Archive for août, 2012

Poivre et gants pour éviter le tourni de Liège

31 août 2012

Jacques de Hemricourt, écrivain liégeois du XIVe siècle, dans son ouvrage intitulé : « Patron del temporaliteit, » raconte que vers la fin du règne d’Albert de Cuyck, évêque de Liège (1195-1200), plusieurs impôts, entre autres celui du tourni, établi par les échevins, donnèrent lieu à des troubles assez graves, voilà pourquoi l’on permit à plusieurs villes et à plusieurs communes de s’en libérer moyennant certaines charges.

C’est par suite de cet arrangement que les négociants de Francfort et de Nimègue en étaient quittes en donnant chaque année une paire de gants de fauconnier et une livre de poivre; ceux de Nuremberg moyennant une longue épée à deux mains et une large courroie de blanc cuir de cerf.

Les habitants du ban de Seraing-sur-Meuse et de Tilleur en étaient exempts à condition qu’en temps de guerre ils gardassent les « fortbos » hors de la porte d’Avroy sans entrer dans la cité, et que tous les bourgeois de Liège seraient quittes du droit de pontenage, quand ils passeraient le pont de Seraing.

Ceux de Verviers, enfin, devaient pour s’en libérer, se rendre à Liège chaque année, le dernier jour de la Pentecôte, avec croix et bannières, et présenter à la cathédrale le denier de bon-aloi « pour leur chevaige » . Plus tard, cette obligation se réduisit à ce qu’une personne de chaque ménage accompagnât la croix; ensuite on envoya les douze plus jeunes mariés et plus tard encore la ville obtint de se faire représenter uniquement par une vingtaine d’hommes payés à cet effet.

Traditions et légendes de la Belgique: descriptions des fètes …, Volume 2, Otto von Reinsberg-Düringsfeld, Bruxelles, 1870

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Robertson, inventeur de la fantasmagorie

26 août 2012

ROBERTSON (Étienne­-Gaspard) , naquit à Liége en 1763. Soп père, riche négociant, le destinait à l’état ecclésiastique; mais la vivacité de son caractère, un goût irrésistible pour l’étude des sciences qui offrent le plus de difficultés, rendirent impraticables les projets de son père et de sa famille, et il se consacra à l’étude de la peinture qu’il cultiva avec assez de succès pour obtenir un prix.

La physique commençait à cette époque à sortir de l’oubli où elle avait été plon­gée, et l’abbé Nollet , par ses ouvrages , venait de démontrer que si l’étude de cette science pouvait servir à découvrir des vérités du plus haut intérêt pour les savants , elle offrait aussi aux gens du monde des délassements agréables et peu dispendieux. Robertson s’appliqua à l’étude de cette science sous ces deux rapports, et elle devint la source de fortune comme science d’agrément, et de sa réputation comme savant distingué. On peut regarder Robertson comme l’inventeur du galvanisme en France, puisque lorsque Volta y vint pour y démontrer la véritable théorie du galvanisme, elle y était déjà connue par plusieurs expériences de Robertson, et par plusieurs appareils nouveaux dont il était l’auteur. Ce fut lui qui, dans une séance à l’Institut, et devant Bonaparte, alors premier Consul, leva tous les doutes de l’identité du galvanisme avec l’électricité en enflammant le gaz hydrogène avec l’étincelle galvanique. On croit aussi qu’il est l’inventeur de la fantasmagorie, parce que c’est à Liége, et devant les magistrats de cette ville, qu’il fit la première expérience de ces illusions d’optique qui eurent un si prodigieux succès à Paris, à Londres, à Pétersbourg où il a résidé plusieurs années.

La mécanique ne lui a point été étrangère; il avait fait un automate sonnant de la trompette, une gondole mécanique, un instrument qu’il nommait phonorganon et qui, placé dans une caisse sur laquelle une figure était couchée, imitait la voix de l’homme dans des mots et des phrases très­distinctement prononcés. Mais ce qui l’a fait le plus connaître, ce sont les voyages aérostatiques qu’il a faits dans une grande partie des cours de l’Europe, et même celui qu’il fit à Pékin devant l’empereur de la Chine, dans le seul but de lui faire connaître à quel point étaient poussés dans nos contrées les arts et les sciences. Les voyages aérostatiques entrepris par Robertson sont au nombre de cinquante-neuf : les plus remarquables sont celui qu’il exécuta à Hambourg, avec M. Loest, son élève, le 18 juillet 1803, et où il s’éleva à 3600 toises, le point le plus élevé de l’atmosphère où l’on soit parvenu avant et depuis lui; celui qu’il fit à Vilna le 18 mars 1809, le froid étant à 18 degrés au-dessous de zéro; et enfin, celui du jardin de Monceaux, avec un parachute qui avait 40 pieds de diamètre, qu’il réduisit à moitié dans ses autres voyages. On dit le regarder comme l’auteur des parachutes, puisqu’il s’en était servi plusieurs années avant Garnerin, à qui on en attribue l’invention les eût employés.

Les principaux Monuments funeraires du pere-Lachais, de Montmartre, du mont-Parnasse, Rousseau, Paris


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Liège au 18ème siècle