selon la gravité du cas, et verrait en outre frapper de nullité tout engagement pris dans ledit temple.

J’ignore si la sévérité de la loi supprima l’abus. Quoi qu’il en soit, Groesbeek fit bien de le combattre, même avec son pouvoir de prince temporel. Sachons-lui gré de ce petit effort pour corriger les mœurs de ses ouailles. »


Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861


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Le 16 ème siècle à Liège

En Avroy, l’église des Augustins ne sera plus un moulin à ciment

29 février 2008

« Le quartier d’Avroy à Liége, considérablement augmenté par l’ouverture et la construction de plusieurs nouvelles rues, par la station du chemin de fer, le pont du Val-Benoît, le jardin botanique , etc., n’avoit qu’une seule église (Ste Véronique), petite et délabrée. Heureusement, au centre des rues neuves, existoit une autre église (celle des anciens Augustins) plus spacieuse, élégante, et bâtie seulement depuis 63 ans, mais aliénée et transformée par le malheur des temps en magasin et en moulin à ciment.

Liège, église St-Sacrement (anc. Augustins)
Cette église étoit à vendre depuis quelque temps. La fabrique de Ste Véronique, quoique pauvre, n’a pas cru devoir négliger cette occasion ; les propriétaires de l’église des Augustins ont fait une promesse de vente en sa faveur, à un prix modéré. Des subsides ont été sollicités, et ils seront accordés; mais il faut que, de son côté, la fabrique fournisse un quart de la dépense (25,000). Privée de toute ressource, elle s’est vue obligée de recourir à la piété des fidèles et d’ouvrir une souscription. Nous sommes persuadés que cet appel sera entendu, et que le conseil de fabrique de Ste Véronique n’aura pas compté en vain sur la généreuse charité du peuple liégeois. »


Journal historique et littéraire, Tome IX, Liège, 1842


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