Poivre et gants pour éviter le tourni de Liège

31 août 2012

Jacques de Hemricourt, écrivain liégeois du XIVe siècle, dans son ouvrage intitulé : « Patron del temporaliteit, » raconte que vers la fin du règne d’Albert de Cuyck, évêque de Liège (1195-1200), plusieurs impôts, entre autres celui du tourni, établi par les échevins, donnèrent lieu à des troubles assez graves, voilà pourquoi l’on permit à plusieurs villes et à plusieurs communes de s’en libérer moyennant certaines charges.

C’est par suite de cet arrangement que les négociants de Francfort et de Nimègue en étaient quittes en donnant chaque année une paire de gants de fauconnier et une livre de poivre; ceux de Nuremberg moyennant une longue épée à deux mains et une large courroie de blanc cuir de cerf.

Les habitants du ban de Seraing-sur-Meuse et de Tilleur en étaient exempts à condition qu’en temps de guerre ils gardassent les « fortbos » hors de la porte d’Avroy sans entrer dans la cité, et que tous les bourgeois de Liège seraient quittes du droit de pontenage, quand ils passeraient le pont de Seraing.

Ceux de Verviers, enfin, devaient pour s’en libérer, se rendre à Liège chaque année, le dernier jour de la Pentecôte, avec croix et bannières, et présenter à la cathédrale le denier de bon-aloi « pour leur chevaige » . Plus tard, cette obligation se réduisit à ce qu’une personne de chaque ménage accompagnât la croix; ensuite on envoya les douze plus jeunes mariés et plus tard encore la ville obtint de se faire représenter uniquement par une vingtaine d’hommes payés à cet effet.

Traditions et légendes de la Belgique: descriptions des fètes …, Volume 2, Otto von Reinsberg-Düringsfeld, Bruxelles, 1870